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<title>Avodroits-PUBLIC » Publications en droit public</title>
<pubDate>Mon, 06 Sep 2010 06:23:01 +0200</pubDate>
<link>http://www.avodroits-public.com/</link>
<description></description>
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<title>Avodroits-PUBLIC</title>
<link>http://www.avodroits-public.com/</link>
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<language>fr</language>
<copyright>Copyright 2006 Avodroits-PUBLIC - http://www.avodroits-public.com/</copyright>
<item>
			<title>Dans le cadre d’une campagne de prévention des feux de forêt, un maire peut-il contraindre des particuliers à entretenir leur parcelle ?</title>
	<link>http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-24-dans-le-cadre-d-une-campagne-de-prevention-des-feux-de-foret-un-maire-peut-il-contraindre-des-particuliers-a-entretenir-leur-parcelle-</link>
	<guid isPermaLink="true">http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-24</guid>
	<description>&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, le maire tient cette possibilit&amp;eacute; de ses pouvoirs de police que lui reconna&amp;icirc;t l&amp;rsquo;article L. 2212-2 du code g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral des collectivit&amp;eacute;s territoriales. Il a le pouvoir de &amp;laquo;&amp;nbsp;pr&amp;eacute;venir par des pr&amp;eacute;cautions convenables&amp;nbsp;&amp;raquo; et de faire cesser, les pollutions de toute nature, tels que les incendies. Le code forestier impose aux propri&amp;eacute;taires le d&amp;eacute;broussaillement des terrains situ&amp;eacute;s dans les zones &amp;agrave; risque. Le code rural pr&amp;eacute;voit des possibilit&amp;eacute;s de contraintes&amp;nbsp;: l&amp;rsquo;article L. 151-36 reconna&amp;icirc;t aux communes le pouvoir de &amp;laquo;&amp;nbsp;prescrire des travaux&amp;nbsp;&amp;raquo; aux particuliers lorsqu&amp;rsquo;ils pr&amp;eacute;sentent un caract&amp;egrave;re d&amp;rsquo;urgence. Le maire peut &amp;eacute;galement prescrire par arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;, des travaux de d&amp;eacute;broussaillement sur le fondement de l&amp;rsquo;article L. 122-3 du code forestier. De m&amp;ecirc;me, il peut y pourvoir d&amp;rsquo;office, &amp;agrave; ses frais avanc&amp;eacute;s, apr&amp;egrave;s mise en demeure du particulier. Le maire pourra ensuite &amp;eacute;mettre un titre de perception du montant correspondant aux travaux effectu&amp;eacute;s &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre des pripri&amp;eacute;taires d&amp;eacute;faillants. Il peut aussi faire choisir de seulement faire participer aux d&amp;eacute;penses lesdites personnes, qui ont rendu les travaux n&amp;eacute;cessaires ou qui y trouvent un int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t (Rep Min 27/05/2004, S&amp;eacute;nat, p. 1126). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
publi&amp;eacute; in Courrier des maires&amp;nbsp; et des &amp;eacute;lus locaux Avril 2007 &lt;br /&gt;
</description>
	<pubDate>Thu, 29 Mar 2007 16:43:13 +0200</pubDate>
	</item>
<item>
			<title>L'EFFICACITE DES DECISIONS DU JUGE ADMINISTRATIF</title>
	<link>http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-22-l-efficacite-des-decisions-du-juge-administratif</link>
	<guid isPermaLink="true">http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-22</guid>
	<description>L&amp;rsquo;EFFICACITE DE LA DECISION DU JUGE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet qu&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;a &amp;eacute;t&amp;eacute; donn&amp;eacute; de traiter est beaucoup plus large et beaucoup moins technique que ceux qui sont abord&amp;eacute;s par mes co intervenants dans ce colloque. C&amp;rsquo;est sans doute pour rappeler qu&amp;rsquo;au-del&amp;agrave; des dispositions techniques, des m&amp;eacute;canismes mis en &amp;oelig;uvre par le l&amp;eacute;gislateur, doit rester en fin de litige une d&amp;eacute;cision de justice efficace. Efficacit&amp;eacute;, c&#039;est-&amp;agrave;-dire vertu de la d&amp;eacute;cision de produire son effet, c&#039;est-&amp;agrave;-dire l&amp;rsquo;effet d&amp;eacute;sir&amp;eacute;. Encore faut-il savoir quel est l&amp;rsquo;effet d&amp;eacute;sir&amp;eacute;, celui qui correspond &amp;agrave; la volont&amp;eacute; du Juge ou de la juridiction ou celui d&amp;eacute;sir&amp;eacute; par le justiciable. A ce dernier titre, l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; se change en efficience tant le justiciable attend d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision de justice qu&amp;rsquo;elle produise mat&amp;eacute;riellement des effets dans sa situation juridique personnelle. Telle est &amp;eacute;galement l&amp;rsquo;attente de l&amp;rsquo;avocat, qui au-del&amp;agrave; du plaisir et de la satisfaction de savoir qu&amp;rsquo;il a gagn&amp;eacute;, attend pour son client que la d&amp;eacute;cision puisse v&amp;eacute;ritablement et concr&amp;egrave;tement &amp;ecirc;tre ex&amp;eacute;cut&amp;eacute;e. Au-del&amp;agrave; de cette ex&amp;eacute;cution, indispensable, il faut &amp;eacute;galement que la d&amp;eacute;cision soit compr&amp;eacute;hensible ainsi que le mode de jugement. Peu importe en effet peu quelque part que le justiciable ait obtenu gain de cause ou pas du moment qu&amp;rsquo;il comprend la d&amp;eacute;cision. Cela implique qu&amp;rsquo;il ait &amp;eacute;t&amp;eacute; jug&amp;eacute; justement, mais &amp;eacute;galement que la d&amp;eacute;cision lui soit accessible intellectuellement. D&amp;egrave;s lors qu&amp;rsquo;il comprend les raisons du rejet dont il fait l&amp;rsquo;objet ou de la condamnation dont il fait les frais, puisque dans le cas inverse, il lui importe peu de comprendre les raisons de la victoire, la d&amp;eacute;cision peut probablement &amp;ecirc;tre consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme efficace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&amp;rsquo;image d&amp;rsquo;une automobile qui pour rouler de mani&amp;egrave;re s&amp;ucirc;re doit combiner s&amp;eacute;curit&amp;eacute; passive et s&amp;eacute;curit&amp;eacute; active, on soutiendra que la justice administrative doit combiner efficacit&amp;eacute; passive et efficacit&amp;eacute; active.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
I. EFFICACITE PASSIVE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&amp;rsquo;entends par efficacit&amp;eacute; passive ce qui dans l&amp;rsquo;organisation, le fonctionnement, l&amp;rsquo;histoire de la juridiction administrative, a pour objet de garantir l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; de la d&amp;eacute;cision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A. Le Juge administrateur efficace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que le proc&amp;egrave;s civil est &amp;laquo; la chose des parties &amp;raquo; et que le juge se borne &amp;agrave; trancher un diff&amp;eacute;rend sur le fondement du d&amp;eacute;bat qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; cr&amp;eacute;&amp;eacute; par les parties &amp;agrave; l&amp;rsquo;instance, le juge administratif se comporte, de plus en plus, comme un administrateur, ce qui renforce son efficacit&amp;eacute;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela faisait partie d&amp;rsquo;ailleurs des &amp;eacute;l&amp;eacute;ments qui se lisaient en filigrane dans les discussions qui ont pr&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute; l&amp;rsquo;adoption de la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995. Le S&amp;eacute;nateur FAUCHON, rapporteur du projet de loi au s&amp;eacute;nat a indiqu&amp;eacute; ainsi que &amp;laquo; m&amp;ecirc;me si ces d&amp;eacute;cisions s&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cutent assez facilement, l&amp;agrave; n&amp;rsquo;est pas le probl&amp;egrave;me. Le probl&amp;egrave;me est que toute d&amp;eacute;cision de justice doit s&amp;rsquo;accompagner de mesures assurant l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; de cette d&amp;eacute;cision &amp;raquo;. Et le Garde des Sceaux de l&amp;rsquo;&amp;eacute;poque, Monsieur Pierre MEHAIGNERIE insistait sur le caract&amp;egrave;re p&amp;eacute;dagogique de la r&amp;eacute;forme : &amp;laquo; en explicitant clairement ce qu&amp;rsquo;impose l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution du jugement, le Juge administratif ne fait qu&amp;rsquo;aider et &amp;eacute;clairer l&amp;rsquo;administration &amp;raquo;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette mont&amp;eacute;e en puissance du juge administrateur ne s&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs pas faite sans crainte Mais le juge administratif a su utiliser ses pouvoirs en administrateur prudent. Ainsi, en mati&amp;egrave;re de fonction publique, qui repr&amp;eacute;sente une part importante du contentieux de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution, l&amp;rsquo;annulation de la r&amp;eacute;vocation d&amp;rsquo;un agent public implique n&amp;eacute;cessairement la r&amp;eacute;int&amp;eacute;gration de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; &amp;agrave; la date de &amp;eacute;viction et, s&amp;rsquo;agissant d&amp;rsquo;un fonctionnaire, la reconstitution de sa carri&amp;egrave;re (conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat, 29 d&amp;eacute;cembre 1995, KAVVADIAS : Rec CE 1995, page 477). Mais dans d&amp;rsquo;autres hypoth&amp;egrave;ses moins &amp;eacute;videntes, l&amp;rsquo;indication des mesures d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution impliqu&amp;eacute;es par ses d&amp;eacute;cisions a permis au Juge administratif de s&amp;rsquo;immiscer largement dans un domaine r&amp;eacute;serv&amp;eacute; jusque l&amp;agrave; &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration et de restreindre la libert&amp;eacute; traditionnelle dont celle-ci b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiait auparavant par le choix des moyens d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution. C&amp;rsquo;est ainsi que le juge a d&amp;eacute;cid&amp;eacute;, ce qui ne paraissait pas &amp;eacute;vident, que l&amp;rsquo;annulation d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision d&amp;eacute;chargeant un fonctionnaire de ses fonctions implique n&amp;eacute;cessairement l&amp;rsquo;obligation de remettre l&amp;rsquo;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; en possession du poste dont il a &amp;eacute;t&amp;eacute; ill&amp;eacute;galement priv&amp;eacute; (CE, 2 juillet 1999, n&amp;deg; 190474, HIRSH-MARRIE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans d&amp;rsquo;autres hypoth&amp;egrave;ses, c&amp;rsquo;est encore moins &amp;eacute;vident. Monsieur Christopher CHARLES, dans son article publi&amp;eacute; dans le dernier num&amp;eacute;ro de la revue droit administratif donne 1 exemple , dans lequel le tribunal administratif ne se contente pas de r&amp;eacute;parer le pr&amp;eacute;judice financier subi par le requ&amp;eacute;rant du fait de l&amp;rsquo;effondrement d&amp;rsquo;une digue mais il ordonne &amp;eacute;galement au d&amp;eacute;partement l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution, dans un d&amp;eacute;lai de 6 mois, de travaux de r&amp;eacute;fection de la digue. On peut pourtant s&amp;rsquo;interroger sur la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; d&amp;rsquo;une telle condamnation . De la m&amp;ecirc;me mani&amp;egrave;re, apr&amp;egrave;s avoir annul&amp;eacute; le refus du Pr&amp;eacute;sident de l&amp;rsquo;Universit&amp;eacute; Rennes II d&amp;rsquo;inscrire les requ&amp;eacute;rants en premi&amp;egrave;re ann&amp;eacute;e DEUG-STAPS comme contraire au principe de la libert&amp;eacute; de tout candidat d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre inscrit dans l&amp;rsquo;&amp;eacute;tablissement de son choix, le juge devait-il pour autant faire droit aux conclusions qui tendaient &amp;agrave; faire ordonner l&amp;rsquo;inscription initialement refus&amp;eacute;e ? A travers ces exemples de mesures d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution, qui traduisent une libert&amp;eacute; &amp;agrave; laquelle le juge ne se serait pas laiss&amp;eacute; aller avant 1995, on constate un bouleversement d&amp;rsquo;une partie de l&amp;rsquo;&amp;eacute;quilibre qui existait au sein de l&amp;rsquo;organisation administrative entre l&amp;rsquo;administration et le juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui &amp;eacute;tait impossible hier est possible aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fort heureusement, l&amp;rsquo;utilisation parcimonieuse de telles mesures a permis de pouvoir continuer &amp;agrave; discerner le juge de l&amp;rsquo;administration qu&amp;rsquo;il contr&amp;ocirc;le. On peut m&amp;ecirc;me consid&amp;eacute;rer que par ce biais, c&amp;rsquo;est une s&amp;eacute;curit&amp;eacute; juridique accrue qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; apport&amp;eacute;e aux administrateurs en leur &amp;eacute;vitant d&amp;rsquo;avoir &amp;agrave; proc&amp;eacute;der eux-m&amp;ecirc;mes &amp;agrave; l&amp;rsquo;interpr&amp;eacute;tation des jugements dont la port&amp;eacute;e est d&amp;eacute;sormais plus clairement explicit&amp;eacute;e. Du c&amp;ocirc;t&amp;eacute; des juges, l&amp;rsquo;innovation pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;e par les injonctions a priori, qui force les juridictions administratives &amp;agrave; d&amp;eacute;finir les modalit&amp;eacute;s d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de leurs jugements et arr&amp;ecirc;ts, a aussi &amp;eacute;t&amp;eacute; b&amp;eacute;n&amp;eacute;fique. Cette n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; d&amp;rsquo;indiquer les mesures n&amp;eacute;cessaires impliqu&amp;eacute;es par l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution du jugement am&amp;egrave;ne les magistrats &amp;agrave; motiver leurs jugements dans le sens qui permettra l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution la plus ais&amp;eacute;e. Cette obligation d&amp;rsquo;aller vers le plus efficace, source de jugements moins obscurs, plus compr&amp;eacute;hensibles, est finalement profitable, &amp;agrave; la fois pour la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute; de la juridiction administrative et pour l&amp;rsquo;administration en ce qu&amp;rsquo;elle facilite le suivi de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution.&lt;br /&gt;
Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un correcteur &amp;ndash;bient&amp;ocirc;t &amp;eacute;lectronique (cf suppra)- de trajectoire. Il faut souligner &amp;eacute;galement dans notre propos l&amp;rsquo;extension du pouvoir d&amp;rsquo;injonction du juge administratif par l&amp;rsquo;interm&amp;eacute;diaire de la r&amp;eacute;forme des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s. Ainsi en mati&amp;egrave;re de r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; de suspension, l&amp;rsquo;extension du champ d&amp;rsquo;application du pouvoir de suspension, qui peut d&amp;eacute;sormais concerner une d&amp;eacute;cision administrative de rejet, et qui s&amp;rsquo;apparente &amp;agrave; une injonction puisqu&amp;rsquo;une telle suspension se traduit par une obligation de faire &amp;agrave; la charge de l&amp;rsquo;administration. En outre, que la suspension mette &amp;agrave; la charge de l&amp;rsquo;administration une obligation de ne pas faire ou une obligation de faire, le juge des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s peut combiner les pouvoirs qu&amp;rsquo;il tient de la loi du 30 juin 2000 avec ceux de la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995, y assortir le prononc&amp;eacute; de la suspension de l&amp;rsquo;indication des obligations qui en d&amp;eacute;couleront pour l&amp;rsquo;administration. Comme le juge du principal &amp;agrave; la suite de la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995, il peut donc pr&amp;eacute;ciser si la suspension implique le r&amp;eacute;examen de la demande dans un d&amp;eacute;lai d&amp;eacute;termin&amp;eacute;e ou l&amp;rsquo;&amp;eacute;diction de toute mesure conservatoire utile, compte tenu de l&amp;rsquo;objet du litige, du moyen retenu et de l&amp;rsquo;urgence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l&amp;rsquo;hypoth&amp;egrave;se d&amp;rsquo;un r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; libert&amp;eacute;, les pouvoirs du juge administratif sont encore plus consid&amp;eacute;rables. Selon l&amp;rsquo;article L521-2 du Code de Justice Administrative, le juge, en mati&amp;egrave;re de r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; libert&amp;eacute; peut ordonner &amp;laquo; toute mesure n&amp;eacute;cessaire &amp;raquo; et peut &amp;ecirc;tre saisi aussi bien &amp;agrave; propos d&amp;rsquo;un acte juridique que d&amp;rsquo;un agissement mat&amp;eacute;riel, d&amp;rsquo;une inertie aussi bien que d&amp;rsquo;une action. Cette injonction, si elle n&amp;rsquo;est que provisoire, n&amp;rsquo;en est moins d&amp;rsquo;une redoutable efficacit&amp;eacute;. Le juge des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s a ainsi par exemple, en mati&amp;egrave;re de droits des &amp;eacute;trangers enjoint &amp;agrave; un pr&amp;eacute;fet de restituer sous astreinte des passeports et des cartes nationales d&amp;rsquo;identit&amp;eacute; retir&amp;eacute;s aux membres d&amp;rsquo;une famille dans l&amp;rsquo;attente des suites donn&amp;eacute;es aux d&amp;eacute;marches entreprises en vue d&amp;rsquo;&amp;eacute;tablir leur nationalit&amp;eacute; fran&amp;ccedil;aise (CE, ordonnance, 2 avril 2001, n&amp;deg;231965, Ministre de l&amp;rsquo;Int&amp;eacute;rieur contre consorts MARCEL), ou encore enjoint de d&amp;eacute;livrer un r&amp;eacute;c&amp;eacute;piss&amp;eacute; de demande d&amp;rsquo;asile territorial ou de titre de s&amp;eacute;jour (CE, ordonnance 12 novembre 2001, n&amp;deg;239792, Ministre de l&amp;rsquo;Int&amp;eacute;rieur contre Madame FARHOUD ; CE, ordonnance 12 novembre 2001, Ministre de l&amp;rsquo;Int&amp;eacute;rieur contre Mademoiselle BECHAR). Le Pr&amp;eacute;sident LABETOULLE a indiqu&amp;eacute; lui-m&amp;ecirc;me que ce pouvoir d&amp;rsquo;injonction trouvait son inspiration directe dans la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 (D. LABETOULLE, le projet de r&amp;eacute;forme des proc&amp;eacute;dures d&amp;rsquo;urgence devant le juge administratif : AJDA 1999, num&amp;eacute;ro sp&amp;eacute;cial, page 80). Cette tendance du juge administrateur, qui explique en d&amp;eacute;tail les motifs de sa d&amp;eacute;cision, entre parfois dans des d&amp;eacute;tails qui font dire au Professeur CHAPUS que le principe de la s&amp;eacute;paration des pouvoirs est &amp;laquo; plus ou moins froiss&amp;eacute;e &amp;raquo;. Ainsi, dans les arr&amp;ecirc;ts soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; objet sportif (Toulouse Football Club, VASSILIKIOTIS, et TITRAN, le Conseil d&amp;rsquo;Etat a indiqu&amp;eacute; en d&amp;eacute;tail les mesures d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution qui d&amp;eacute;coulaient selon lui de l&amp;rsquo;annulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; objet sportif Toulouse Football Club, le conseil d&amp;rsquo;Etat, apr&amp;egrave;s avoir annul&amp;eacute; la d&amp;eacute;cision de la commission d&amp;rsquo;organisation des comp&amp;eacute;titions de la Ligue Nationale de Football en date du 22 mai 2001 qui avait refus&amp;eacute; d&amp;rsquo;annuler les r&amp;eacute;sultats de la rencontre ayant oppos&amp;eacute; le 2 d&amp;eacute;cembre 2000 le club de Toulouse &amp;agrave; l&amp;rsquo;AS SAINT ETIENNE, pr&amp;eacute;cise nettement les cons&amp;eacute;quences de ladite annulation, donnant par la m&amp;ecirc;me, selon les mots du Professeur Jean Fran&amp;ccedil;ois LACHAUME, &amp;laquo; un v&amp;eacute;ritable cours de droit positif sur l&amp;rsquo;homologation des r&amp;eacute;sultats des championnats f&amp;eacute;d&amp;eacute;raux &amp;raquo; (JF LACHAUME, observations sous CE, section, 25 juin 2001, revue juridique et &amp;eacute;conomique du sport, mars 2002 page 43). Le conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat fait preuve de la m&amp;ecirc;me diligence dans l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t VASSILIKIOTIS o&amp;ugrave;, apr&amp;egrave;s avoir annul&amp;eacute; partiellement un arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; minist&amp;eacute;riel ill&amp;eacute;gal fixant les conditions de d&amp;eacute;livrance de la carte professionnelle n&amp;eacute;cessaire &amp;agrave; l&amp;rsquo;exercice de la profession de guide touriste, il indique &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration quel doit &amp;ecirc;tre son comportement transitoire jusqu&amp;rsquo;&amp;agrave; ce qu&amp;rsquo;elle ait rem&amp;eacute;di&amp;eacute; &amp;agrave; l&amp;rsquo;ill&amp;eacute;galit&amp;eacute; de son arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; en compl&amp;eacute;tant la r&amp;eacute;glementation d&amp;eacute;faillante. Cette m&amp;ecirc;me volont&amp;eacute; se retrouve enfin dans l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t TITRAN o&amp;ugrave; le juge, apr&amp;egrave;s avoir annul&amp;eacute; le refus du Ministre de la Justice d&amp;rsquo;abroger deux arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;s ill&amp;eacute;gaux relatifs &amp;agrave; la mise en &amp;oelig;uvre dans les Tribunal de Grande Instance un syst&amp;egrave;me de gestion automatis&amp;eacute;e des proc&amp;eacute;dures, guide l&amp;rsquo;administration sur la voie de la l&amp;eacute;galit&amp;eacute; en lui indiquant l&amp;rsquo;ensemble des solutions envisageables. Enfin, on ne peut terminer ce propos sans faire r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence &amp;agrave; la d&amp;eacute;cision &amp;laquo; association AC ! &amp;raquo; rendue par le conseil d&amp;rsquo;Etat en 2004. En effet, cet arr&amp;ecirc;t marque un changement dans les pouvoirs du juge puisqu&amp;rsquo;il se reconna&amp;icirc;t le pouvoir de rechercher si l&amp;rsquo;annulation r&amp;eacute;troactive d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision administrative ne risque pas d&amp;rsquo;avoir des cons&amp;eacute;quences manifestement excessives sur des situations qui pouvaient &amp;ecirc;tre regard&amp;eacute;es comme acquises, stabilis&amp;eacute;es.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le juge prend donc en consid&amp;eacute;ration, ce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait jamais fait auparavant, les cons&amp;eacute;quences de la r&amp;eacute;troactivit&amp;eacute; &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;gard des diff&amp;eacute;rents int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts publics et priv&amp;eacute;s y compris ceux du requ&amp;eacute;rant. Il prend &amp;eacute;galement en consid&amp;eacute;ration les inconv&amp;eacute;nients qui r&amp;eacute;sulteraient d&amp;rsquo;une limitation dans le temps. Ainsi, si cet examen le conduit &amp;agrave; estimer qu&amp;rsquo;il est plus sage de limiter dans le temps les effets r&amp;eacute;troactifs, le Juge pourra prononcer cette limitation et m&amp;ecirc;me diff&amp;eacute;rer les effets de l&amp;rsquo;annulation &amp;agrave; une date post&amp;eacute;rieure &amp;agrave; sa d&amp;eacute;cision. Sur cette &amp;eacute;volution, le juge administratif s&amp;rsquo;est pass&amp;eacute; de fondement textuel, ce dont il a une certaine exp&amp;eacute;rience, en se fondant uniquement sur le pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent de la Cour de Justice des communaut&amp;eacute;s europ&amp;eacute;ennes. Selon le Vice Pr&amp;eacute;sident du conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat lui-m&amp;ecirc;me, cette possibilit&amp;eacute; ouverte aux juges de ne pas provoquer une catastrophe en pronon&amp;ccedil;ant une annulation viendra au soutien du principe de l&amp;eacute;galit&amp;eacute;. Il avoue d&amp;rsquo;ailleurs que &amp;laquo; dans le pass&amp;eacute;, le conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat a parfois fait des efforts pour sauver des d&amp;eacute;cisions de l&amp;rsquo;ill&amp;eacute;galit&amp;eacute; qui &amp;eacute;taient tr&amp;egrave;s s&amp;eacute;rieusement contest&amp;eacute;es, en s&amp;rsquo;attachant &amp;agrave; l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral qui s&amp;rsquo;attache au maintien des situations acquises &amp;raquo;.&amp;laquo; Nous avons fait des efforts pour sauver, au nom de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral, des d&amp;eacute;cisions qui auraient pu &amp;ecirc;tre annul&amp;eacute;es &amp;raquo;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces &amp;eacute;volutions de la jurisprudence de la juridiction administrative ne suffisent pas &amp;agrave; combler les d&amp;eacute;faillances de la machine en terme d&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; passive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B. Un juge administrateur qui conserve des talons d&amp;rsquo;Achille (ou pour poursuivre sur la m&amp;eacute;taphore automobile, des d&amp;eacute;fauts r&amp;eacute;currents).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme cela a &amp;eacute;t&amp;eacute; esquiss&amp;eacute; en introduction, l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; de la d&amp;eacute;cision vient tout autant de son contenu que de la mani&amp;egrave;re dont elle est rendue et de la mani&amp;egrave;re dont elle est ressentie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, la c&amp;eacute;l&amp;eacute;rit&amp;eacute; de la juridiction administrative est souvent mise en cause.Le d&amp;eacute;lai moyen de jugement devant les juridictions administratives est :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- de 12 &amp;agrave; 15 mois devant le CE (pour 10 &amp;agrave; 12 en 2003) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vrai &amp;eacute;galement que, except&amp;eacute; pour les Cours Administratives d&amp;rsquo;Appel et la Commission de Recours des R&amp;eacute;fugi&amp;eacute;s, l&amp;rsquo;activit&amp;eacute; juridictionnelle a connu une augmentation sensible des entr&amp;eacute;es :&lt;br /&gt;
- + 26% pour le Conseil d&amp;rsquo;Etat (soit 2655 affaires de plus qu&amp;rsquo;en 2003),&lt;br /&gt;
- + 32% en donn&amp;eacute;es nettes en deux ans&lt;br /&gt;
- + 16% par rapport &amp;agrave; 2004 pour les Tribunaux Administratifs &lt;br /&gt;
- - 8 % pour les CAA (gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; la r&amp;eacute;forme de l&amp;rsquo;appel, d&amp;eacute;cret 24 juin 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce retard a &amp;eacute;t&amp;eacute; chiffr&amp;eacute; par un auteur &amp;agrave; 1 milliard d&amp;rsquo;euros .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est vrai &amp;eacute;galement que les juridictions administratives ont &amp;eacute;t&amp;eacute; multipli&amp;eacute;es et continue d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre construites (hier Melun et Cergy-Pontoise, demain Toulon et N&amp;icirc;mes), que des contrats d&amp;rsquo;objectifs ont &amp;eacute;t&amp;eacute; conclus avec les Pr&amp;eacute;sident de Cours. Le nombre de Magistrats a &amp;eacute;galement &amp;eacute;t&amp;eacute; augment&amp;eacute; (600 Magistrats) dans le corps des TA et CAA en 1995, 850 aujourd&amp;rsquo;hui (AJDA, 28 mars 2005, questions &amp;agrave; Renaud DENOX DE SAINT MARC, page 628). Le syst&amp;egrave;me SAGACE, qui permet &amp;agrave; toute partie de consulter l&amp;rsquo;&amp;eacute;tat de son affaire sur Internet, et demain avec l&amp;rsquo;exp&amp;eacute;rimentation de l&amp;rsquo;introduction et de la communication des requ&amp;ecirc;tes et des m&amp;eacute;moires et de la notification des d&amp;eacute;cisions par voie &amp;eacute;lectronique , acc&amp;eacute;l&amp;egrave;rera sans doute les proc&amp;eacute;dures. Il n&amp;rsquo;en demeure pas moins que la lenteur de la justice administrative nuit &amp;agrave; l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; de ses d&amp;eacute;cisions. Une situation qui m&amp;eacute;ritait justice peut avoir perdu de son int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t plusieurs ann&amp;eacute;es apr&amp;egrave;s. La question se pose principalement en mati&amp;egrave;re d&amp;rsquo;annulation d&amp;rsquo;acte administratif d&amp;rsquo;o&amp;ugrave; d&amp;rsquo;ailleurs, le r&amp;eacute;cent arr&amp;ecirc;t &amp;laquo; association AC &amp;raquo;, (cf infra) mais &amp;eacute;galement dans le contentieux de l&amp;rsquo;indemnisation o&amp;ugrave; une victime, qui a besoin des sommes qui lui seront allou&amp;eacute;es par la juridiction pour vivre au quotidien (par exemple pour une tierce personne) pourra attendre plusieurs ann&amp;eacute;es avant d&amp;rsquo;obtenir les sommes qu&amp;rsquo;elle r&amp;eacute;clame. Le r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; provision ne gommant que tr&amp;egrave;s partiellement cette difficult&amp;eacute; dans la mesure o&amp;ugrave;, en mati&amp;egrave;re de responsabilit&amp;eacute; m&amp;eacute;dicale par exemple, la responsabilit&amp;eacute; est tr&amp;egrave;s rarement non s&amp;eacute;rieusement contestable, m&amp;ecirc;me dans l&amp;rsquo;hypoth&amp;egrave;se d&amp;rsquo;un rapport d&amp;rsquo;expertise favorable. administrative dans la mesure o&amp;ugrave; le pr&amp;eacute;tendant &amp;agrave; la qualit&amp;eacute; de requ&amp;eacute;rant auquel son avocat annonce que le d&amp;eacute;lai de jugement de son affaire avoisinera 3 ou 4 ann&amp;eacute;es (TA de Marseille), peut l&amp;eacute;gitimement s&amp;rsquo;interroger sur l&amp;rsquo;opportunit&amp;eacute; de son recours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La compr&amp;eacute;hension des d&amp;eacute;cisions fait &amp;eacute;galement partie de l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; de celles-ci. Or, le droit administratif, pr&amp;eacute;torien par nature, se pr&amp;ecirc;te peu facilement &amp;agrave; la compr&amp;eacute;hension directe du justiciable. Une &amp;laquo; initiation au droit &amp;raquo; est n&amp;eacute;cessaire pour permettre d&amp;rsquo;appr&amp;eacute;hender la subtilit&amp;eacute; des notions et de comprendre les d&amp;eacute;cisions. Certes, le Conseil, dont la pr&amp;eacute;sence est majoritairement requise en mati&amp;egrave;re administrative, est l&amp;agrave; pour expliquer les tenants et les aboutissants du litige &amp;agrave; son client. Mais celui-ci est &amp;eacute;galement d&amp;eacute;muni par la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; de la proc&amp;eacute;dure, dans certain cas tout au moins. C&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;en mati&amp;egrave;re de r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; suspension, et hormis la cas o&amp;ugrave; c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;absence d&amp;rsquo;urgence qui est sanctionn&amp;eacute;e, le Juge rejettera par une simple phrase lapidaire : &amp;laquo; consid&amp;eacute;rant qu&amp;rsquo;aucun des moyens pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;s n&amp;rsquo;est de nature &amp;agrave; faire na&amp;icirc;tre un doute sur la l&amp;eacute;galit&amp;eacute; de l&amp;rsquo;acte attaqu&amp;eacute; &amp;raquo;. D&amp;egrave;s lors, comment expliquer au justiciable pourquoi le Juge n&amp;rsquo;a pas consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme s&amp;eacute;rieux l&amp;rsquo;argument sur lequel il avait tant mis&amp;eacute;. De m&amp;ecirc;me, ce droit si cart&amp;eacute;sien et si empreint de particularisme s&amp;rsquo;accommode de tortures intellectuelles d&amp;eacute;routantes pour le justiciable. En t&amp;eacute;moigne le cas de la dame veuve MAZERAND, dont le &amp;laquo; d&amp;eacute;c&amp;egrave;s &amp;raquo; a plong&amp;eacute; dans la tristesse les administrativistes, mais probablement pas les agents publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit &amp;eacute;galement sans doute &amp;agrave; l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; de la d&amp;eacute;cision du Juge administratif, le doute qui plane toujours sur sa l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute; et sur son ind&amp;eacute;pendance . Cela est sans doute d&amp;ucirc; pour partie au fait que celui-ci ne si&amp;egrave;ge pas en robe comme le Magistrat judiciaire mais en costume de ville, se qui contribue &amp;agrave; la difficult&amp;eacute; qu&amp;rsquo;a le justiciable de le distinguer de l&amp;rsquo;administration dont il resterait plus l&amp;rsquo;&amp;eacute;manation que le censeur. Les passerelles qui existent d&amp;rsquo;ailleurs entre les juridictions administratives et l&amp;rsquo;administration contr&amp;ocirc;l&amp;eacute;e contribuent grandement &amp;agrave; ce sentiment. Certes, le Pr&amp;eacute;fet aujourd&amp;rsquo;hui Conseiller de Tribunal Administratif appr&amp;eacute;ciera sans nul doute de mani&amp;egrave;re concr&amp;egrave;te les actes du repr&amp;eacute;sentant de l&amp;rsquo;Etat dans le d&amp;eacute;partement, mais persistera toujours le doute, dans l&amp;rsquo;esprit du justiciable, de sa parfaite ma&amp;icirc;trise des r&amp;eacute;flexes de l&amp;rsquo;esprit de corps. En outre, l&amp;rsquo;audience, parfois qualifi&amp;eacute;e de &amp;laquo; fictive &amp;raquo; ne contribue &amp;agrave; une bonne lisibilit&amp;eacute;, de m&amp;ecirc;me que la constatation par l&amp;rsquo;&amp;oelig;il attentif de celui qui se trouve &amp;agrave; l&amp;rsquo;audience que le Magistrat rapporteur qui rappelle les faits et les &amp;eacute;changes de m&amp;eacute;moires, se fonde la plus part du temps sur le jugement, d&amp;eacute;j&amp;agrave; r&amp;eacute;dig&amp;eacute; &amp;agrave; la suite du pr&amp;eacute;d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute; et que l&amp;rsquo;on distingue nettement dans sa main. Il vient d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre d&amp;rsquo;ailleurs jug&amp;eacute; que ces documents &amp;eacute;taient r&amp;eacute;guliers puisqu&amp;rsquo;ils ne constituaient que des &amp;laquo; documents de travail &amp;raquo; (Cf. Recours d&amp;rsquo;un avocat ayant trouv&amp;eacute; dans le dossier de son client, en mati&amp;egrave;re de reconduite &amp;agrave; la fronti&amp;egrave;re, l&amp;rsquo;ordonnance d&amp;eacute;j&amp;agrave; r&amp;eacute;dig&amp;eacute;e avant l&amp;rsquo;audience). Et dans le m&amp;ecirc;me sens, on rapportera avec un certain &amp;eacute;tonnement l&amp;rsquo;anecdote racont&amp;eacute;e par Monsieur BENOIST GUEVEL, Conseiller au Tribunal Administratif de Toulouse qui racontait dans son discours de rentr&amp;eacute;e solennelle dudit Tribunal le 17 janvier 2005, comment durant un semestre, afin d&amp;rsquo;&amp;eacute;viter que le Juge ayant statu&amp;eacute; en r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; dans un dossier ne si&amp;egrave;ge ensuite dans la formation coll&amp;eacute;giale examinant l&amp;rsquo;affaire au fond, l&amp;rsquo;organisation des formations de jugement a &amp;eacute;t&amp;eacute; p&amp;eacute;rilleuse. Les &amp;laquo; Magistrats potiches &amp;raquo;, c&#039;est-&amp;agrave;-dire non rapporteurs, &amp;eacute;taient de sortie, aux termes de ses propres mots : &amp;laquo; les masques de Juges virevoltaient dans un ballet somptueux &amp;raquo;. Jusqu&amp;rsquo;&amp;agrave; ce que, le Conseil d&amp;rsquo;Etat mettant fin &amp;agrave; cette chor&amp;eacute;graphie d&amp;eacute;cide que le Juge des R&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s pouvait sans d&amp;eacute;semparer si&amp;eacute;ger coll&amp;eacute;gialement et la crainte de partialit&amp;eacute; &amp;eacute;tait alors conjur&amp;eacute;e, tout au moins dans l&amp;rsquo;esprit du Juge. Probablement pas dans l&amp;rsquo;esprit du justiciable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien &amp;eacute;videmment, l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; passive de la machine ne saurait suffire et il a fallu la doter des derni&amp;egrave;res trouvailles technologiques : ABS (astreinte bien sentie), GTI (grande trouvaille de l&amp;rsquo;injonction), TDI (termin&amp;eacute; d&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cuter).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
II. L&amp;rsquo;EFFICACITE ACTIVE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&amp;rsquo;entends par la les dispositifs pouvant &amp;ecirc;tre activ&amp;eacute;s &amp;agrave; la demande et qui sont pens&amp;eacute;s pour &amp;eacute;viter une sortie de route, telle que l&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A. Une efficacit&amp;eacute; accrue :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Doter la juridiction administrative d&amp;rsquo;un v&amp;eacute;ritable pouvoir d&amp;rsquo;injonction vis-&amp;agrave;-vis de l&amp;rsquo;administration, apport incontestable de la loi n&amp;deg; 95-125 du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 relative &amp;agrave; l&amp;rsquo;organisation des juridictions et &amp;agrave; la proc&amp;eacute;dure civile, p&amp;eacute;nale et administrative a incontestablement permis d&amp;rsquo;accro&amp;icirc;tre l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; des d&amp;eacute;cisions rendues. Pourtant, l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution des d&amp;eacute;cisions n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;poque pas catastrophique. Contrairement &amp;agrave; ce qui est commun&amp;eacute;ment admis, et qui se d&amp;eacute;duisait de l&amp;rsquo;insistance de la doctrine &amp;agrave; solliciter une loi relative &amp;agrave; l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution des d&amp;eacute;cisions administratives &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;gard des personnes publiques, les cas d&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution &amp;eacute;taient relativement rares. C&amp;rsquo;est ainsi que le rapport s&amp;eacute;natorial HAENEL (rapport de la commission d&amp;rsquo;enqu&amp;ecirc;te s&amp;eacute;natoriale sur la justice administrative) pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; par le S&amp;eacute;nateur H. HAENEL (rapporteur J. ARTHUIS, doc. S&amp;eacute;nat n&amp;deg; 400 annexe PV : JO. 11 juin 1992) estimait en 1992 que le taux d&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution, c&#039;est-&amp;agrave;-dire le nombre de jugements port&amp;eacute;s devant la section du rapport et des &amp;eacute;tudes du Conseil d&amp;rsquo;Etat par rapport au nombre total de jugements rendus par la juridiction administrative, &amp;eacute;taient de 0,77%. Le r&amp;egrave;glement d&amp;rsquo;une partie des affaires portant difficult&amp;eacute; par la section du rapport et des &amp;eacute;tudes permettait m&amp;ecirc;me de r&amp;eacute;duire ce taux &amp;agrave; 0,19% .Rien en tout &amp;eacute;tat de cause de catastrophique. Il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;ailleurs plut&amp;ocirc;t de retards d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution plus que de v&amp;eacute;ritables refus d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif mis en &amp;oelig;uvre aujourd&amp;rsquo;hui par les articles L. 911-1 &amp;agrave; L. 911-10 du CJA est cependant tr&amp;egrave;s complet et, comme cela &amp;eacute;t&amp;eacute; dit : la souplesse du m&amp;eacute;canisme ; l&amp;rsquo;ajustement de la part du juge, sorte de garde fou. La possibilit&amp;eacute; &amp;eacute;galement de &amp;laquo; faire pression &amp;raquo; sur l&amp;rsquo;administration, l&amp;rsquo;astreinte permettant de combiner efficacit&amp;eacute; et rapidit&amp;eacute;. Ces dispositions ont permis au juge de se projeter dans l&amp;rsquo;apr&amp;egrave;s d&amp;eacute;cision et de faire en sorte qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;interroge sur les cons&amp;eacute;quences pratiques de sa d&amp;eacute;cision et son ex&amp;eacute;cution. Dans cette optique, le juge rechigne aujourd&amp;rsquo;hui &amp;agrave; rendre des d&amp;eacute;cisions inutiles ou inex&amp;eacute;cutables. Ainsi, on peut r&amp;eacute;citer l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t &amp;laquo; Association AC &amp;raquo;, ainsi que l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t Syndicat d&amp;eacute;partemental de l&amp;rsquo;&amp;eacute;lectricit&amp;eacute; et du gaz des Alpes Maritimes, dans lequel le Conseil d&amp;rsquo;Etat pr&amp;eacute;cise que l&amp;rsquo;annulation de l&amp;rsquo;implantation irr&amp;eacute;guli&amp;egrave;re d&amp;rsquo;un ouvrage public n&amp;rsquo;implique la d&amp;eacute;molition de celui-ci que dans le cas o&amp;ugrave; elle n&amp;rsquo;entra&amp;icirc;nerait pas une atteinte excessive &amp;agrave; l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Augmentation exponentielle du nombre de mati&amp;egrave;res dans lesquelles la juridiction peut statuer &amp;agrave; juge unique, et prendre des injonctions ou des astreintes. La loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995, c&amp;rsquo;est aussi la d&amp;eacute;centralisation, ou plut&amp;ocirc;t la d&amp;eacute;concentration de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution. Auparavant, le centralisme pr&amp;eacute;valait et en application de l&amp;rsquo;article 2 de la loi du 16 juillet 1980, les requ&amp;eacute;rants pouvaient saisir le Conseil d&amp;rsquo;Etat d&amp;rsquo;une demande d&amp;rsquo;astreinte (apr&amp;egrave;s expiration d&amp;rsquo;un d&amp;eacute;lai de 6 mois &amp;agrave; compter de la notification de la d&amp;eacute;cision) pour inex&amp;eacute;cution d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision de justice. Le pouvoir d&amp;rsquo;astreinte ressortait du seul Conseil d&amp;rsquo;Etat. Le d&amp;eacute;cret du 15 mai 1990 a confi&amp;eacute; avec succ&amp;egrave;s une partie des affaires aux Pr&amp;eacute;sidents des Cours Administratives d&amp;rsquo;Appel, la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 prolongeant cette d&amp;eacute;concentration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B. Inefficacit&amp;eacute; qui reste parcellaire :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le syst&amp;egrave;me mis en place par la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 constitue incontestablement un progr&amp;egrave;s en mati&amp;egrave;re d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution des d&amp;eacute;cisions des juridictions administratives, il n&amp;rsquo;en demeure pas moins que le dispositif mis en place reste parcellaire. En effet, deux aspects particuliers de la proc&amp;eacute;dure d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution nous semblent avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; trait&amp;eacute;s d&amp;rsquo;une mani&amp;egrave;re insuffisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&amp;rsquo;abord, le dispositif mis en oeuvre ne concerne que les personnes publiques ou les personnes morales de droit priv&amp;eacute; assurant la gestion d&amp;rsquo;un service public. Aucune des articles L.911-1 &amp;agrave; L.911-4 du Code de Justice Administrative n&amp;rsquo;est applicable &amp;agrave; une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; priv&amp;eacute;e ou &amp;agrave; un particulier. Bien &amp;eacute;videmment, ce particularisme est d&amp;ucirc; au fait que les plus grandes difficult&amp;eacute;s d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution venaient de la r&amp;eacute;ticence des personnes publiques et que les particuliers ou personnes morales de droit priv&amp;eacute; &amp;eacute;taient d&amp;eacute;poss&amp;eacute;d&amp;eacute;s de tout moyen quant &amp;agrave; la possibilit&amp;eacute; d&amp;rsquo;une ex&amp;eacute;cution forc&amp;eacute;e. La question se pose peu lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision faisant droit &amp;agrave; la demande d&amp;rsquo;une personne morale de droit public dans la mesure o&amp;ugrave; celle-ci dispose de la possibilit&amp;eacute; d&amp;rsquo;&amp;eacute;mettre des titres ex&amp;eacute;cutoires, qui constituent probablement la mesure d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution la plus contraignante, que les personnes morales de droit public rechignent cependant &amp;agrave; utiliser massivement. Cependant, reste le cas d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision administrative dont l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution ne concerne que deux personnes de droit priv&amp;eacute;. C&amp;rsquo;est le cas de l&amp;rsquo;ensemble des litiges de travaux publics opposant des soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s concessionnaires &amp;agrave; des entreprises titulaires de march&amp;eacute;s. Il peut s&amp;rsquo;agir d&amp;rsquo;ailleurs tant de march&amp;eacute;s de travaux que de march&amp;eacute;s de fournitures ou de prestations intellectuelles. Dans cette hypoth&amp;egrave;se, la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; qui a obtenu gain de cause, a l&amp;rsquo;obligation de se retourner vers le juge civil de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution afin de faire appliquer la d&amp;eacute;cision qu&amp;rsquo;il a obtenue. Certains avaient entrevu dans la d&amp;eacute;cision ANPEEC du Conseil d&amp;rsquo;Etat un d&amp;eacute;veloppement de l&amp;rsquo;astreinte &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre des personnes priv&amp;eacute;, qui n&amp;rsquo;a semble-t-il jamais eu lieu. Cela pose d&amp;rsquo;embl&amp;eacute;e une difficult&amp;eacute; puisque le juge civil conna&amp;icirc;t, on le sait bien, fort peu la juridiction administrative et le droit administratif. Or, dans toute ex&amp;eacute;cution forc&amp;eacute;e, et en particulier devant le juge de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution civile, sont toujours oppos&amp;eacute;s des moyens de d&amp;eacute;fense, car il est un fait que la plupart du temps, lorsqu&amp;rsquo;il existe une difficult&amp;eacute; d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution, c&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;une des parties consid&amp;egrave;re que celle-ci n&amp;rsquo;est pas due.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, voici l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie mixte s&amp;rsquo;&amp;eacute;tant vue d&amp;eacute;l&amp;eacute;guer par une commune la ma&amp;icirc;trise d&amp;rsquo;ouvrage des &amp;eacute;tudes des travaux d&amp;rsquo;une voie rapide. Dans le cadre de cette convention, un march&amp;eacute; est pass&amp;eacute; avec une soci&amp;eacute;t&amp;eacute;. Le chantier n&amp;eacute;cessitant des prestations non pr&amp;eacute;vues dans le march&amp;eacute; initial, et dans l&amp;rsquo;attente de la prestation d&amp;rsquo;un avenant au march&amp;eacute; portant sur ces travaux suppl&amp;eacute;mentaires, ceux-ci font l&amp;rsquo;objet de trois lettres de commande, lesdits travaux &amp;eacute;tant factur&amp;eacute;s et r&amp;eacute;gl&amp;eacute;s deux fois. Par erreur bien &amp;eacute;videmment, une premier fois au titre des lettres de commande relais, une seconde fois, au titre du march&amp;eacute; sur la base de situations. L&amp;rsquo;entreprise titulaire a donc un trop-per&amp;ccedil;u qu&amp;rsquo;elle refuse de rendre. La soci&amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie mixte saisit la juridiction administrative qui d&amp;eacute;signe un Expert aux fins de d&amp;eacute;terminer si r&amp;eacute;ellement les sommes sont dues. Six ans apr&amp;egrave;s, l&amp;rsquo;entreprise est condamn&amp;eacute;e &amp;agrave; r&amp;eacute;gler le trop-per&amp;ccedil;u augment&amp;eacute; des int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts au taux l&amp;eacute;gal &amp;agrave; compter de la demande initiale. Compte tenu des difficult&amp;eacute;s d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution, et apr&amp;egrave;s de nombreuses recherches, la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie mixte se rend compte que la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; en question a &amp;eacute;t&amp;eacute; dissoute sans liquidation &amp;agrave; la suite d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;claration en application de l&amp;rsquo;article 1845-5 du Code Civil . Ladite soci&amp;eacute;t&amp;eacute; s&amp;rsquo;est bien gard&amp;eacute;e d&amp;rsquo;informer la juridiction administrative et son adversaire de son &amp;eacute;volution et la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; qui a r&amp;eacute;cup&amp;eacute;r&amp;eacute;, par transmission universelle, l&amp;rsquo;ensemble de son patrimoine n&amp;rsquo;est pas intervenue volontairement &amp;agrave; la proc&amp;eacute;dure. Souhaitant faire ex&amp;eacute;cuter la d&amp;eacute;cision qu&amp;rsquo;elle a obtenue, et ayant la d&amp;eacute;monstration de la transmission de patrimoine universelle, la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie mixte fait d&amp;eacute;livrer un commandement aux fins de saisie par un huissier diligent. La soci&amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;bitrice saisit alors le juge de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution du Tribunal de Grande Instance afin d&amp;rsquo;obtenir l&amp;rsquo;annulation du commandement, cette demande est rejet&amp;eacute;e. En appel (nous sommes maintenant en janvier 2005 alors que l&amp;rsquo;affaire a commenc&amp;eacute; en 1992), la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;bitrice obtient la r&amp;eacute;formation du jugement par arr&amp;ecirc;t de Cour d&amp;rsquo;Appel. En effet, et alors m&amp;ecirc;me que la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;bitrice ne conteste pas que le patrimoine ait &amp;eacute;t&amp;eacute; int&amp;eacute;gralement transmis, obtient du juge qu&amp;rsquo;il d&amp;eacute;cide que la juridiction administrative a rendu une d&amp;eacute;cision &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre d&amp;rsquo;une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; que n&amp;rsquo;existait plus &amp;agrave; la date du jugement alors que les lettres recommand&amp;eacute;es adress&amp;eacute;es par le greffe de la juridiction administrative &amp;eacute;taient correctement re&amp;ccedil;ues et que la soci&amp;eacute;t&amp;eacute;, sous son ancien nom avait constitu&amp;eacute; avocat et se d&amp;eacute;fendait. Nul doute que l&amp;rsquo;&amp;eacute;pilogue de cette histoire finira par une action fond&amp;eacute;e sur l&amp;rsquo;enrichissement sans cause, &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre de la nouvelle soci&amp;eacute;t&amp;eacute;, qui aura peut-&amp;ecirc;tre d&amp;rsquo;ici l&amp;agrave; &amp;eacute;t&amp;eacute; absorb&amp;eacute;e et qui laisse esp&amp;eacute;rer &amp;agrave; son cr&amp;eacute;ancier un r&amp;egrave;glement au environ de l&amp;rsquo;ann&amp;eacute;e 2012. Cet exemple d&amp;eacute;montre qu&amp;rsquo;il conviendrait de r&amp;eacute;unir entre les mains du seul juge administratif l&amp;rsquo;ensemble des litiges relatifs &amp;agrave; l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de ses d&amp;eacute;cisions. En effet, lui &amp;eacute;chappe une part faible, mais non n&amp;eacute;gligeable de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de ses d&amp;eacute;cisions &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre des personnes priv&amp;eacute;es.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Subsiste &amp;eacute;galement entier, le probl&amp;egrave;me des personnes morales de droit public particuli&amp;egrave;rement r&amp;eacute;ticentes &amp;agrave; ex&amp;eacute;cuter les d&amp;eacute;cisions de justice. Cette hypoth&amp;egrave;se se rencontre principalement lors d&amp;rsquo;une tr&amp;egrave;s forte condamnation p&amp;eacute;cuniaire ou, plus fr&amp;eacute;quemment, dans le cadre d&amp;rsquo;une condamnation &amp;agrave; instruire &amp;agrave; nouveau. Le rapport du conseil d&amp;rsquo;Etat permet de constater que chaque ann&amp;eacute;e des litiges de personnes se transforment en gu&amp;eacute;rillas judiciaires devant lesquelles la juridiction administrative est impuissante. Ainsi le cas &amp;ndash; c&amp;eacute;l&amp;egrave;bre - du maire r&amp;eacute;voquant son secr&amp;eacute;taire de mairie tous les six mois, irr&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement de pr&amp;eacute;f&amp;eacute;rence. Ainsi, les injonctions sont le plus souvent prononc&amp;eacute;es &amp;agrave; posteriori, lorsque l&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision de justice est constat&amp;eacute;e, celles-ci n&amp;rsquo;apparaissant pas au d&amp;eacute;but du contentieux, forc&amp;eacute;ment n&amp;eacute;cessaires. Il faut donc revenir devant le juge. S&amp;rsquo;agissant de l&amp;rsquo;astreinte, elle est d&amp;eacute;cid&amp;eacute;e dans un premier temps, mais il est n&amp;eacute;cessaire que le juge se prononce &amp;agrave; nouveau pour la liquider c&amp;rsquo;est-&amp;agrave;-dire concr&amp;egrave;tement pour en constater l&amp;rsquo;exigibilit&amp;eacute;. Reste que pour l&amp;rsquo;administration v&amp;eacute;ritablement r&amp;eacute;calcitrante, l&amp;rsquo;injonction et m&amp;ecirc;me la liquidation de l&amp;rsquo;astreinte, ne constituent pas des moyens de contrainte absolue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l&amp;rsquo;hypoth&amp;egrave;se d&amp;rsquo;un refus de la collectivit&amp;eacute; d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cuter, celle-ci arguant par exemple de ce qu&amp;rsquo;elle a fait appel et que le r&amp;egrave;glement imm&amp;eacute;diat de la condamnation mettrait ses finances en difficult&amp;eacute;, reste la possibilit&amp;eacute; de faire appel au pr&amp;eacute;fet ou aux juridictions financi&amp;egrave;res. Dans le cas d&amp;rsquo;un refus de l&amp;rsquo;administration d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cuter, les personnes morales de droit priv&amp;eacute; et les particuliers peuvent requ&amp;eacute;rir &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre des collectivit&amp;eacute;s territoriales et des &amp;eacute;tablissements publics le mandatement d&amp;rsquo;office par le pr&amp;eacute;fet des sommes qu&amp;rsquo;elles ont &amp;eacute;t&amp;eacute; condamn&amp;eacute;es &amp;agrave; payer (loi num&amp;eacute;ro 80-539 du 16 juillet 1980 modifi&amp;eacute;e, et d&amp;eacute;cret n&amp;deg; 88-336 du 11 avril 1988). En cas d&amp;rsquo;insuffisance de cr&amp;eacute;dit, l&amp;rsquo;autorit&amp;eacute; de tutelle adresse &amp;agrave; la collectivit&amp;eacute; une mise en demeure de cr&amp;eacute;er les ressources n&amp;eacute;cessaires et en cas de nouvelles carences, c&amp;rsquo;est le pr&amp;eacute;fet qui y pourvoit lui-m&amp;ecirc;me et proc&amp;egrave;de au mandatement d&amp;rsquo;office. Cette proc&amp;eacute;dure bien huil&amp;eacute;e dans la loi ne re&amp;ccedil;oit en r&amp;eacute;alit&amp;eacute; que tr&amp;egrave;s rarement application. Le Pr&amp;eacute;fet, conscient des difficult&amp;eacute;s financi&amp;egrave;res des collectivit&amp;eacute;s territoriales pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re en effet laisser lettre morte la demande de mandatement d&amp;rsquo;office qui lui a &amp;eacute;t&amp;eacute; faite plut&amp;ocirc;t que de mettre en difficult&amp;eacute; une collectivit&amp;eacute; se trouvant dans son d&amp;eacute;partement. Reste alors la possibilit&amp;eacute; de saisir la Chambre R&amp;eacute;gionale des Comptes dont la rapidit&amp;eacute; d&amp;rsquo;intervention peut permettre aux cr&amp;eacute;anciers d&amp;rsquo;obtenir un avis, ce dernier suffisant habituellement, par sa force morale &amp;agrave; contraindre la collectivit&amp;eacute; &amp;agrave; r&amp;eacute;gler les sommes dues. Le cheminement d&amp;eacute;crit ici est tir&amp;eacute; d&amp;rsquo;un fait d&amp;rsquo;esp&amp;egrave;ce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concernant la condamnation d&amp;rsquo;une commune de taille moyenne &amp;agrave; verser &amp;agrave; une compagnie d&amp;rsquo;assurances la somme de 15 millions d&amp;rsquo;euros en r&amp;eacute;paration des dommages caus&amp;eacute;s par une inondation &amp;agrave; ses assur&amp;eacute;s, ladite inondation n&amp;rsquo;ayant &amp;eacute;t&amp;eacute; rendue possible qu&amp;rsquo;en raison de la carence du pouvoir de police du maire, lequel avait une parfaite connaissance de la br&amp;egrave;che r&amp;eacute;alis&amp;eacute;e par les gens du voyage dans une digue prot&amp;eacute;geant une zone industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il faut citer la possible saisine du M&amp;eacute;diateur de la R&amp;eacute;publique. La loi n&amp;deg; 73.6 du 3 janvier 1973 modifi&amp;eacute;e a conf&amp;eacute;r&amp;eacute; au M&amp;eacute;diateur de la R&amp;eacute;publique un pouvoir d&amp;rsquo;injonction. Si elle reste sans effet, cette injonction adress&amp;eacute;e &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration de se conformer &amp;agrave; la d&amp;eacute;cision pass&amp;eacute;e en force de chose jug&amp;eacute;e dans le d&amp;eacute;lai qu&amp;rsquo;il fixe, le M&amp;eacute;diateur de la R&amp;eacute;publique peut faire &amp;eacute;tat de la mauvaise volont&amp;eacute; de l&amp;rsquo;administration dans le rapport qu&amp;rsquo;il pr&amp;eacute;sente annuellement au parlement et au Pr&amp;eacute;sident de la R&amp;eacute;publique ou dans un rapport sp&amp;eacute;cial publi&amp;eacute; au journal officiel. Un rapport sp&amp;eacute;cial a, par exemple, &amp;eacute;tait publi&amp;eacute; au journal officiel en 1994, concernant la r&amp;eacute;ticence particuli&amp;egrave;re d&amp;rsquo;une administration &amp;agrave; ex&amp;eacute;cuter une d&amp;eacute;cision de justice au profit d&amp;rsquo;un Monsieur NIOX.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma conclusion tiendra en quelques mots : les dispositifs techniques tels que ceux mis en place par la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 sont indispensables, mais l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; des d&amp;eacute;cisions reste soumise avant tout au respect de principes que l&amp;rsquo;on peut r&amp;eacute;sumer ainsi. Une d&amp;eacute;cision efficace est avant tout une d&amp;eacute;cision juste, rapide, l&amp;eacute;gitime et compr&amp;eacute;hensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sylvain PONTIER&lt;br /&gt;
Avocat au Barreau de Marseille&lt;br /&gt;
SELARL ABEILLE &amp;amp; ASSOCIES&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
</description>
	<pubDate>Fri, 13 May 2005 08:29:52 +0200</pubDate>
	</item>
<item>
			<title>L'exécution des décision du juge</title>
	<link>http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-21-l-execution-des-decision-du-juge</link>
	<guid isPermaLink="true">http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-21</guid>
	<description>L&amp;rsquo;EXECUTION DES DECISION DU JUGE ET L&amp;rsquo;APPLICATION DES INJONCTIONS &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Introduction&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Doter la juridiction administrative d&amp;rsquo;un v&amp;eacute;ritable pouvoir d&amp;rsquo;injonction vis-&amp;agrave;-vis de l&amp;rsquo;administration, apport incontestable de la loi n&amp;deg; 95-125 du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 relative &amp;agrave; l&amp;rsquo;organisation des juridictions et &amp;agrave; la proc&amp;eacute;dure civile, p&amp;eacute;nale et administrative a incontestablement permis d&amp;rsquo;accro&amp;icirc;tre l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; des d&amp;eacute;cisions rendues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution des d&amp;eacute;cisions n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;poque pas catastrophique. Contrairement &amp;agrave; ce qui est commun&amp;eacute;ment admis, et qui se d&amp;eacute;duisait de l&amp;rsquo;insistance de la doctrine &amp;agrave; solliciter une loi relative &amp;agrave; l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution des d&amp;eacute;cisions administratives &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;gard des personnes publiques, les cas d&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution &amp;eacute;taient relativement rares.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;rsquo;est ainsi que le rapport s&amp;eacute;natorial HAENEL (rapport de la commission d&amp;rsquo;enqu&amp;ecirc;te s&amp;eacute;natoriale sur la justice administrative) pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; par le S&amp;eacute;nateur H. HAENEL (rapporteur J. ARTHUIS, doc. S&amp;eacute;nat n&amp;deg; 400 annexe PV : JO. 11 juin 1992) estimait en 1992 que le taux d&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution, c&#039;est-&amp;agrave;-dire le nombre de jugements port&amp;eacute;s devant la section du rapport et des &amp;eacute;tudes du Conseil d&amp;rsquo;Etat par rapport au nombre total de jugements rendus par la juridiction administrative, &amp;eacute;taient de 0,77%. Le r&amp;egrave;glement d&amp;rsquo;une partie des affaires portant difficult&amp;eacute; par la section du rapport et des &amp;eacute;tudes permettait m&amp;ecirc;me de r&amp;eacute;duire ce taux &amp;agrave; 0,19% .Rien en tout &amp;eacute;tat de cause de catastrophique. Il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;ailleurs plut&amp;ocirc;t de retards d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution plus que de v&amp;eacute;ritables refus d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif mis en &amp;oelig;uvre aujourd&amp;rsquo;hui par les articles L. 911-1 &amp;agrave; L. 911-10 du CJA est tr&amp;egrave;s complet. Il allie souplesse du m&amp;eacute;canisme, l&amp;rsquo;ajustement de la part du juge, sorte de garde fou. La possibilit&amp;eacute; &amp;eacute;galement de &amp;laquo; faire pression &amp;raquo; sur l&amp;rsquo;administration, l&amp;rsquo;astreinte permettant de combiner efficacit&amp;eacute; et rapidit&amp;eacute;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces dispositions ont permis au juge de se projeter dans l&amp;rsquo;apr&amp;egrave;s d&amp;eacute;cision et de faire en sorte qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;interroge sur les cons&amp;eacute;quences pratiques de sa d&amp;eacute;cision et son ex&amp;eacute;cution. Dans cette optique, le juge rechigne aujourd&amp;rsquo;hui &amp;agrave; rendre des d&amp;eacute;cisions inutiles ou inex&amp;eacute;cutables. Ainsi, on peut citer l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t &amp;laquo; Association AC &amp;raquo;, ainsi que l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t Syndicat d&amp;eacute;partemental de l&amp;rsquo;&amp;eacute;lectricit&amp;eacute; et du gaz des Alpes Maritimes, dans lequel le Conseil d&amp;rsquo;Etat pr&amp;eacute;cise que l&amp;rsquo;annulation de l&amp;rsquo;implantation irr&amp;eacute;guli&amp;egrave;re d&amp;rsquo;un ouvrage public n&amp;rsquo;implique la d&amp;eacute;molition de celui-ci que dans le cas o&amp;ugrave; elle n&amp;rsquo;entra&amp;icirc;nerait pas une atteinte excessive &amp;agrave; l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995, c&amp;rsquo;est aussi la d&amp;eacute;centralisation, ou plut&amp;ocirc;t la d&amp;eacute;concentration de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution. Auparavant, le centralisme pr&amp;eacute;valait et en application de l&amp;rsquo;article 2 de la loi du 16 juillet 1980, les requ&amp;eacute;rants pouvaient saisir le Conseil d&amp;rsquo;Etat d&amp;rsquo;une demande d&amp;rsquo;astreinte (apr&amp;egrave;s expiration d&amp;rsquo;un d&amp;eacute;lai de 6 mois &amp;agrave; compter de la notification de la d&amp;eacute;cision) pour inex&amp;eacute;cution d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision de justice. Le pouvoir d&amp;rsquo;astreinte ressortait du seul Conseil d&amp;rsquo;Etat. Le d&amp;eacute;cret du 15 mai 1990 a confi&amp;eacute; avec succ&amp;egrave;s une partie des affaires aux Pr&amp;eacute;sidents des Cours Administratives d&amp;rsquo;Appel, la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 prolongeant cette d&amp;eacute;concentration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi de 1995 a donn&amp;eacute; des outils au juge administratif, mais elle a surtout modifi&amp;eacute; de mani&amp;egrave;re durable sa mani&amp;egrave;re de juger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
I Les outils mis en place par la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A) Le m&amp;eacute;canisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 a int&amp;eacute;gr&amp;eacute; dans le Code des Tribunaux Administratifs et Cours Administratives d&amp;rsquo;Appel les articles L.8-2 et suivants, aujourd&amp;rsquo;hui remplac&amp;eacute;s par les articles L.911-1 &amp;agrave; L.911-10 du Code de Justice Administrative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces articles mettent en place un syst&amp;egrave;me d&amp;rsquo;injonctions et d&amp;rsquo;astreintes, celles-ci pouvant &amp;ecirc;tre &amp;agrave; la fois r&amp;eacute;clam&amp;eacute;es a priori et a posteriori.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces injonctions sont elles-m&amp;ecirc;mes de deux natures diff&amp;eacute;rentes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Soit, lorsque la d&amp;eacute;cision de la juridiction administrative implique n&amp;eacute;cessairement que soit pris une mesure d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution dans un sens d&amp;eacute;termin&amp;eacute;, le Juge Administratif peut prescrire, par la m&amp;ecirc;me d&amp;eacute;cision, cette mesure assortie le cas &amp;eacute;ch&amp;eacute;ant d&amp;rsquo;un d&amp;eacute;lai d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution (article L.911-1 du CJA ). (Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une reprise combin&amp;eacute;e de l&amp;rsquo;article 8-2 du CTACAA et de l&amp;rsquo;article 6-1 de la loi num&amp;eacute;ro 80-539 du 16 juillet 1980).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Soit lorsque la d&amp;eacute;cision de la juridiction administrative implique n&amp;eacute;cessairement qu&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision soit prise apr&amp;egrave;s une nouvelle instruction, la juridiction prescrit par la m&amp;ecirc;me d&amp;eacute;cision juridictionnelle que cette nouvelle d&amp;eacute;cision doit intervenir dans un d&amp;eacute;lai d&amp;eacute;termin&amp;eacute;.(art L.911-2 du CJA ).(l&amp;rsquo;origine de l&amp;rsquo;article est la m&amp;ecirc;me).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux types d&amp;rsquo;injonctions peuvent &amp;ecirc;tre assortis d&amp;rsquo;astreintes (article L.911-3) &amp;agrave; partir du moment o&amp;ugrave; une date a &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;termin&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, autant l&amp;rsquo;article L.911-2 pr&amp;eacute;voit que la nouvelle instruction devra &amp;ecirc;tre faite dans un d&amp;eacute;lai d&amp;eacute;termin&amp;eacute;, autant l&amp;rsquo;article L.911-1 dispose que le Tribunal a la facult&amp;eacute; d&amp;rsquo;encadrer dans un d&amp;eacute;lai la prise de la nouvelle d&amp;eacute;cision mais il n&amp;rsquo;y est pas oblig&amp;eacute;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux termes de l&amp;rsquo;article L.911-4 du CJA, ces m&amp;ecirc;mes injonctions, le cas &amp;eacute;ch&amp;eacute;ant assorties d&amp;rsquo;astreintes, peuvent &amp;ecirc;tre demand&amp;eacute;es a posteriori, c&amp;rsquo;est-&amp;agrave;-dire dans l&amp;rsquo;hypoth&amp;egrave;se o&amp;ugrave; le jugement a &amp;eacute;t&amp;eacute; rendu et o&amp;ugrave; il n&amp;rsquo;est pas ex&amp;eacute;cut&amp;eacute;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette disposition reprend de mani&amp;egrave;re plus douce et accessible celles qui existaient dans les articles 2 et 6 de la loi num&amp;eacute;ro 80-539 du 16 juillet 1980, repris aujourd&amp;rsquo;hui &amp;agrave; l&amp;rsquo;article L.911-5 du CJA qui dispose qu&amp;rsquo;en cas d&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision rendue par une juridiction administrative le Conseil d&amp;rsquo;Etat peut, m&amp;ecirc;me d&amp;rsquo;office, prononcer une astreinte contre les personnes morales du droit public ou les organismes de droit priv&amp;eacute; charg&amp;eacute;s de la gestion d&amp;rsquo;un service public pour assurer l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de ladite d&amp;eacute;cision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est &amp;agrave; noter que l&amp;rsquo;ensemble de ces articles ne s&amp;rsquo;applique qu&amp;rsquo;aux personnes morales du droit public ou aux organismes de droit priv&amp;eacute; charg&amp;eacute;s de la gestion d&amp;rsquo;un service public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles ne sont pas applicables aux personnes morales de droit priv&amp;eacute;, dont les cr&amp;eacute;anciers disposent des moyens classiques du droit civil pour ex&amp;eacute;cuter les d&amp;eacute;cisions administratives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est &amp;agrave; noter &amp;eacute;galement que dans l&amp;rsquo;hypoth&amp;egrave;se d&amp;rsquo;un appel, c&amp;rsquo;est la Cour Administrative d&amp;rsquo;Appel qui est charg&amp;eacute;e de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de la d&amp;eacute;cision inex&amp;eacute;cut&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De mani&amp;egrave;re assez classique, comme cela existe dans la proc&amp;eacute;dure civile, l&amp;rsquo;astreinte est consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme provisoire &amp;agrave; moins que la juridiction n&amp;rsquo;ait pr&amp;eacute;cis&amp;eacute; son caract&amp;egrave;re d&amp;eacute;finitif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle ne se confond jamais avec les dommages et int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur saisine de celui qui l&amp;rsquo;a r&amp;eacute;clam&amp;eacute;, la juridiction administrative proc&amp;egrave;de &amp;agrave; la liquidation de l&amp;rsquo;astreinte qu&amp;rsquo;elle a prononc&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le syst&amp;egrave;me ne manque pas de souplesse car si la modification du taux de l&amp;rsquo;astreinte d&amp;eacute;finitive lors de sa liquidation est limit&amp;eacute;e au cas o&amp;ugrave; l&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution de la d&amp;eacute;cision provient d&amp;rsquo;un cas fortuit ou d&amp;rsquo;un cas de force majeure, la juridiction peut en revanche mod&amp;eacute;rer ou supprimer l&amp;rsquo;astreinte provisoire m&amp;ecirc;me en cas d&amp;rsquo;inex&amp;eacute;cution constat&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un dispositif repris de la loi du 16 juillet 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement &amp;agrave; ce qui existe en mati&amp;egrave;re d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de la d&amp;eacute;cision frapp&amp;eacute;e d&amp;rsquo;appel, la juridiction comp&amp;eacute;tente pour liquider l&amp;rsquo;astreinte reste toujours celle qui l&amp;rsquo;a prononc&amp;eacute;e m&amp;ecirc;me en cas d&amp;rsquo;appel .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;rsquo;un des dispositifs originaux est de permettre (article L.911-8 du CJA) &amp;agrave; la juridiction de d&amp;eacute;cider qu&amp;rsquo;une part de l&amp;rsquo;astreinte ne sera pas vers&amp;eacute;e au requ&amp;eacute;rant et qu&amp;rsquo;elle sera vers&amp;eacute;e au budget de l&amp;rsquo;Etat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela permet de faire une diff&amp;eacute;rence fondamentale, vis-&amp;agrave;-vis du requ&amp;eacute;rant, entre les dommages et int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts et l&amp;rsquo;astreinte dont le but est, non pas de permettre au requ&amp;eacute;rant d&amp;rsquo;obtenir une somme d&amp;rsquo;argent, mais de faire ex&amp;eacute;cuter la d&amp;eacute;cision. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un m&amp;eacute;canisme qui, &amp;agrave; n&amp;rsquo;en pas douter, est adapt&amp;eacute; &amp;agrave; la juridiction administrative et aux types de d&amp;eacute;cisions qui sont rendues, enfin suffisamment simple pour permettre une application ais&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B) L&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t pour le professionnel du droit&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la puissance publique peut mettre en &amp;oelig;uvre la force publique puisqu&amp;rsquo;elle dispose des voies d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de droit commun, il n&amp;rsquo;en va pas de m&amp;ecirc;me pour les administr&amp;eacute;s b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiaires d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision du Juge Administratif face &amp;agrave; la d&amp;eacute;cision de refus d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cuter ou simplement l&amp;rsquo;inertie de l&amp;rsquo;autorit&amp;eacute; administrative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;rsquo;injonction permet tout d&amp;rsquo;abord, et c&amp;rsquo;est essentiel, de donner &amp;agrave; la juridiction et aux justiciables le sens de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de la d&amp;eacute;cision.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, certaines d&amp;eacute;cisions &amp;eacute;taient inex&amp;eacute;cut&amp;eacute;es ou mal ex&amp;eacute;cut&amp;eacute;es, non pas par volont&amp;eacute; de l&amp;rsquo;administration de se soustraire &amp;agrave; la d&amp;eacute;cision du Juge, mais bien par manque de connaissance ou difficult&amp;eacute; de l&amp;rsquo;administration &amp;agrave; adopter l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution ad&amp;eacute;quate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;rsquo;injonction permet donc, en particulier celle de l&amp;rsquo;article L.911-1, de prescrire &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration la mesure d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce sens, l&amp;rsquo;injonction est particuli&amp;egrave;rement int&amp;eacute;ressante, en particulier lorsqu&amp;rsquo;elle est demand&amp;eacute;e a priori, car elle permet au Juge d&amp;rsquo;expliciter le sens dans lequel il estime que sa d&amp;eacute;cision devra &amp;ecirc;tre ex&amp;eacute;cut&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;rsquo;injonction a &amp;eacute;galement l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t de constituer, moralement, un acte de contrainte suppl&amp;eacute;mentaire &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;gard de l&amp;rsquo;administration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, certaines administrations et les collectivit&amp;eacute;s territoriales en particulier ne per&amp;ccedil;oivent pas toujours la port&amp;eacute;e de la d&amp;eacute;cision, particuli&amp;egrave;rement lorsque c&amp;rsquo;est le cas de l&amp;rsquo;annulation d&amp;rsquo;un acte, que celui-ci entra&amp;icirc;ne l&amp;rsquo;obligation de prendre une mesure d&amp;eacute;termin&amp;eacute;e dans un sens ou entra&amp;icirc;ne l&amp;rsquo;obligation d&amp;rsquo;instruire &amp;agrave; nouveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette injonction, qui figure habituellement &amp;agrave; l&amp;rsquo;article 2 du jugement, donne donc une force morale suppl&amp;eacute;mentaire au jugement qui ne se borne donc plus &amp;agrave; annuler un acte, par d&amp;eacute;finition anonyme et froid, mais &amp;agrave; prescrire &amp;agrave; une personne donn&amp;eacute;e d&amp;rsquo;agir dans un sens donn&amp;eacute;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce fait, l&amp;rsquo;injonction permet &amp;eacute;galement, dans une certaine part, au professionnel du droit qui d&amp;eacute;pose la requ&amp;ecirc;te dans les int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts du requ&amp;eacute;rant, de solliciter une ex&amp;eacute;cution particuli&amp;egrave;re dans un sens d&amp;eacute;termin&amp;eacute;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;rsquo;est ainsi que, s&amp;rsquo;agissant d&amp;rsquo;un fonctionnaire, la juridiction saisie enjoint conjointement la r&amp;eacute;int&amp;eacute;gration et la reconstitution de carri&amp;egrave;re (Cour Administrative d&amp;rsquo;Appel de Nantes, &lt;br /&gt;
27 mars 197, Madame RONDEAU, requ&amp;ecirc;te num&amp;eacute;ro 95 NT 00500) mais &amp;eacute;galement la liquidation et le paiement du rappel qui lui est d&amp;ucirc; au titre de la nouvelle bonification indiciaire &amp;agrave; compter de la date &amp;agrave; laquelle il pouvait pr&amp;eacute;tendre cet avantage (Cour Administrative d&amp;rsquo;Appel de Lyon, 18 d&amp;eacute;cembre 1998, Ministre de l&amp;rsquo;Education Nationale / Madame MACHELET, requ&amp;ecirc;te num&amp;eacute;ro 96 LY 00934).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;rsquo;est ainsi &amp;eacute;galement qu&amp;rsquo;en mati&amp;egrave;re de contrat, le Conseil d&amp;rsquo;Etat a r&amp;eacute;cemment confirm&amp;eacute; la jurisprudence selon laquelle lorsque l&amp;rsquo;annulation d&amp;rsquo;un acte d&amp;eacute;tachable du contrat implique n&amp;eacute;cessairement la r&amp;eacute;solution des conventions, il y a lieu d&amp;rsquo;en joindre &amp;agrave; la personne publique (a&amp;eacute;roport de Paris en l&amp;rsquo;esp&amp;egrave;ce), s&amp;rsquo;il ne peut obtenir de ces cocontractants qu&amp;rsquo;ils acceptent la r&amp;eacute;solution des conventions d&amp;rsquo;un commun accord des parties, de solliciter du Juge du contrat cette r&amp;eacute;solution dans le d&amp;eacute;lai de 2 mois (Conseil d&amp;rsquo;Etat, section, 26 mars 1999, soci&amp;eacute;t&amp;eacute; HERTZ FRANCE et autres : RF DA 1999, page, 9777).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour un autre exemple d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution d&amp;eacute;taill&amp;eacute;e, sollicit&amp;eacute; par voie de conclusions ad&amp;rsquo;hoc, le Conseil d&amp;rsquo;Etat a estim&amp;eacute; que l&amp;rsquo;annulation de la d&amp;eacute;cision d&amp;rsquo;un Pr&amp;eacute;fet enjoignant &amp;agrave; un automobiliste de restituer son permis de conduire pour d&amp;eacute;faut de points impliquait n&amp;eacute;cessairement non seulement que l&amp;rsquo;administration restitue le permis, mais &amp;eacute;galement reconnaisse &amp;agrave; l&amp;rsquo;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; le b&amp;eacute;n&amp;eacute;fice des points ill&amp;eacute;galement retir&amp;eacute;s, ce qui suppose, sur le fondement de l&amp;rsquo;article L.911-2, de prendre les mesures n&amp;eacute;cessaires dans un d&amp;eacute;lai d&amp;eacute;termin&amp;eacute; (Conseil d&amp;rsquo;Etat, 28 juillet 2000, BOULLAY, requ&amp;ecirc;te num&amp;eacute;ro 220301).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors qu&amp;rsquo;un recours indemnitaire, ou qu&amp;rsquo;un recours pour exc&amp;egrave;s de pouvoir de mani&amp;egrave;re classique se concentre sur le fondement de la responsabilit&amp;eacute; ou sur les moyens d&amp;rsquo;annulation de l&amp;rsquo;acte, la r&amp;eacute;forme de 1995, a permis &amp;agrave; ceux qui r&amp;eacute;digent les requ&amp;ecirc;tes de se projeter au-del&amp;agrave; de l&amp;rsquo;instance &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&amp;eacute;terminer qu&amp;rsquo;elles seraient les mesures d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution et donc qu&amp;rsquo;elle &amp;eacute;tait &amp;eacute;galement la v&amp;eacute;ritable volont&amp;eacute; du client.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il doit &amp;ecirc;tre ainsi pris en compte la dur&amp;eacute;e de jugement devant les juridictions administratives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rappel de ces d&amp;eacute;lais fait parfois bondir les Juges Administratifs mais les statistiques et les constats sont bien l&amp;agrave;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Compte tenu de ce d&amp;eacute;lai, la plupart du temps tr&amp;egrave;s important, il est essentiel de d&amp;eacute;finir avec le client qu&amp;rsquo;elle est le but final dans la mesure o&amp;ugrave; l&amp;rsquo;annulation de l&amp;rsquo;acte au bout de plusieurs ann&amp;eacute;es de proc&amp;eacute;dure a parfois un peut perdu de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t qu&amp;rsquo;il pouvait avoir initialement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, si cette possibilit&amp;eacute; de faire adresser &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration des injonctions a ouvert de nouvelles perspectives, il faut rappeler la r&amp;eacute;serve, qui para&amp;icirc;t aujourd&amp;rsquo;hui &amp;eacute;vidente mais qui a pu ne pas l&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre, en vertu de laquelle en dehors des hypoth&amp;egrave;ses o&amp;ugrave; les mesures sollicit&amp;eacute;es constituent des mesures d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision rendue par lui, il n&amp;rsquo;appartient pas Juge Administratif d&amp;rsquo;adresser des injonctions &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration (Conseil d&amp;rsquo;Etat, 21 juin 1995, Mademoiselle B&amp;OElig;UF, requ&amp;ecirc;te num&amp;eacute;ro 106701).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c&amp;rsquo;est dire que l&amp;rsquo;injonction ne peut jamais constituer l&amp;rsquo;objet de la demande principale faite au Juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, on doit rappeler ici que les demandes d&amp;rsquo;injonctions concernent &amp;agrave; la fois les personnes priv&amp;eacute;es et les personnes publiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, les personnes publiques peuvent saisir de conclusions aux fins d&amp;rsquo;injonction et d&amp;rsquo;astreintes le Juge &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre d&amp;rsquo;une autre personne publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil d&amp;rsquo;Etat a ainsi enjoint au Premier Ministre de proc&amp;eacute;der &amp;agrave; un nouvel examen de la demande d&amp;rsquo;une commune aux fins d&amp;rsquo;inscription d&amp;rsquo;un quartier sur la liste des zones urbaines sensibles dans un d&amp;eacute;lai de deux mois (Conseil d&amp;rsquo;Etat, 19 mai 1999, commune de &lt;br /&gt;
Mons-En-Baroeul, requ&amp;ecirc;te num&amp;eacute;ro 185768).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
II Le changement de comportement du juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A) Un administrateur efficace&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que le proc&amp;egrave;s civil est &amp;laquo; la chose des parties &amp;raquo; et que le juge se borne &amp;agrave; trancher un diff&amp;eacute;rend sur le fondement du d&amp;eacute;bat qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; cr&amp;eacute;&amp;eacute; par les parties &amp;agrave; l&amp;rsquo;instance, le juge administratif se comporte, de plus en plus, comme un administrateur, ce qui renforce son efficacit&amp;eacute;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela faisait partie d&amp;rsquo;ailleurs des &amp;eacute;l&amp;eacute;ments qui se lisaient en filigrane dans les discussions qui ont pr&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute; l&amp;rsquo;adoption de la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995. Le S&amp;eacute;nateur FAUCHON, rapporteur du projet de loi au s&amp;eacute;nat a indiqu&amp;eacute; ainsi que &amp;laquo; m&amp;ecirc;me si ces d&amp;eacute;cisions s&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cutent assez facilement, l&amp;agrave; n&amp;rsquo;est pas le probl&amp;egrave;me. Le probl&amp;egrave;me est que toute d&amp;eacute;cision de justice doit s&amp;rsquo;accompagner de mesures assurant l&amp;rsquo;efficacit&amp;eacute; de cette d&amp;eacute;cision &amp;raquo;. Et le Garde des Sceaux de l&amp;rsquo;&amp;eacute;poque, Monsieur Pierre MEHAIGNERIE insistait sur le caract&amp;egrave;re p&amp;eacute;dagogique de la r&amp;eacute;forme : &amp;laquo; en explicitant clairement ce qu&amp;rsquo;impose l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution du jugement, le Juge administratif ne fait qu&amp;rsquo;aider et &amp;eacute;clairer l&amp;rsquo;administration &amp;raquo;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette mont&amp;eacute;e en puissance du juge administrateur ne s&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs pas faite sans crainte Mais le juge administratif a su utiliser ses pouvoirs en administrateur prudent. Ainsi, en mati&amp;egrave;re de fonction publique, qui repr&amp;eacute;sente une part importante du contentieux de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution, l&amp;rsquo;annulation de la r&amp;eacute;vocation d&amp;rsquo;un agent public implique n&amp;eacute;cessairement la r&amp;eacute;int&amp;eacute;gration de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; &amp;agrave; la date de &amp;eacute;viction et, s&amp;rsquo;agissant d&amp;rsquo;un fonctionnaire, la reconstitution de sa carri&amp;egrave;re (conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat, 29 d&amp;eacute;cembre 1995, KAVVADIAS : Rec CE 1995, page 477).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais dans d&amp;rsquo;autres hypoth&amp;egrave;ses moins &amp;eacute;videntes, l&amp;rsquo;indication des mesures d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution impliqu&amp;eacute;es par ses d&amp;eacute;cisions a permis au Juge administratif de s&amp;rsquo;immiscer largement dans un domaine r&amp;eacute;serv&amp;eacute; jusque l&amp;agrave; &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration et de restreindre la libert&amp;eacute; traditionnelle dont celle-ci b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiait auparavant par le choix des moyens d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution. C&amp;rsquo;est ainsi que le juge a d&amp;eacute;cid&amp;eacute;, ce qui ne paraissait pas &amp;eacute;vident, que l&amp;rsquo;annulation d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision d&amp;eacute;chargeant un fonctionnaire de ses fonctions implique n&amp;eacute;cessairement l&amp;rsquo;obligation de remettre l&amp;rsquo;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; en possession du poste dont il a &amp;eacute;t&amp;eacute; ill&amp;eacute;galement priv&amp;eacute; (CE, 2 juillet 1999, n&amp;deg; 190474, HIRSH-MARRIE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans d&amp;rsquo;autres hypoth&amp;egrave;ses, c&amp;rsquo;est encore moins &amp;eacute;vident. Monsieur Christopher CHARLES, dans son article publi&amp;eacute; dans le dernier num&amp;eacute;ro de la revue droit administratif donne 1 exemple , dans lequel le tribunal administratif ne se contente pas de r&amp;eacute;parer le pr&amp;eacute;judice financier subi par le requ&amp;eacute;rant du fait de l&amp;rsquo;effondrement d&amp;rsquo;une digue mais il ordonne &amp;eacute;galement au d&amp;eacute;partement l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution, dans un d&amp;eacute;lai de 6 mois, de travaux de r&amp;eacute;fection de la digue. On peut pourtant s&amp;rsquo;interroger sur la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; d&amp;rsquo;une telle condamnation .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De la m&amp;ecirc;me mani&amp;egrave;re, apr&amp;egrave;s avoir annul&amp;eacute; le refus du Pr&amp;eacute;sident de l&amp;rsquo;Universit&amp;eacute; Rennes II d&amp;rsquo;inscrire les requ&amp;eacute;rants en premi&amp;egrave;re ann&amp;eacute;e DEUG-STAPS comme contraire au principe de la libert&amp;eacute; de tout candidat d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre inscrit dans l&amp;rsquo;&amp;eacute;tablissement de son choix, le juge devait-il pour autant faire droit aux conclusions qui tendaient &amp;agrave; faire ordonner l&amp;rsquo;inscription initialement refus&amp;eacute;e ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers ces exemples de mesures d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution, qui traduisent une libert&amp;eacute; &amp;agrave; laquelle le juge ne se serait pas laiss&amp;eacute; aller avant 1995, on constate un bouleversement d&amp;rsquo;une partie de l&amp;rsquo;&amp;eacute;quilibre qui existait au sein de l&amp;rsquo;organisation administrative entre l&amp;rsquo;administration et le juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui &amp;eacute;tait impossible hier est possible aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B) S&amp;eacute;curit&amp;eacute; juridique accrue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fort heureusement, l&amp;rsquo;utilisation parcimonieuse de telles mesures a permis de pouvoir continuer &amp;agrave; discerner le juge de l&amp;rsquo;administration qu&amp;rsquo;il contr&amp;ocirc;le. On peut m&amp;ecirc;me consid&amp;eacute;rer que par ce biais, c&amp;rsquo;est une s&amp;eacute;curit&amp;eacute; juridique accrue qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; apport&amp;eacute;e aux administrateurs en leur &amp;eacute;vitant d&amp;rsquo;avoir &amp;agrave; proc&amp;eacute;der eux-m&amp;ecirc;mes &amp;agrave; l&amp;rsquo;interpr&amp;eacute;tation des jugements dont la port&amp;eacute;e est d&amp;eacute;sormais plus clairement explicit&amp;eacute;e. Du c&amp;ocirc;t&amp;eacute; des juges, l&amp;rsquo;innovation pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;e par les injonctions a priori, qui force les juridictions administratives &amp;agrave; d&amp;eacute;finir les modalit&amp;eacute;s d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution de leurs jugements et arr&amp;ecirc;ts, a aussi &amp;eacute;t&amp;eacute; b&amp;eacute;n&amp;eacute;fique. Cette n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; d&amp;rsquo;indiquer les mesures n&amp;eacute;cessaires impliqu&amp;eacute;es par l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution du jugement am&amp;egrave;ne les magistrats &amp;agrave; motiver leurs jugements dans le sens qui permettra l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution la plus ais&amp;eacute;e. Cette obligation d&amp;rsquo;aller vers le plus efficace, source de jugements moins obscurs, plus compr&amp;eacute;hensibles, est finalement profitable, &amp;agrave; la fois pour la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute; de la juridiction administrative et pour l&amp;rsquo;administration en ce qu&amp;rsquo;elle facilite le suivi de l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un correcteur &amp;ndash;bient&amp;ocirc;t &amp;eacute;lectronique (cf suppra)- de trajectoire. Il faut souligner &amp;eacute;galement dans notre propos l&amp;rsquo;extension du pouvoir d&amp;rsquo;injonction du juge administratif par l&amp;rsquo;interm&amp;eacute;diaire de la r&amp;eacute;forme des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s. Ainsi en mati&amp;egrave;re de r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; de suspension, l&amp;rsquo;extension du champ d&amp;rsquo;application du pouvoir de suspension, qui peut d&amp;eacute;sormais concerner une d&amp;eacute;cision administrative de rejet, et qui s&amp;rsquo;apparente &amp;agrave; une injonction puisqu&amp;rsquo;une telle suspension se traduit par une obligation de faire &amp;agrave; la charge de l&amp;rsquo;administration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, que la suspension mette &amp;agrave; la charge de l&amp;rsquo;administration une obligation de ne pas faire ou une obligation de faire, le juge des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s peut combiner les pouvoirs qu&amp;rsquo;il tient de la loi du 30 juin 2000 avec ceux de la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995, et assortir le prononc&amp;eacute; de la suspension de l&amp;rsquo;indication des obligations qui en d&amp;eacute;couleront pour l&amp;rsquo;administration. Comme le juge du principal &amp;agrave; la suite de la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995, il peut donc pr&amp;eacute;ciser si la suspension implique le r&amp;eacute;examen de la demande dans un d&amp;eacute;lai d&amp;eacute;termin&amp;eacute;e ou l&amp;rsquo;&amp;eacute;diction de toute mesure conservatoire utile, compte tenu de l&amp;rsquo;objet du litige, du moyen retenu et de l&amp;rsquo;urgence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l&amp;rsquo;hypoth&amp;egrave;se d&amp;rsquo;un r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; libert&amp;eacute;, les pouvoirs du juge administratif sont encore plus consid&amp;eacute;rables. Selon l&amp;rsquo;article L521-2 du Code de Justice Administrative, le juge, en mati&amp;egrave;re de r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; libert&amp;eacute; peut ordonner &amp;laquo; toute mesure n&amp;eacute;cessaire &amp;raquo; et peut &amp;ecirc;tre saisi aussi bien &amp;agrave; propos d&amp;rsquo;un acte juridique que d&amp;rsquo;un agissement mat&amp;eacute;riel, d&amp;rsquo;une inertie aussi bien que d&amp;rsquo;une action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette injonction, si elle n&amp;rsquo;est que provisoire, n&amp;rsquo;en est moins d&amp;rsquo;une redoutable efficacit&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le juge des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s a ainsi par exemple, en mati&amp;egrave;re de droits des &amp;eacute;trangers enjoint &amp;agrave; un pr&amp;eacute;fet de restituer sous astreinte des passeports et des cartes nationales d&amp;rsquo;identit&amp;eacute; retir&amp;eacute;s aux membres d&amp;rsquo;une famille dans l&amp;rsquo;attente des suites donn&amp;eacute;es aux d&amp;eacute;marches entreprises en vue d&amp;rsquo;&amp;eacute;tablir leur nationalit&amp;eacute; fran&amp;ccedil;aise (CE, ordonnance, 2 avril 2001, n&amp;deg;231965, Ministre de l&amp;rsquo;Int&amp;eacute;rieur contre consorts MARCEL), ou encore enjoint de d&amp;eacute;livrer un r&amp;eacute;c&amp;eacute;piss&amp;eacute; de demande d&amp;rsquo;asile territorial ou de titre de s&amp;eacute;jour (CE, ordonnance 12 novembre 2001, n&amp;deg;239792, Ministre de l&amp;rsquo;Int&amp;eacute;rieur contre Madame FARHOUD ; CE, ordonnance 12 novembre 2001, Ministre de l&amp;rsquo;Int&amp;eacute;rieur contre Mademoiselle BECHAR).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Pr&amp;eacute;sident LABETOULLE a indiqu&amp;eacute; lui-m&amp;ecirc;me que ce pouvoir d&amp;rsquo;injonction trouvait son inspiration directe dans la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 (D. LABETOULLE, le projet de r&amp;eacute;forme des proc&amp;eacute;dures d&amp;rsquo;urgence devant le juge administratif : AJDA 1999, num&amp;eacute;ro sp&amp;eacute;cial, page 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette tendance du juge administrateur, qui explique en d&amp;eacute;tail les motifs de sa d&amp;eacute;cision, entre parfois dans des d&amp;eacute;tails qui font dire au Professeur CHAPUS que le principe de la s&amp;eacute;paration des pouvoirs est &amp;laquo; plus ou moins froiss&amp;eacute;e &amp;raquo;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, dans les arr&amp;ecirc;ts soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; objet sportif Toulouse Football Club, VASSILIKIOTIS, et TITRAN, le Conseil d&amp;rsquo;Etat a indiqu&amp;eacute; en d&amp;eacute;tail les mesures d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution qui d&amp;eacute;coulaient selon lui de l&amp;rsquo;annulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; objet sportif Toulouse Football Club, le conseil d&amp;rsquo;Etat, apr&amp;egrave;s avoir annul&amp;eacute; la d&amp;eacute;cision de la commission d&amp;rsquo;organisation des comp&amp;eacute;titions de la Ligue Nationale de Football en date du 22 mai 2001 qui avait refus&amp;eacute; d&amp;rsquo;annuler les r&amp;eacute;sultats de la rencontre ayant oppos&amp;eacute; le 2 d&amp;eacute;cembre 2000 le club de Toulouse &amp;agrave; l&amp;rsquo;AS SAINT ETIENNE, pr&amp;eacute;cise nettement les cons&amp;eacute;quences de ladite annulation, donnant par la m&amp;ecirc;me, selon les mots du Professeur Jean Fran&amp;ccedil;ois LACHAUME, &amp;laquo; un v&amp;eacute;ritable cours de droit positif sur l&amp;rsquo;homologation des r&amp;eacute;sultats des championnats f&amp;eacute;d&amp;eacute;raux &amp;raquo; (JF LACHAUME, observations sous CE, section, 25 juin 2001, revue juridique et &amp;eacute;conomique du sport, mars 2002 page 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat fait preuve de la m&amp;ecirc;me diligence dans l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t VASSILIKIOTIS o&amp;ugrave;, apr&amp;egrave;s avoir annul&amp;eacute; partiellement un arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; minist&amp;eacute;riel ill&amp;eacute;gal fixant les conditions de d&amp;eacute;livrance de la carte professionnelle n&amp;eacute;cessaire &amp;agrave; l&amp;rsquo;exercice de la profession de guide touriste, il indique &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration quel doit &amp;ecirc;tre son comportement transitoire jusqu&amp;rsquo;&amp;agrave; ce qu&amp;rsquo;elle ait rem&amp;eacute;di&amp;eacute; &amp;agrave; l&amp;rsquo;ill&amp;eacute;galit&amp;eacute; de son arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; en compl&amp;eacute;tant la r&amp;eacute;glementation d&amp;eacute;faillante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette m&amp;ecirc;me volont&amp;eacute; se retrouve enfin dans l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t TITRAN o&amp;ugrave; le juge, apr&amp;egrave;s avoir annul&amp;eacute; le refus du Ministre de la Justice d&amp;rsquo;abroger deux arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;s ill&amp;eacute;gaux relatifs &amp;agrave; la mise en &amp;oelig;uvre dans les Tribunal de Grande Instance un syst&amp;egrave;me de gestion automatis&amp;eacute;e des proc&amp;eacute;dures, guide l&amp;rsquo;administration sur la voie de la l&amp;eacute;galit&amp;eacute; en lui indiquant l&amp;rsquo;ensemble des solutions envisageables. Enfin, on ne peut terminer ce propos sans faire r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence &amp;agrave; la d&amp;eacute;cision &amp;laquo; association AC ! &amp;raquo; rendue par le conseil d&amp;rsquo;Etat en 2004. En effet, cet arr&amp;ecirc;t marque un changement dans les pouvoirs du juge puisqu&amp;rsquo;il se reconna&amp;icirc;t le pouvoir de rechercher si l&amp;rsquo;annulation r&amp;eacute;troactive d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;cision administrative ne risque pas d&amp;rsquo;avoir des cons&amp;eacute;quences manifestement excessives sur des situations qui pouvaient &amp;ecirc;tre regard&amp;eacute;es comme acquises, stabilis&amp;eacute;es.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le juge prend donc en consid&amp;eacute;ration, ce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait jamais fait auparavant, les cons&amp;eacute;quences de la r&amp;eacute;troactivit&amp;eacute; &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;gard des diff&amp;eacute;rents int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts publics et priv&amp;eacute;s y compris ceux du requ&amp;eacute;rant. Il prend &amp;eacute;galement en consid&amp;eacute;ration les inconv&amp;eacute;nients qui r&amp;eacute;sulteraient d&amp;rsquo;une limitation dans le temps. Ainsi, si cet examen le conduit &amp;agrave; estimer qu&amp;rsquo;il est plus sage de limiter dans le temps les effets r&amp;eacute;troactifs, le Juge pourra prononcer cette limitation et m&amp;ecirc;me diff&amp;eacute;rer les effets de l&amp;rsquo;annulation &amp;agrave; une date post&amp;eacute;rieure &amp;agrave; sa d&amp;eacute;cision. Sur cette &amp;eacute;volution, le juge administratif s&amp;rsquo;est pass&amp;eacute; de fondement textuel, ce dont il a une certaine exp&amp;eacute;rience, en se fondant uniquement sur le pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent de la Cour de Justice des communaut&amp;eacute;s europ&amp;eacute;ennes. Selon le Vice Pr&amp;eacute;sident du conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat lui-m&amp;ecirc;me, cette possibilit&amp;eacute; ouverte aux juges de ne pas provoquer une catastrophe en pronon&amp;ccedil;ant une annulation viendra au soutien du principe de l&amp;eacute;galit&amp;eacute;. Il avoue d&amp;rsquo;ailleurs que &amp;laquo; dans le pass&amp;eacute;, le conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat a parfois fait des efforts pour sauver des d&amp;eacute;cisions de l&amp;rsquo;ill&amp;eacute;galit&amp;eacute; qui &amp;eacute;taient tr&amp;egrave;s s&amp;eacute;rieusement contest&amp;eacute;es, en s&amp;rsquo;attachant &amp;agrave; l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral qui s&amp;rsquo;attache au maintien des situations acquises &amp;raquo;.&amp;laquo; Nous avons fait des efforts pour sauver, au nom de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral, des d&amp;eacute;cisions qui auraient pu &amp;ecirc;tre annul&amp;eacute;es &amp;raquo;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conclusions&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans certaines hypoth&amp;egrave;ses, fort heureusement extr&amp;ecirc;mement r&amp;eacute;duites, le dispositif mis en place par la loi du 8 f&amp;eacute;vrier 1995 ne suffit pas &amp;agrave; permettre l&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution des d&amp;eacute;cisions de mani&amp;egrave;re satisfaisante :&lt;br /&gt;
- Le cas de la personne morale de droit public extr&amp;ecirc;mement r&amp;eacute;calcitrante ;&lt;br /&gt;
- Le cas de la personne morale de droit priv&amp;eacute;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les juges administratifs font remarquer que les difficult&amp;eacute;s d&amp;rsquo;ex&amp;eacute;cution sont exactement les m&amp;ecirc;mes que celles qui existent dans le contentieux des juridictions judiciaires lorsque le d&amp;eacute;biteur est particuli&amp;egrave;rement r&amp;eacute;calcitrant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
</description>
	<pubDate>Wed, 01 Jun 2005 08:27:19 +0200</pubDate>
	</item>
<item>
			<title>LA FAUTE CARACTERISEE</title>
	<link>http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-19-la-faute-caracterisee</link>
	<guid isPermaLink="true">http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-19</guid>
	<description>&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Introduction &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mutations jurisprudentielles r&amp;eacute;centes de la responsabilit&amp;eacute; m&amp;eacute;dicale, puis l&amp;rsquo;adoption de la loi du 4 mars 2002 relative aux accidents m&amp;eacute;dicaux renouvellent consid&amp;eacute;rablement le r&amp;eacute;gime de la relation de soin qui organise le colloque singulier du patient et du m&amp;eacute;decin. L&amp;rsquo;irruption d&amp;rsquo;une responsabilit&amp;eacute; sans faute est accompagn&amp;eacute;e d&amp;rsquo;un m&amp;eacute;canisme d&amp;rsquo;indemnisation fond&amp;eacute; sur la solidarit&amp;eacute; nationale gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; la cr&amp;eacute;ation d&amp;rsquo;un fonds d&amp;rsquo;indemnisation des accidents th&amp;eacute;rapeutiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En contrepoint cependant, pour certains actes, il est dor&amp;eacute;navant exig&amp;eacute; une faute &amp;laquo;&amp;nbsp;caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e du m&amp;eacute;decin ou de l&amp;rsquo;&amp;eacute;tablissement hospitalier afin d&amp;rsquo;engager leur responsabilit&amp;eacute;. La cr&amp;eacute;ation de nouveaux concepts et la mise en &amp;oelig;uvre de nouveaux modes d&amp;rsquo;indemnisation pour la responsabilit&amp;eacute; m&amp;eacute;dicale invitent &amp;agrave; se demander si ce n&amp;rsquo;est pas tout le droit de la responsabilit&amp;eacute; qui se trouve boulevers&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &amp;eacute;volution&amp;nbsp;: oui, peut-&amp;ecirc;tre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Rappel du sujet&amp;nbsp;: &amp;eacute;volution de la notion de faute en responsabilit&amp;eacute; m&amp;eacute;dicale au regard de la loi du 4 mars 2002 et en particulier la mention particuli&amp;egrave;re de &amp;laquo;&amp;nbsp;faute m&amp;eacute;dicale caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e&amp;nbsp;&amp;raquo; dans l&amp;rsquo;article 1er. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Rappel du texte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On revoie imm&amp;eacute;diatement de spectre de la faute lourde se profiler. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans certaines notes de doctrine, on pu lire &amp;laquo;&amp;nbsp;les myst&amp;egrave;res de la faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e&amp;nbsp;&amp;raquo; (a propos de l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t du Conseil d&amp;rsquo;Etat du 19 f&amp;eacute;vrier 2003) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
I L&amp;rsquo;analyse textuelle &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A) Les indices d&amp;rsquo;une &amp;eacute;volution&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le l&amp;eacute;gislateur, qui trouvait sans doute que la responsabilit&amp;eacute; m&amp;eacute;dicale actuelle (2002) &amp;eacute;tait trop simple, ajoute &amp;agrave; la confusion. La mise en &amp;oelig;uvre de la responsabilit&amp;eacute; des m&amp;eacute;decins &amp;eacute;chographistes en cas de naissance d&amp;rsquo;un enfant handicap&amp;eacute; suite &amp;agrave; une erreur m&amp;eacute;dicale ne peut &amp;ecirc;tre engag&amp;eacute;e que pour faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;rsquo;est dire qu&amp;rsquo;il y a une modification de la consistance de la faute. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, il consacre une nouvelle cat&amp;eacute;gorie de faute, inconnue du droit de la sant&amp;eacute;, inconnue de nos cousins civilistes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;rsquo;introduction de cette nouvelle faute dans le paysage l&amp;eacute;gal ne choquerait pas le juriste si elle avait fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une d&amp;eacute;finition pr&amp;eacute;cise du le l&amp;eacute;gislateur. Mais il n&amp;rsquo;en est rien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&amp;eacute;bats parlementaires (compte rendu de la commission mixte paritaire)&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;laquo;&amp;nbsp;Le troisi&amp;egrave;me alin&amp;eacute;a du I du texte propos&amp;eacute; par votre commission a pour objet de pr&amp;eacute;ciser l&#039;&amp;eacute;tendue du pr&amp;eacute;judice dans le cas sp&amp;eacute;cifique o&amp;ugrave; la faute m&amp;eacute;dicale a &amp;eacute;t&amp;eacute; commise au cours du diagnostic pr&amp;eacute;natal et n&#039;a pas permis de d&amp;eacute;celer le handicap. Il r&amp;eacute;pond donc &amp;agrave; la situation particuli&amp;egrave;re &amp;eacute;voqu&amp;eacute;e dans l&#039;arr&amp;ecirc;t Perruche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la r&amp;eacute;daction adopt&amp;eacute;e par l&#039;Assembl&amp;eacute;e nationale, lorsque la responsabilit&amp;eacute; d&#039;un professionnel ou d&#039;un &amp;eacute;tablissement de sant&amp;eacute; est engag&amp;eacute;e vis-vis des parents, les titulaires de l&#039;autorit&amp;eacute; parentale peuvent demander une indemnisation li&amp;eacute;e &amp;agrave; la charge particuli&amp;egrave;re r&amp;eacute;sultant du handicap de l&#039;enfant et obtenir une indemnit&amp;eacute; destin&amp;eacute;e &amp;agrave; cette fin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne s&#039;agit pas d&#039;un droit de l&#039;enfant &amp;agrave; agir contre l&#039;auteur de la faute (contrairement &amp;agrave; la jurisprudence de la Cour de cassation), mais dans la mesure o&amp;ugrave; cette indemnit&amp;eacute; concerne la personne handicap&amp;eacute;e elle-m&amp;ecirc;me, cette indemnit&amp;eacute; lui est affect&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette indemnit&amp;eacute; correspond aux charges particuli&amp;egrave;res d&amp;eacute;coulant, tout au long de la vie de l&#039;enfant, de son handicap, d&amp;eacute;duction faite du montant des allocations et prestations dont cette personne b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficie au titre de la solidarit&amp;eacute; nationale ou de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; sociale. Les organismes sociaux ne peuvent exercer de recours &amp;agrave; l&#039;encontre de l&#039;auteur de la faute pour obtenir le remboursement des allocations et prestations vers&amp;eacute;es. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;oppos&amp;eacute; du choix fait par l&#039;Assembl&amp;eacute;e nationale, la r&amp;eacute;daction que vous propose votre commission limite l&#039;indemnisation des parents au seul pr&amp;eacute;judice moral, constitu&amp;eacute; par la perte de choix qu&#039;a occasionn&amp;eacute;e la faute de diagnostic. Par cette faute, le m&amp;eacute;decin a en effet priv&amp;eacute; les parents de la possibilit&amp;eacute; d&#039;interrompre cette grossesse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisi&amp;egrave;me alin&amp;eacute;a du I du texte propos&amp;eacute; par votre commission pr&amp;eacute;voit ainsi que, lorsque la responsabilit&amp;eacute; d&#039;un professionnel ou d&#039;un &amp;eacute;tablissement de sant&amp;eacute; est engag&amp;eacute;e vis-&amp;agrave;-vis des parents d&#039;un enfant n&amp;eacute; avec un handicap non d&amp;eacute;cel&amp;eacute; pendant la grossesse &amp;agrave; la suite d&#039;une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e, les parents ne peuvent demander une indemnit&amp;eacute; qu&#039;au titre de leur pr&amp;eacute;judice moral. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Votre commission a donc souhait&amp;eacute; que cette indemnisation ne soit ouverte qu&#039;aux seuls parents, et non aux titulaires de l&#039;autorit&amp;eacute; parentale qui, s&#039;ils ne sont pas les parents, n&#039;ont pas subi de pr&amp;eacute;judice moral. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a entendu couvrir tous les cas de handicap et non, comme dans le texte de l&#039;Assembl&amp;eacute;e nationale, les handicaps &amp;laquo;&amp;nbsp;d&#039;une particuli&amp;egrave;re gravit&amp;eacute;&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a &amp;eacute;galement vis&amp;eacute; la faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e et non, comme dans le texte de l&#039;Assembl&amp;eacute;e nationale, la faute lourde&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B) Les raisons possibles d&amp;rsquo;une &amp;eacute;volution, les objections.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;rsquo;est un des points les plus difficiles &amp;agrave; expliquer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains y ont vu un r&amp;eacute;gime d&amp;rsquo;exception, permettant de mettre les m&amp;eacute;decins &amp;agrave; l&amp;rsquo;abri. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux, &amp;eacute;galement expert de compagnie d&amp;rsquo;assurance, interview&amp;eacute; au Dalloz, &amp;agrave; la question &amp;laquo;&amp;nbsp;ce texte permet-il de retenir la responsabilit&amp;eacute; du m&amp;eacute;decin&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&amp;raquo;, r&amp;eacute;pond&amp;nbsp;: &amp;laquo;&amp;nbsp;il ne permet quasiment plus rien du tout. On nous parle d&amp;rsquo;une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e, terme soigneusement choisi par la repr&amp;eacute;sentation nationale (&amp;hellip;) on est en train de faire une loi d&amp;rsquo;exception qui exon&amp;egrave;re le m&amp;eacute;decin, le professionnel de sant&amp;eacute;, l&amp;rsquo;imageur et le gyn&amp;eacute;cologue de toute responsabilit&amp;eacute;. C&amp;rsquo;est la spirale terrifiante pour les patients. Aujourd&amp;rsquo;hui, cela touche l&amp;rsquo;imagerie m&amp;eacute;dicale, et tout ce qui est autour de la grossesse &amp;hellip; (&amp;hellip;) mais demain on pourrait envisager la m&amp;ecirc;me loi d&amp;rsquo;exception pour couvrir les radiologues et les chirurgiens&amp;nbsp;&amp;raquo; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
NON, on verra ensuite pourquoi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Travaux parlementaires (avis de Monsieur Pierre FAUCHON au nom de la commission des lois) : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;laquo;&amp;nbsp;Dans sa r&amp;eacute;flexion sur la question tr&amp;egrave;s difficile qui lui &amp;eacute;tait pos&amp;eacute;e, votre commission des lois a souhait&amp;eacute; prendre en consid&amp;eacute;ration les sp&amp;eacute;cificit&amp;eacute;s des activit&amp;eacute;s m&amp;eacute;dicales li&amp;eacute;es &amp;agrave; la grossesse sans pour autant remettre en cause les principes fondamentaux du droit de la responsabilit&amp;eacute;. Elle a d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de proposer plusieurs am&amp;eacute;nagements au dispositif adopt&amp;eacute; par l&#039;Assembl&amp;eacute;e nationale&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
en ce qui concerne le troisi&amp;egrave;me alin&amp;eacute;a du texte adopt&amp;eacute; par l&#039;Assembl&amp;eacute;e nationale, votre commission est favorable &amp;agrave; ce que les parents d&#039;une personne atteinte d&#039;un handicap non d&amp;eacute;cel&amp;eacute; pendant la grossesse &amp;agrave; la suite d&#039;une faute puissent obtenir une indemnit&amp;eacute; correspondant aux charges mat&amp;eacute;rielles d&amp;eacute;coulant, tout au long de la vie de cette personne, de son handicap lorsque les conditions suivantes sont r&amp;eacute;unies&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la faute commise doit &amp;ecirc;tre &amp;laquo;&amp;nbsp;lourde&amp;nbsp;&amp;raquo;&amp;nbsp;; certes, cette notion n&#039;existe plus dans notre droit&amp;nbsp;; toutefois, il ne para&amp;icirc;t pas anormal d&#039;indiquer aux juridictions que, dans le cas particulier des sp&amp;eacute;cialit&amp;eacute;s m&amp;eacute;dicales concern&amp;eacute;es par la grossesse, les fautes pouvant donner lieu &amp;agrave; une indemnit&amp;eacute; compensant les charges mat&amp;eacute;rielles particuli&amp;egrave;res r&amp;eacute;sultant du handicap doivent &amp;ecirc;tre fortement caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;es&amp;nbsp;; les activit&amp;eacute;s en cause sont en effet beaucoup plus d&amp;eacute;licates, en termes de diagnostic, que la plupart des autres activit&amp;eacute;s m&amp;eacute;dicales&amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le handicap doit &amp;ecirc;tre d&#039;une particuli&amp;egrave;re gravit&amp;eacute;&amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la m&amp;egrave;re doit avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; priv&amp;eacute;e de la possibilit&amp;eacute; de recourir &amp;agrave; une interruption de grossesse&amp;nbsp;; si, en effet, les conditions d&#039;une telle interruption n&#039;&amp;eacute;taient pas r&amp;eacute;unies, on per&amp;ccedil;oit mal sur quel fondement reposerait l&#039;action. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces diff&amp;eacute;rentes conditions doivent permettre de prendre en compte les particularit&amp;eacute;s des sp&amp;eacute;cialit&amp;eacute;s m&amp;eacute;dicales associ&amp;eacute;es au diagnostic pr&amp;eacute;natal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
II La lumi&amp;egrave;re de la jurisprudence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A) La jurisprudence elle-m&amp;ecirc;me&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 d&amp;eacute;cisions remarquables&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CE 19 f&amp;eacute;vrier 2003 Maurice / Assistance Publique des H&amp;ocirc;pitaux de Paris &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En l&#039;esp&amp;egrave;ce, ayant d&amp;eacute;j&amp;agrave; un enfant atteint d&#039;amyotrophie spinale infantile, une femme enceinte d&amp;eacute;cide d&#039;effectuer une amniocent&amp;egrave;se. Les r&amp;eacute;sultats d&#039;examen ne mettent en &amp;eacute;vidence aucun risque d&#039;amyotrophie spinale infantile. Or cette information s&#039;est av&amp;eacute;r&amp;eacute;e erron&amp;eacute;e en raison d&#039;une inversion des r&amp;eacute;sultats des analyses pratiqu&amp;eacute;es sur deux patientes par l&#039;APHP &amp;agrave; laquelle les analyses avaient &amp;eacute;t&amp;eacute; confi&amp;eacute;es par le CHU de Nancy. Les &amp;eacute;poux agissent en responsabilit&amp;eacute; contre l&#039;APHP en application de la jurisprudence Quarez. Les juges de premi&amp;egrave;re instance accordent en r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; une provision sur indemnisation de 152 449 euros aux parents de l&#039;enfant n&amp;eacute; handicap&amp;eacute; et ce en r&amp;eacute;paration tant de leur pr&amp;eacute;judice moral que mat&amp;eacute;riel incluant les frais entra&amp;icirc;n&amp;eacute;s par l&#039;&amp;eacute;tat de l&#039;enfant conform&amp;eacute;ment &amp;agrave; la jurisprudence du Conseil d&#039;Etat du 14 f&amp;eacute;vrier 1997. Saisie en appel de l&#039;ordonnance de r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;, la CAA de Paris statuant le 13 juin 2002 estime applicable au litige dont elle est saisie l&#039;article 1er de la loi du 4 mars 2002, cet article disposant qu&#039;il est applicable aux instances en cours. La Cour est ainsi conduite &amp;agrave; r&amp;eacute;duire consid&amp;eacute;rablement la provision sur indemnit&amp;eacute; accord&amp;eacute;e par les premiers juges aux parents de l&#039;enfant handicap&amp;eacute;, ces derniers ne pouvant r&amp;eacute;clamer en application de la loi nouvelle que la r&amp;eacute;paration de leur pr&amp;eacute;judice moral au titre de la responsabilit&amp;eacute; civile, le pr&amp;eacute;judice mat&amp;eacute;riel relevant de la solidarit&amp;eacute; nationale. Elle l&#039;a pratiquement divis&amp;eacute; par 10 en l&#039;estimant &amp;agrave; 15 245 euros. N&amp;eacute;anmoins, l&#039;arr&amp;ecirc;t est annul&amp;eacute; par le Conseil d&#039;Etat le 19 f&amp;eacute;vrier 2003, la Cour d&#039;appel n&#039;ayant pas recherch&amp;eacute; comme le lui demandait le d&amp;eacute;fendeur si la faute commise &amp;eacute;tait caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e au sens de la loi du 4 mars 2002. Statuant &amp;agrave; nouveau, le Conseil d&#039;Etat estime qu&#039;il n&#039;est pas s&amp;eacute;rieusement contestable que l&#039;inversion des r&amp;eacute;sultats d&#039;analyses pratiqu&amp;eacute;es sur deux patientes est constitutive d&#039;une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e ouvrant droit &amp;agrave; r&amp;eacute;paration en application de l&#039;article 1er de la loi du 4 mars 2002. Il fixe &amp;agrave; 50000 euros le montant de l&#039;indemnit&amp;eacute; provisionnelle mise &amp;agrave; la charge de l&#039;APHP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la premi&amp;egrave;re fois, l&amp;rsquo;assistance publique des h&amp;ocirc;pitaux de Paris soutenait devant la CAA de Paris que la faute commise (l&amp;rsquo;inversion) des r&amp;eacute;sultats des analyses) ne constituait pas une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e au sens des disposition de la loi nouvelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi est jug&amp;eacute;e applicable, mais le Conseil d&amp;rsquo;Etat censure la cour pour n&amp;rsquo;avoir pas suffisamment motiv&amp;eacute; son arr&amp;ecirc;t.&amp;nbsp; Cette solution &amp;eacute;tait parfaite et on attendait que le conseil d&amp;rsquo;Etat s&amp;rsquo;applique &amp;agrave; lui-m&amp;ecirc;me cette obligation de motivation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et le Conseil d&amp;rsquo;Etat de d&amp;eacute;cider&amp;nbsp; dans un consid&amp;eacute;rant extr&amp;ecirc;mement laconique&amp;nbsp;: &amp;laquo;&amp;nbsp;il n&amp;rsquo;est pas s&amp;eacute;rieusement contestable que de tels faits, constitutifs d&amp;rsquo;une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e ayant priv&amp;eacute; M et Mme M de la possibilit&amp;eacute; de recourir &amp;agrave; une interruption volontaire de grossesse pour motif th&amp;eacute;rapeutique, ouvrent droit &amp;agrave; r&amp;eacute;paration en application de l&amp;rsquo;article 1er de la loi du 4 mars 2002&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pourra soutenir que cela est justifi&amp;eacute; par le fait que&amp;nbsp; &amp;egrave; r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; provision. Et pas la meilleur proc&amp;eacute;dure pour marquer l&amp;rsquo;&amp;eacute;volution, mais bon &amp;hellip; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CAA MARSEILLE 19 f&amp;eacute;vrier 2004 Assistance Publique des H&amp;ocirc;pitaux de Marseille / Monnier &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le d&amp;eacute;faut d&#039;information sur la marge d&#039;erreur affectant les r&amp;eacute;sultats d&#039;un pr&amp;eacute;l&amp;egrave;vement ant&amp;eacute;natal constitue une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un arr&amp;ecirc;t de la cour administrative d&amp;rsquo;appel de Marseille du 19 f&amp;eacute;vrier 2004 constitue une nouvelle application de l&amp;rsquo;article premier de la loi du 4 mars 2002 dit &amp;laquo; dispositif anti-Perruche &amp;raquo; et, plus particuli&amp;egrave;rement, une nouvelle application de la notion de faute &amp;laquo; caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e &amp;raquo; qui est d&amp;eacute;sormais n&amp;eacute;cessaire pour engager la responsabilit&amp;eacute; sur le fondement de ce texte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En l&#039;esp&amp;egrave;ce une femme enceinte, d&amp;eacute;j&amp;agrave; m&amp;egrave;re d&amp;rsquo;un enfant atteint de mucoviscidose, avait subi un pr&amp;eacute;l&amp;egrave;vement de tissu ovulaire afin de d&amp;eacute;terminer si le f&amp;oelig;tus &amp;eacute;tait porteur de la m&amp;ecirc;me maladie. L&amp;rsquo;analyse avait conclu que l&amp;rsquo;enfant &amp;eacute;tait sain mais il &amp;eacute;tait n&amp;eacute; atteint de mucoviscidose. Par jugement en date du 30&amp;nbsp;juin 1999, le tribunal administratif avait d&amp;eacute;cid&amp;eacute; que l&amp;rsquo;&amp;eacute;tablissement avait commis une faute en n&amp;rsquo;informant pas la patiente de la marge d&amp;rsquo;erreur existante &amp;agrave; l&amp;rsquo;occasion du pr&amp;eacute;l&amp;egrave;vement effectu&amp;eacute; et l&amp;rsquo;avait condamn&amp;eacute; &amp;agrave; payer une somme de 100 000 F &amp;agrave; chacun des &amp;eacute;poux et &amp;agrave; verser une rente mensuelle de 5 000 F jusqu&amp;rsquo;&amp;agrave; la majorit&amp;eacute; de l&amp;rsquo;enfant. En appel, l&amp;rsquo;&amp;eacute;tablissement faisait valoir que les principes applicables &amp;agrave; la mati&amp;egrave;re ont &amp;eacute;t&amp;eacute; fix&amp;eacute;s par l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t &amp;laquo; Quarez &amp;raquo; du Conseil d&amp;rsquo;&amp;Eacute;tat (CE, 14 f&amp;eacute;vr. 1997, Quarez) et que, selon cette d&amp;eacute;cision, c&amp;rsquo;est seulement lorsque la marge d&amp;rsquo;erreur est inhabituelle qu&amp;rsquo;elle doit &amp;ecirc;tre signal&amp;eacute;e au patient. Or, en l&amp;rsquo;esp&amp;egrave;ce, la marge d&amp;rsquo;erreur affectant les r&amp;eacute;sultats du pr&amp;eacute;l&amp;egrave;vement &amp;eacute;tait une marge habituelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rejeter cette argumentation, la cour d&#039;appel rel&amp;egrave;ve que, dans la mesure o&amp;ugrave; le pr&amp;eacute;l&amp;egrave;vement effectu&amp;eacute; &amp;eacute;tait de petite quantit&amp;eacute;, ce qui rendait difficile le tri entre tissu maternel et tissu f&amp;oelig;tal, un deuxi&amp;egrave;me pr&amp;eacute;l&amp;egrave;vement aurait d&amp;ucirc; &amp;ecirc;tre propos&amp;eacute;, ce qui n&amp;rsquo;avait pas &amp;eacute;t&amp;eacute; fait et que les &amp;eacute;poux n&amp;rsquo;avaient pas &amp;eacute;t&amp;eacute; inform&amp;eacute;s de la marge d&amp;rsquo;erreur susceptible d&amp;rsquo;affecter le r&amp;eacute;sultat. Elle en d&amp;eacute;duit que le service hospitalier a commis une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e au sens des dispositions de l&amp;rsquo;article premier de la loi du 4 mars 2002. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette faute est par ailleurs en relation de causalit&amp;eacute; avec le pr&amp;eacute;judice invoqu&amp;eacute;, d&amp;egrave;s lors qu&amp;rsquo;il est constant que la m&amp;egrave;re aurait &amp;eacute;t&amp;eacute; en droit de recourir &amp;agrave; une interruption de grossesse pour motif th&amp;eacute;rapeutique si l&amp;rsquo;infirmit&amp;eacute; de l&amp;rsquo;enfant avait &amp;eacute;t&amp;eacute; diagnostiqu&amp;eacute;e. Cette d&amp;eacute;cision s&amp;rsquo;inscrit donc dans le mouvement jurisprudentiel selon lequel la faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e ne suppose pas une faute d&amp;rsquo;une gravit&amp;eacute; particuli&amp;egrave;re, mais seulement une faute incontestable, &amp;eacute;tablie avec certitude &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, et par application de l&amp;rsquo;article premier de la loi du 4 mars 2002, le jugement est r&amp;eacute;form&amp;eacute; dans ses dispositions relatives au pr&amp;eacute;judice r&amp;eacute;parable. Le tribunal administratif avait en effet allou&amp;eacute; une rente mensuelle de 5 000 F en r&amp;eacute;paration de la charge mat&amp;eacute;rielle r&amp;eacute;sultant du pr&amp;eacute;judice de l&amp;rsquo;enfant. La cour d&amp;eacute;cide que les parents ne peuvent obtenir r&amp;eacute;paration que de leur seul pr&amp;eacute;judice moral et leur indemnisation est donc limit&amp;eacute;e &amp;agrave; la somme de 100 000 F (15 244,90 euros) chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conclusion&amp;nbsp;: si le juge avait entendu estimer que la mention de &amp;laquo;&amp;nbsp;caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e&amp;nbsp;&amp;raquo; &amp;eacute;tait superflue et ne changeait rien, il n&amp;rsquo;aurait sans doute pas repris ce terme et aurait balay&amp;eacute; d&amp;rsquo;un consid&amp;eacute;rant acerbe la notion m&amp;ecirc;me. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B) Les hypoth&amp;egrave;ses&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- j&amp;rsquo;&amp;eacute;carte imm&amp;eacute;diatement l&amp;rsquo;id&amp;eacute;e que les juridictions administratives jouent avec nos nerfs &amp;hellip; utiliser ces termes puis nous dire que cela n&amp;rsquo;a pas d&amp;rsquo;incidence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne peut s&amp;rsquo;agir d&amp;rsquo;une retour pur et simple de la faute lourde&amp;nbsp;: pas de&amp;nbsp; retour en arri&amp;egrave;re de 10 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e n&amp;rsquo;est pas d&amp;eacute;finie dans la loi du 4 mars 2002. MAIS, elle existe ailleurs&amp;nbsp;: consacr&amp;eacute;e en droit p&amp;eacute;nal au titre de la d&amp;eacute;finition de la faute p&amp;eacute;nale non intentionnelle par la loi du 10 juillet 2000. Le juge p&amp;eacute;nal quant &amp;agrave; lui semble consid&amp;eacute;rer que cette faute (dixit Monsieur MISTRETTA, Ma&amp;icirc;tre de conf&amp;eacute;rence &amp;agrave; Clermont-Ferrand) sur un double crit&amp;egrave;re, ais&amp;eacute;ment transposable en droit de la sant&amp;eacute;&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- intensit&amp;eacute; de la faute commise: la faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e est cette faute si grave qu&amp;rsquo;elle justifie la mise en jeu de la responsabilit&amp;eacute; du m&amp;eacute;decin alors que la loi a entendu les prot&amp;eacute;ger avec le dispositif anti-Perruche. Il s&amp;rsquo;agirait donc d&amp;rsquo;une faute qui d&amp;eacute;passerait la faute simple pour pr&amp;eacute;senter des liens de parent&amp;eacute; avec la faute lourde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Evidence de la faute commise: le comportement fautif devient caract&amp;eacute;ris&amp;eacute; lorsqu&amp;rsquo;il traduit une violation des devoirs les plus &amp;eacute;l&amp;eacute;mentaires de tout professionnel de sant&amp;eacute;. Une des premi&amp;egrave;res obligations d l&amp;rsquo;&amp;eacute;tablissement de sant&amp;eacute; est bien de v&amp;eacute;rifier que les analyses faites correspondent &amp;agrave; ce patient ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux crit&amp;egrave;res ont &amp;eacute;t&amp;eacute; utilis&amp;eacute;s par la CAA de Lyon 11 f&amp;eacute;vrier 2003 req n&amp;deg; 00LY00919. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Rejoint en partie mon hypoth&amp;egrave;se personnelle qui consiste &amp;agrave; penser que la faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e est une faute document&amp;eacute;e, ramenant ici le crit&amp;egrave;re sur le terrain de la preuve. En mati&amp;egrave;re de responsabilit&amp;eacute; pour faute au stade ant&amp;eacute;natal, on se trouve souvent dans des suppositions, des faisceaux d&amp;rsquo;indices, des &amp;laquo;&amp;nbsp;conviction d&amp;rsquo;expert&amp;nbsp;&amp;raquo;. Pour nous, mais ss doute une d&amp;eacute;formation professionnelle, c&amp;rsquo;est la faute dont la preuve est parfaitement rapport&amp;eacute;e, document&amp;eacute;e, rejoignant ici l&amp;rsquo;&amp;eacute;vidence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c&amp;rsquo;est dans ce sens que la Cour de cassation semble aller, et on sait que les jurisprudences des deux juridictions sont proches en mati&amp;egrave;re de RC m&amp;eacute;dicale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cour de cass dans un arr&amp;ecirc;t du 3 juillet 2003, a d&amp;eacute;cid&amp;eacute; que &amp;laquo;&amp;nbsp;cependant, en l&amp;rsquo;absence de preuve d&amp;ucirc;ment &amp;eacute;tablie permettant de dire que le m&amp;eacute;decin a &amp;eacute;t&amp;eacute; inform&amp;eacute; aussit&amp;ocirc;t de l&amp;rsquo;&amp;eacute;ruption cutan&amp;eacute;e dont a &amp;eacute;t&amp;eacute; victime sa patiente, et d&amp;egrave;s lors que celle-ci a rompu le contrat m&amp;eacute;dical qui la liait &amp;agrave; son m&amp;eacute;decin en faisant choix d&amp;rsquo;une autre praticien quelques jours apr&amp;egrave;s la prescription d&amp;rsquo;un examen dont le r&amp;eacute;sultat s&amp;rsquo;est av&amp;eacute;r&amp;eacute; positif, aucune faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e au sens du texte susvis&amp;eacute; ne peut &amp;ecirc;tre retenue &amp;agrave;&amp;nbsp; l&amp;rsquo;encontre du m&amp;eacute;decin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est probable &amp;eacute;galement que cette faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e pourra recouvrir &amp;agrave; la fois des fautes m&amp;eacute;dicales et des fautes de service. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conclusion &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
</description>
	<pubDate>Wed, 12 May 2004 08:18:41 +0200</pubDate>
	</item>
<item>
			<title>LA RESPONSABILITE DE COMMANDANT DES OPERATIONS DE SECOURS AU RECOURS D’UNE JUDICIARISATION CROISSANTE DE NOTRE SOCIETE</title>
	<link>http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-26-la-responsabilite-de-commandant-des-operations-de-secours-au-recours-d-une-judiciarisation-croissante-de-notre-societe</link>
	<guid isPermaLink="true">http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-26</guid>
	<description>&lt;br /&gt;
L&amp;#39;organisation des Services D&amp;eacute;partementaux d&amp;#39;Incendie et de Secours ainsi que l&amp;#39;organisation des secours elle-m&amp;ecirc;me (SAMU, CENTRE 15, CENTRE DE TRAITEMENT DE L&amp;#39;ALERTE ...) ont fortement &amp;eacute;volu&amp;eacute; au cours de la derni&amp;egrave;re d&amp;eacute;cennie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette &amp;eacute;volution de l&amp;#39;organisation a correspondu non seulement &amp;agrave; une &amp;eacute;volution en terme de risque mais &amp;eacute;galement &amp;agrave; une &amp;eacute;volution en terme d&amp;#39;attente de la population. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, malgr&amp;eacute; ces &amp;eacute;volutions la remise en cause des interventions des services de secours n&amp;#39;a jamais &amp;eacute;t&amp;eacute; aussi importante qu&amp;#39;aujourd&amp;#39;hui (19&amp;nbsp;plaintes p&amp;eacute;nales en 1996, 621&amp;nbsp;en 2006 (source&amp;nbsp;: association des d&amp;eacute;partements de France), le contentieux administratif ne pouvant faire l&amp;#39;objet de statistiques). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La derni&amp;egrave;re mise en cause (SDIS 26, le 7/10/2008) d&amp;eacute;montre la crispation du public et des autorit&amp;eacute;s. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Parquet de Valence avait le 6 octobre 2008 ouvert une information judiciaire pour &amp;laquo;&amp;nbsp;homicide volontaire&amp;nbsp;&amp;raquo; &amp;agrave; l&amp;#39;encontre d&amp;#39;un m&amp;eacute;decin du SAMU 26 qui &amp;eacute;tait intervenu le 27 septembre dans un salon de coiffure de VALENCE dans lequel une cliente &amp;acirc;g&amp;eacute;e de 80 ans venait d&amp;#39;&amp;ecirc;tre victime d&amp;#39;un malaise cardiaque. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le m&amp;eacute;decin, plac&amp;eacute; en garde &amp;agrave; vue, avait &amp;eacute;t&amp;eacute; arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; &amp;agrave; la suite d&amp;#39;un rapport du Directeur de l&amp;#39;H&amp;ocirc;pital de VALENCE faisant &amp;eacute;tat de &amp;laquo;&amp;nbsp;gestes tout &amp;agrave; fait bizarres au regard de la pratique m&amp;eacute;dicale normale&amp;nbsp;&amp;raquo;, notamment sur le t&amp;eacute;moignage d&amp;#39;une infirmi&amp;egrave;re. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En r&amp;eacute;alit&amp;eacute; l&amp;#39;urgentiste n&amp;#39;a finalement pas &amp;eacute;t&amp;eacute; poursuivi, il n&amp;#39;avait fait que refermer la m&amp;acirc;choire d&amp;#39;une patiente d&amp;eacute;j&amp;agrave; d&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute;e et qui pr&amp;eacute;sentait uniquement des signes de r&amp;eacute;flexe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que d&amp;#39;autres maillons de la cha&amp;icirc;ne d&amp;#39;intervention, en particulier les m&amp;eacute;decins, font l&amp;#39;objet de mise en cause judiciaire depuis longtemps, les SAMU et les sapeurs pompiers sont aujourd&amp;#39;hui mis en cause. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jurisprudence a depuis tr&amp;egrave;s longtemps pr&amp;eacute;vu un certain nombre de r&amp;eacute;gimes de responsabilit&amp;eacute;, qui ont d&amp;#39;ailleurs &amp;eacute;volu&amp;eacute; mais on constate aujourd&amp;#39;hui une inflation des mises en cause. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est &amp;agrave; noter que le tabou de la mise en cause de ce professionnel aim&amp;eacute; et ch&amp;eacute;ri par le public est totalement tomb&amp;eacute; puisque cette mise en cause judiciaire est de plus en plus faite devant les juridictions p&amp;eacute;nales et non pas seulement les juridictions administratives, juge naturel du service public. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers quel &amp;eacute;quilibre s&amp;#39;engage la jurisprudence entre attente l&amp;eacute;gitime des citoyens et n&amp;eacute;cessaire responsabilit&amp;eacute; adapt&amp;eacute;e du Commandant des op&amp;eacute;rations de secours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
I - L&amp;#39;&amp;eacute;volution in&amp;eacute;luctable d&amp;#39;une jurisprudence de plus en plus contraignante &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A)&amp;nbsp;&amp;nbsp; Constat&amp;nbsp;: caract&amp;egrave;re r&amp;eacute;cent du ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne (A cette ampleur). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mises en cause de SAMU et de Services D&amp;eacute;partementaux d&amp;#39;Incendie et de Secours sont relativement r&amp;eacute;centes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate, dans nos cabinets, une inflation de ce type d&amp;#39;affaire depuis environ 5 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;#39;est dire que, n&amp;eacute;cessairement, notre regard sur la jurisprudence est forc&amp;eacute;ment biais&amp;eacute;e et en retard. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet le d&amp;eacute;lai de jugement des affaires (que l&amp;#39;on peut estimer &amp;agrave; environ 3 ans devant le Tribunal Administratif, 3 ans devant les Cours Administratives d&amp;#39;Appel et 2 ans devant le Conseil d&amp;#39;Etat) donne une vision par d&amp;eacute;finition parcellaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, l&amp;#39;&amp;eacute;volution g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale de la responsabilit&amp;eacute; des secours va dans le sens d&amp;#39;une plus grande exigence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A titre d&amp;#39;exemple, voici les cas dont nous sommes saisis actuellement, en d&amp;eacute;fense, pour des SDIS ou des SAMU (il s&amp;#39;agit de contentieux administratifs parfois doubl&amp;eacute;s d&amp;#39;une instance p&amp;eacute;nale)&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Probl&amp;egrave;me du suivi de l&amp;#39;intervention du Centre 15: une personne t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone au Centre 15, se plaint d&amp;#39;une douleur fulgurante dans la poitrine, qui a eu lieu plusieurs heures auparavant, la personne indiquant qu&amp;#39;elle ne se sent pas bien. Le m&amp;eacute;decin r&amp;eacute;gulateur lui conseille de se retourner vers un m&amp;eacute;decin de ville, transmet un num&amp;eacute;ro erron&amp;eacute; de SOS MEDECINS et l&amp;#39;intervention s&amp;#39;arr&amp;ecirc;te. Le patient ne parvient pas - semble-t-il - &amp;agrave; contacter SOS MEDECINS, il d&amp;eacute;c&amp;egrave;de et sa famille fait un recours. L&amp;#39;expert judiciaire d&amp;eacute;sign&amp;eacute; dans cette affaire s&amp;#39;interroge, sans avoir v&amp;eacute;ritablement de r&amp;eacute;ponse, sur la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; et/ou l&amp;#39;obligation d&amp;#39;un suivi de l&amp;#39;intervention (rappel de la personne afin de savoir si elle a eu un m&amp;eacute;decin de ville ... etc), ce qui semble en r&amp;eacute;alit&amp;eacute; techniquement difficile compte tenu du nombre d&amp;#39;appels trait&amp;eacute;s;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La reprise de feu en habitations;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La reprise de feu dans le cadre de feux de for&amp;ecirc;ts fix&amp;eacute;s;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La faute de commandement all&amp;eacute;gu&amp;eacute;e;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	La faute de coordination entre les diff&amp;eacute;rents intervenants sur le terrain: exemple, erreur de largage qui cause un dommage soit &amp;agrave; des pompiers eux-m&amp;ecirc;mes soit &amp;agrave; des particuliers et qui induit un d&amp;eacute;bat relatif &amp;agrave; la faute &amp;eacute;ventuelle de chacun des intervenants;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	D&amp;eacute;faut de prise en charge ad&amp;eacute;quate sur le terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut souligner, et j&amp;#39;aurai l&amp;#39;occasion d&amp;#39;y revenir plus tard que de nombreuses mises en cause sont le fait des pompiers eux-m&amp;ecirc;mes ou de leur famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet de nombreuses mises en cause de commandements, de choix strat&amp;eacute;giques, d&amp;#39;importance de moyens d&amp;eacute;ploy&amp;eacute;s, de choix op&amp;eacute;rationnels font comme premi&amp;egrave;re victime les sapeurs pompiers eux-m&amp;ecirc;mes et il n&amp;#39;est pas rare aujourd&amp;#39;hui que les plaignants soient les pompiers eux-m&amp;ecirc;mes ou les familles de sapeurs pompiers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, les pompiers &amp;eacute;tant les premiers expos&amp;eacute;s dans les sinistres, il n&amp;#39;est pas rare que la faute ou la n&amp;eacute;gligence du commandement fasse comme premi&amp;egrave;res victimes les sapeurs pompiers eux-m&amp;ecirc;mes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B)&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les responsabilit&amp;eacute;s encourues &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1)&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Sur un plan administratif &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Historiquement, la gestion des secours est la responsabilit&amp;eacute; du Maire en tant que d&amp;eacute;tenteur du pouvoir de police g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&amp;#39;hui encore, le premier responsable est le Maire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsabilit&amp;eacute; des SDIS eux-m&amp;ecirc;mes peut &amp;ecirc;tre mise en cause dans l&amp;#39;hypoth&amp;egrave;se d&amp;#39;une d&amp;eacute;faillance mat&amp;eacute;rielle (pompes d&amp;eacute;fectueuses, v&amp;eacute;hicules non entretenus, d&amp;eacute;ploiement de moyens insuffisants). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les SAMU rel&amp;egrave;vent quant &amp;agrave; eux des centres hospitaliers et engagent, par leur action, la responsabilit&amp;eacute; des centres hospitaliers eux-m&amp;ecirc;mes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsabilit&amp;eacute; du Maire au titre des secours &amp;eacute;tait jusqu&amp;#39;&amp;agrave; il y a peu (CE, 8eme 9 eme section r&amp;eacute;unies, 29 avril 1998, commune de Hanappes) fond&amp;eacute;e sur la faute lourde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En droit administratif la faute lourde s&amp;#39;entend d&amp;#39;une faute grave, par opposition &amp;agrave; la faute simple. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce r&amp;eacute;gime de responsabilit&amp;eacute;, aujourd&amp;#39;hui quasiment abandonn&amp;eacute;, &amp;eacute;tait utilis&amp;eacute; pour les activit&amp;eacute;s mat&amp;eacute;rielles, dans lesquelles on consid&amp;egrave;re que l&amp;#39;Administration n&amp;#39;a pas de recul et de r&amp;eacute;flexion possible, comme c&amp;#39;est le cas avec une activit&amp;eacute; administrative. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette &amp;eacute;volution a touch&amp;eacute; un grand nombre de domaines comme la responsabilit&amp;eacute; m&amp;eacute;dicale (abandon depuis 1992&amp;nbsp;: Conseil d&amp;#39;Etat, &amp;eacute;poux V, 1992). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme on l&amp;#39;a dit en introduction, la comparaison entre ces deux types de responsabilit&amp;eacute; est tout &amp;agrave; fait pertinente. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;#39;abandon de la faute lourde signifie qu&amp;#39;il suffit &amp;agrave; la victime de d&amp;eacute;montrer l&amp;#39;existence d&amp;#39;une faute simple, sous r&amp;eacute;serve bien &amp;eacute;videmment qu&amp;#39;elle ait eu une incidence sur le dommage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On observe &amp;eacute;galement une radicalisation des mises en cause par l&amp;#39;utilisation de plus en plus fr&amp;eacute;quente de la voie p&amp;eacute;nale, ce qui indique une vision vindicative et revendicative de la part des victimes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, lorsque le requ&amp;eacute;rant se tourne vers le juge p&amp;eacute;nal, c&amp;#39;est la plupart du temps pour obtenir la condamnation d&amp;#39;une personne et non pas d&amp;#39;une administration ou d&amp;#39;un groupe &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2)&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Sur le plan p&amp;eacute;nal &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour l&amp;#39;heure les condamnations p&amp;eacute;nales sont extr&amp;ecirc;mement limit&amp;eacute;es. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les condamnations p&amp;eacute;nales de sapeurs pompiers &amp;eacute;meuvent syst&amp;eacute;matiquement mais sont cependant extr&amp;ecirc;mement limit&amp;eacute;es. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sapeurs pompiers sont poursuivis sur le fondement de la non assistance &amp;agrave; personne en p&amp;eacute;ril (article 223-6 alin&amp;eacute;a 2 du Code P&amp;eacute;nal). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela est d&amp;ucirc; au fait que les crit&amp;egrave;res de condamnation p&amp;eacute;nale sont tr&amp;egrave;s diff&amp;eacute;rents des crit&amp;egrave;res de condamnation devant la juridiction administrative et sans doute d&amp;ucirc; &amp;eacute;galement au fait que la demande de condamnation p&amp;eacute;nale induit la plupart du temps une d&amp;eacute;fense beaucoup plus active qu&amp;#39;une instance administrative. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, l&amp;#39;instance administrative a pour unique objet d&amp;#39;obtenir une indemnisation de la part de l&amp;#39;Administration alors que l&amp;#39;instance p&amp;eacute;nale a pour objet de faire sanctionner une personne (par une peine de prison ou une peine d&amp;#39;amende) et seulement subsidiairement d&amp;#39;assurer la r&amp;eacute;paration de la victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au p&amp;eacute;nal, la victime peut choisir d&amp;#39;agir &amp;agrave; l&amp;#39;encontre de l&amp;#39;intervenant ou de la personne morale de droit public (centre hospitalier pour un SAMU, SDIS ...etc) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette hypoth&amp;egrave;se, les intervenants sont poursuivis sur l&amp;#39;infraction de violation de fa&amp;ccedil;on manifestement d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e d&amp;#39;une obligation particuli&amp;egrave;re de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; ou de prudence impos&amp;eacute;e par la loi ou le r&amp;egrave;glement ou par la commission d&amp;#39;une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e qui exposait autrui &amp;agrave; un risque d&amp;#39;une particuli&amp;egrave;re gravit&amp;eacute; qu&amp;#39;elle ne pouvait ignorer (article 121-3 du Code P&amp;eacute;nal[1]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus rarement sur le fondement de l&amp;#39;article 223-6 al 2[2] du code p&amp;eacute;nal qui sanctionne &amp;laquo;&amp;nbsp; quiconque s&amp;#39;abstient volontairement de porter &amp;agrave; une personne en p&amp;eacute;ril l&amp;#39;assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui pr&amp;ecirc;ter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est &amp;agrave; noter que le juge p&amp;eacute;nal s&amp;#39;attache &amp;agrave; appr&amp;eacute;cier de mani&amp;egrave;re v&amp;eacute;ritablement concr&amp;egrave;te la responsabilit&amp;eacute; de la personne mise en cause et l&amp;#39;incidence que cela a eu sur la victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, une faute qui n&amp;#39;a aucune cons&amp;eacute;quence n&amp;#39;entra&amp;icirc;ne pas de condamnation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus l&amp;#39;intervention, sauf cas rarissime, est toujours consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme une cause indirecte du dommage caus&amp;eacute; &amp;agrave; la victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, ce n&amp;#39;est pas &amp;agrave; la base l&amp;#39;intervention elle-m&amp;ecirc;me qui a caus&amp;eacute; le dommage &amp;agrave; la victime mais ce dommage peut avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; aggrav&amp;eacute; par une mauvaise prise en charge de la part des services de secours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ces conditions, le juge p&amp;eacute;nal admet cette causalit&amp;eacute; indirecte pour retenir la responsabilit&amp;eacute; des services de secours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate donc une &amp;eacute;volution tr&amp;egrave;s nette de la jurisprudence, sur un mouvement de fond. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les poursuites fond&amp;eacute;es sur l&amp;#39;article 121-3 du code p&amp;eacute;nal&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En r&amp;eacute;ponse &amp;agrave; une mise en cause jug&amp;eacute;e excessive de la responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale des d&amp;eacute;cideurs publics en mati&amp;egrave;re d&amp;#39;infractions non intentionnelles, la loi du 13 mai 1996Note 2 a pr&amp;eacute;cis&amp;eacute; la d&amp;eacute;finition de la faute involontaire, afin d&amp;#39;inciter les juridictions r&amp;eacute;pressives &amp;agrave; tenir plus largement compte des contingences propres &amp;agrave; l&amp;#39;exercice des missions de service public. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les juges, auxquels le l&amp;eacute;gislateur reprochait de proc&amp;eacute;der &amp;agrave; une appr&amp;eacute;ciation abstraite de la faute d&amp;#39;imprudence, &amp;eacute;taient invit&amp;eacute;s &amp;agrave; l&amp;#39;envisager d&amp;#39;une mani&amp;egrave;re plus concr&amp;egrave;te. En r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, si la jurisprudence n&amp;#39;a jamais admis une conception subjective de la faute p&amp;eacute;nale - qui permettrait de tenir compte de la psychologie ou des aptitudes personnelles des personnes poursuivies - elle a toujours reconnu que les d&amp;eacute;faillances de conduite s&amp;#39;appr&amp;eacute;ciaient en consid&amp;eacute;ration des circonstances mat&amp;eacute;rielles dans lesquelles s&amp;#39;inscrivait l&amp;#39;activit&amp;eacute; de l&amp;#39;agent et par r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence au comportement normalement prudent et diligent dans la sph&amp;egrave;re professionnelle consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e. L&amp;#39;impression d&amp;#39;une responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale quasiment pr&amp;eacute;sum&amp;eacute;e r&amp;eacute;sultait bien davantage des hypoth&amp;egrave;ses dans lesquelles le dommage proc&amp;eacute;dait de l&amp;#39;inobservation d&amp;#39;une r&amp;egrave;gle de prudence, sp&amp;eacute;cialement pr&amp;eacute;vue par la loi ou le r&amp;egrave;glement. De telles circonstances ne laissaient aucune marge d&amp;#39;appr&amp;eacute;ciation aux tribunaux en l&amp;#39;absence d&amp;#39;une hi&amp;eacute;rarchisation des fautes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 13 mai 1996, ainsi que l&amp;#39;a relev&amp;eacute; la doctrine, avait donc une port&amp;eacute;e plus &amp;laquo; expressive &amp;raquo; de l&amp;#39;&amp;eacute;tat du droit positif que r&amp;eacute;ellement normative. Elle a sans doute davantage retenti sur la qualit&amp;eacute; des motivations factuelles que sur le sens des d&amp;eacute;cisions. Tels n&amp;#39;&amp;eacute;taient pas les effets qu&amp;#39;en attendait le l&amp;eacute;gislateur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 10 juillet 2000, dont est issue toute la deuxi&amp;egrave;me partie de l&amp;#39;article 121-3, inspir&amp;eacute;e des m&amp;ecirc;mes consid&amp;eacute;rations que celle du 13 mai 1996 - r&amp;eacute;duire les poursuites dirig&amp;eacute;es contre les d&amp;eacute;cideurs publics, sans affaiblir la r&amp;eacute;pression dans les domaines de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; routi&amp;egrave;re et du travail, ni froisser le principe d&amp;#39;&amp;eacute;galit&amp;eacute; - a proc&amp;eacute;d&amp;eacute;, au seul b&amp;eacute;n&amp;eacute;fice des personnes physiques, &amp;agrave; une rupture radicale avec les principes qui inspiraient jusqu&amp;#39;alors la responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale des d&amp;eacute;lits involontaires. &amp;Agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;quivalence des conditions a succ&amp;eacute;d&amp;eacute; la distinction entre causalit&amp;eacute; directe et indirecte. &amp;Agrave; l&amp;#39;unit&amp;eacute; des fautes civile et p&amp;eacute;nale s&amp;#39;est substitu&amp;eacute;e l&amp;#39;exigence d&amp;#39;une faute qualifi&amp;eacute;e pour engager la responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale des personnes physiques auteurs indirects du dommage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les personnes morales, une faute quelconque, m&amp;ecirc;me t&amp;eacute;nue, reste g&amp;eacute;n&amp;eacute;ratrice de responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale, alors m&amp;ecirc;me que les organes ou repr&amp;eacute;sentants qui l&amp;#39;ont commise pour son compte &amp;eacute;chappent &amp;agrave; la r&amp;eacute;pression parce que le lien causal avec le dommage est indirect et que le comportement qui leur est reproch&amp;eacute; ne rev&amp;ecirc;t pas le caract&amp;egrave;re de gravit&amp;eacute; requis par l&amp;#39;article 121-3, alin&amp;eacute;a 4, du Code p&amp;eacute;nal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;#39;article 121-3, alin&amp;eacute;a 4, s&amp;#39;applique non seulement aux d&amp;eacute;lits d&amp;#39;homicide, de blessures et de destructions involontaires pr&amp;eacute;vus par le Code p&amp;eacute;nal, mais, compte tenu de sa place au sein des dispositions g&amp;eacute;n&amp;eacute;rales du Code p&amp;eacute;nal, &amp;agrave; tous les d&amp;eacute;lits non intentionnels d&amp;eacute;finis par la r&amp;eacute;alisation d&amp;#39;un dommage. Tel est le cas des infractions de pollution des eaux r&amp;eacute;prim&amp;eacute;es par les articles L. 432-2 et L. 216-6 du Code de l&amp;#39;environnement, bien que ces deux textes - contrairement aux articles 221-6 (homicides involontaires) ou 222-19 (blessures involontaires) du Code p&amp;eacute;nal - n&amp;#39;aient pas &amp;eacute;t&amp;eacute; retouch&amp;eacute;s par la loi du 10 juillet 2000 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi que l&amp;#39;a exprim&amp;eacute; un auteur, &amp;laquo; le lien de causalit&amp;eacute; est devenu, depuis la loi du 10 juillet 2000, le noeud gordien de la responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale en mati&amp;egrave;re non intentionnelle. C&amp;#39;est par lui que se r&amp;eacute;alise l&amp;#39;essentiel de la d&amp;eacute;p&amp;eacute;nalisation op&amp;eacute;r&amp;eacute;e, puisque selon que la causalit&amp;eacute; est directe ou indirecte, les exigences quant &amp;agrave; la faute ne sont plus les m&amp;ecirc;mes &amp;raquo;[3] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lien de causalit&amp;eacute; doit &amp;ecirc;tre certain&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;#39;impossibilit&amp;eacute; d&amp;#39;&amp;eacute;tablir l&amp;#39;origine du dommage &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le proc&amp;egrave;s de la contamination transfusionnelle d&amp;#39;h&amp;eacute;mophiles par le virus de l&amp;#39;immuno-d&amp;eacute;ficience humaine, toutes les victimes avaient re&amp;ccedil;u des produits sanguins non chauff&amp;eacute;s avant la date &amp;agrave; laquelle il &amp;eacute;tait admis que la communaut&amp;eacute; scientifique et m&amp;eacute;dicale ne pouvait plus ignorer la dangerosit&amp;eacute; de ces produits. L&amp;#39;impossibilit&amp;eacute; de rattacher avec certitude les contaminations &amp;agrave; des fautes commises post&amp;eacute;rieurement &amp;agrave; cette date a conduit &amp;agrave; un non-lieu des chefs d&amp;#39;homicides et de blessures involontaires, qui n&amp;#39;a pas &amp;eacute;t&amp;eacute; censur&amp;eacute; par la chambre criminelleNote 13. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l&amp;#39;affaire qui mettait en cause les restaurants Buffalo Grill &amp;agrave; la suite du d&amp;eacute;c&amp;egrave;s de plusieurs personnes atteintes d&amp;#39;un variant de la maladie de Creutzfeld-Jakob, une chambre de l&amp;#39;instruction a pu consid&amp;eacute;rer qu&amp;#39;il n&amp;#39;existait aucun indice grave et concordant justifiant une mise en examen pour homicide involontaire, rien ne permettant de penser, en l&amp;#39;&amp;eacute;tat de l&amp;#39;information, que la maladie ait trouv&amp;eacute; son origine dans la consommation de viande servie par les restaurants de cette enseigne plut&amp;ocirc;t que dans les autres sources alimentaires des victimes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rupture du lien de causalit&amp;eacute; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne faut pas qu&amp;#39;un &amp;eacute;v&amp;egrave;nement ext&amp;eacute;rieur vienne rompre le lien de causalit&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;#39;&amp;eacute;tat de sant&amp;eacute; pr&amp;eacute;existant de la victime &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mati&amp;egrave;re m&amp;eacute;dicale, la chambre criminelle a affirm&amp;eacute; &amp;agrave; plusieurs reprises que des m&amp;eacute;decins ne pouvaient &amp;ecirc;tre d&amp;eacute;clar&amp;eacute;s coupables d&amp;#39;homicide involontaire s&amp;#39;il n&amp;#39;&amp;eacute;tait pas &amp;eacute;tabli que le d&amp;eacute;c&amp;egrave;s aurait pu &amp;ecirc;tre &amp;eacute;vit&amp;eacute; par des pr&amp;eacute;cautions suppl&amp;eacute;mentaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a ainsi cass&amp;eacute; un arr&amp;ecirc;t de condamnation au motif qu&amp;#39;il r&amp;eacute;sultait des propres constatations des juges que le rapport d&amp;#39;expertise ne permettait pas d&amp;#39;affirmer que l&amp;#39;h&amp;eacute;mostase ou la transfusion imm&amp;eacute;diate, dont la tardivet&amp;eacute; &amp;eacute;tait reproch&amp;eacute;e au praticien, auraient pu emp&amp;ecirc;cher la mort de la victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une affaire o&amp;ugrave; un expert avait affirm&amp;eacute; qu&amp;#39;un diagnostic plus pr&amp;eacute;coce n&amp;#39;aurait pas constitu&amp;eacute; l&amp;#39;assurance de sauver la malade, une cour d&amp;#39;appel a justifi&amp;eacute; sa d&amp;eacute;cision de relaxe en retenant que la victime avait &amp;eacute;t&amp;eacute; seulement priv&amp;eacute;e d&amp;#39;une chance de survie, de sorte qu&amp;#39;il n&amp;#39;y avait pas de relation certaine de causalit&amp;eacute; entre son d&amp;eacute;c&amp;egrave;s et les anomalies de l&amp;#39;intervention m&amp;eacute;dicale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le processus mortel est d&amp;eacute;finitivement enclench&amp;eacute;, sans qu&amp;#39;il soit d&amp;eacute;montr&amp;eacute; qu&amp;#39;une intervention humaine aurait pu l&amp;#39;interrompre, d&amp;#39;&amp;eacute;ventuelles d&amp;eacute;faillances dans la prise en charge du malade ne sont pas g&amp;eacute;n&amp;eacute;ratrices de responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale. En revanche, les fautes qui favorisent la d&amp;eacute;compensation d&amp;#39;un &amp;eacute;tat morbide pr&amp;eacute;existant de la victime entretiennent un lien de causalit&amp;eacute; avec le dommage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lien de causalit&amp;eacute; direct &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;laquo;&amp;nbsp;La cause directe est le plus souvent imm&amp;eacute;diate m&amp;ecirc;me si ce n&amp;#39;est pas toujours le cas, que cette cause directe est celle qui entra&amp;icirc;ne normalement ou n&amp;eacute;cessairement le dommage, celle dont le dommage est la cons&amp;eacute;quence quasiment automatique et donc pr&amp;eacute;visible&amp;nbsp;&amp;raquo;[4] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;#39;admission de la causalit&amp;eacute; ad&amp;eacute;quate par la jurisprudence&amp;nbsp;: Elle admet qu&amp;#39;une cause m&amp;eacute;diate puisse &amp;ecirc;tre qualifi&amp;eacute;e de directe lorsqu&amp;#39;elle est ad&amp;eacute;quate. Elle l&amp;#39;exprime en parlant de faute &amp;laquo; essentielle et d&amp;eacute;terminante &amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Causalit&amp;eacute; ad&amp;eacute;quate et choix d&amp;eacute;cisionnel&amp;nbsp;: Les choix d&amp;eacute;cisionnels (y compris les omissions et abstentions) qui provoquent un dommage, ind&amp;eacute;pendamment de tout acte mat&amp;eacute;riel imputable &amp;agrave; leur auteur, sont le domaine d&amp;#39;&amp;eacute;lection de la causalit&amp;eacute; indirecte. En mati&amp;egrave;re m&amp;eacute;dicale, toutefois, ils sont susceptibles d&amp;#39;&amp;ecirc;tre regard&amp;eacute;s comme relevant de la causalit&amp;eacute; directe, &amp;agrave; condition que la d&amp;eacute;cision en cause concerne la r&amp;eacute;alisation d&amp;#39;un acte m&amp;eacute;dical, et non l&amp;#39;organisation d&amp;#39;un service. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a &amp;eacute;t&amp;eacute; jug&amp;eacute;, en revanche, que la d&amp;eacute;cision d&amp;#39;un m&amp;eacute;decin r&amp;eacute;gulateur du Samu, apr&amp;egrave;s un interrogatoire t&amp;eacute;l&amp;eacute;phonique superficiel de l&amp;#39;&amp;eacute;pouse du malade, d&amp;#39;envoyer sur place le m&amp;eacute;decin de quartier plut&amp;ocirc;t que l&amp;#39;une des trois ambulances du Samu qui &amp;eacute;taient alors disponibles, &amp;eacute;tait indirectement &amp;agrave; l&amp;#39;origine du d&amp;eacute;c&amp;egrave;s de la victime par infarctus du myocarde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lien de causalit&amp;eacute; indirect &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux termes de l&amp;#39;alin&amp;eacute;a 4 de l&amp;#39;article 121-3 du Code p&amp;eacute;nal, sont auteurs indirects du dommage, les personnes physiques qui ont cr&amp;eacute;&amp;eacute;, ou contribu&amp;eacute; &amp;agrave; cr&amp;eacute;er, la situation qui a permis la r&amp;eacute;alisation du dommage ou qui n&amp;#39;ont pas pris les mesures permettant de l&amp;#39;&amp;eacute;viter. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les erreurs d&amp;#39;organisation, les insuffisances d&amp;#39;investissement, les d&amp;eacute;faillances de contr&amp;ocirc;les, imputables aux personnes investies de pouvoirs de direction, ne sont jamais consid&amp;eacute;r&amp;eacute;es par la jurisprudence comme la cause directe des dommages dont le fait g&amp;eacute;n&amp;eacute;rateur imm&amp;eacute;diat est un incident technique ou encore la maladresse ou l&amp;#39;inattention d&amp;#39;un pr&amp;eacute;pos&amp;eacute;. Il appara&amp;icirc;t donc que, conform&amp;eacute;ment aux voeux du l&amp;eacute;gislateur, les d&amp;eacute;cideurs, publics et priv&amp;eacute;s, ne voient leur responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale engag&amp;eacute;e que pour des fautes qualifi&amp;eacute;es &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La faute doit &amp;ecirc;tre qualifi&amp;eacute;e &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux termes de l&amp;#39;article 121-3, alin&amp;eacute;a 4, dans sa r&amp;eacute;daction issue de la loi du 10 juillet 2000, la responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale des personnes physiques, auteurs indirects d&amp;#39;un dommage n&amp;#39;est engag&amp;eacute;e que s&amp;#39;il est &amp;eacute;tabli, soit la violation manifestement d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e d&amp;#39;une obligation particuli&amp;egrave;re de prudence ou de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; pr&amp;eacute;vue par la loi ou le r&amp;egrave;glement, soit une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e qui exposait autrui &amp;agrave; un risque d&amp;#39;une particuli&amp;egrave;re gravit&amp;eacute; que l&amp;#39;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; ne pouvait ignorer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La faute d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e (d&amp;#39;imprudence, de n&amp;eacute;gligence ou de manquement ...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La faute d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e correspond &amp;agrave; la violation, en pleine connaissance de cause, d&amp;#39;une obligation pr&amp;eacute;cise de prudence ou de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; d&amp;eacute;finie par un texte de nature l&amp;eacute;gislative ou r&amp;eacute;glementaire effectivement en vigueur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;Agrave; &amp;eacute;t&amp;eacute; reconnu coupable d&amp;#39;une faute de cette nature, un m&amp;eacute;decin anesth&amp;eacute;siste qui, &amp;agrave; l&amp;#39;occasion d&amp;#39;endoscopies r&amp;eacute;alis&amp;eacute;es dans un cabinet m&amp;eacute;dical, a infect&amp;eacute; six patients en leur injectant, au moyen des deux m&amp;ecirc;mes seringues, un produit dont la r&amp;eacute;glementation ne permet l&amp;#39;administration que dans des &amp;eacute;tablissements disposant d&amp;#39;un mat&amp;eacute;riel d&amp;#39;assistance respiratoire et de r&amp;eacute;animation, et qui n&amp;#39;a pas proc&amp;eacute;d&amp;eacute; &amp;agrave; la surveillance post-interventionnelle continue impos&amp;eacute;e par un d&amp;eacute;cret du 2 d&amp;eacute;cembre 1994. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;laquo; L&amp;#39;&amp;eacute;vidence commande de constater que l&amp;#39;usage [de la faute d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e] est parcimonieux, &amp;agrave; la mesure des difficult&amp;eacute;s &amp;agrave; prouver la r&amp;eacute;union de l&amp;#39;ensemble des conditions strictes pos&amp;eacute;es par la loi &amp;raquo;[5]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement &amp;agrave; la faute manifestement d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e, la faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e ne pr&amp;eacute;sente pas le caract&amp;egrave;re d&amp;#39;un manquement volontaire &amp;agrave; une r&amp;egrave;gle &amp;eacute;crite de discipline sociale. Elle constitue &amp;laquo; une d&amp;eacute;faillance inadmissible [dans une] situation qui m&amp;eacute;rite une attention soutenue, en raison des dangers ou des risques qu&amp;#39;elle g&amp;eacute;n&amp;egrave;re &amp;raquo;.[6] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle doit &amp;ecirc;tre examin&amp;eacute;e sous ses deux aspects : l&amp;#39;intensit&amp;eacute; de la faute et la conscience du risque &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette faute est appr&amp;eacute;ci&amp;eacute;e in concreto. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est &amp;agrave; noter que, bien souvent, la discussion relative &amp;agrave; la faute se transforme en bataille d&amp;#39;experts et le juge sera enclin &amp;agrave; suivre l&amp;#39;avis de l&amp;#39;expert qu&amp;#39;il a d&amp;eacute;sign&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, le juge va devoir se plonger dans les manuels d&amp;#39;intervention et dans les r&amp;egrave;gles d&amp;#39;intervention pour d&amp;eacute;terminer si effectivement il y a eu faute ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mat&amp;eacute;rialisation de la faute est donc bien souvent le fait de l&amp;#39;expert missionn&amp;eacute; par le juge (cf. article du Lieutenant Colonel Marc GENOVESE, SDIS 06, Le Sapeur Pompier Magazine n&amp;deg; 1000, Avril 2008). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e peut r&amp;eacute;sulter de l&amp;#39;accumulation, par une m&amp;ecirc;me personne, de n&amp;eacute;gligences ou d&amp;#39;imprudences dont chacune, prise isol&amp;eacute;ment, n&amp;#39;aurait peut-&amp;ecirc;tre pas &amp;eacute;t&amp;eacute; regard&amp;eacute;e comme suffisamment grave pour &amp;ecirc;tre g&amp;eacute;n&amp;eacute;ratrice de responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce mode de raisonnement a d&amp;#39;abord &amp;eacute;t&amp;eacute; implicitement admis par la jurisprudence. Par exemple, dans une affaire o&amp;ugrave; une explosion avait &amp;eacute;t&amp;eacute; provoqu&amp;eacute;e par une fuite de gaz, il a &amp;eacute;t&amp;eacute; jug&amp;eacute; que, si aucun manquement &amp;agrave; une obligation de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; ou de prudence impos&amp;eacute;e par la loi ou le r&amp;egrave;glement ne pouvait &amp;ecirc;tre reproch&amp;eacute; au chauffagiste, en revanche, celui-ci avait commis une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e en installant un r&amp;eacute;seau d&amp;#39;alimentation en gaz qui pr&amp;eacute;sentait, &amp;agrave; la jonction du d&amp;eacute;tendeur et du chauffe-eau, des fuites dont la d&amp;eacute;tection &amp;eacute;tait rendue difficile par le scellement du premier &amp;agrave; une distance trop courte du mur et en proc&amp;eacute;dant, ult&amp;eacute;rieurement, &amp;agrave; des v&amp;eacute;rifications techniquement insuffisantes de l&amp;#39;&amp;eacute;tanch&amp;eacute;it&amp;eacute; de cette installation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La d&amp;eacute;finition de la faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e par r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence &amp;agrave; un risque pour la vie ou l&amp;#39;int&amp;eacute;grit&amp;eacute; physique des personnes n&amp;#39;est pas appropri&amp;eacute;e aux infractions qui punissent des atteintes &amp;agrave; la faune, &amp;agrave; la flore, ou aux milieux naturels. La chambre criminelle n&amp;#39;en a pas d&amp;eacute;duit qu&amp;#39;en mati&amp;egrave;re environnementale la faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e &amp;eacute;tait exclue et que la d&amp;eacute;faillance imputable &amp;agrave; une personne physique, auteur indirect du dommage, ne pouvait consister que dans la violation manifestement d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e d&amp;#39;une obligation particuli&amp;egrave;re pr&amp;eacute;vue par la loi ou le r&amp;egrave;glement. Elle a adapt&amp;eacute; la consistance du risque &amp;agrave; la logique du texte d&amp;#39;incrimination, en gommant la mention d&amp;#39;un danger pour autrui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le risque doit &amp;ecirc;tre connu. La formule suivant laquelle le pr&amp;eacute;venu a expos&amp;eacute; autrui &amp;laquo;&amp;agrave; un risque d&amp;#39;une particuli&amp;egrave;re gravit&amp;eacute; qu&amp;#39;il ne pouvait ignorer&amp;raquo; peut &amp;ecirc;tre entendue de deux mani&amp;egrave;res : soit la connaissance du risque est exig&amp;eacute;e de l&amp;#39;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; en raison de la nature de ses activit&amp;eacute;s ou de sa fonction, soit elle doit &amp;ecirc;tre sp&amp;eacute;cifiquement d&amp;eacute;montr&amp;eacute;e par des signalements ou des avertissements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant s&amp;#39;agissant des pompiers, il est difficile soutenable qu&amp;#39;il ne connaissait pas tel ou tel risque, il est LE professionnel de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, les gros pourvoyeurs de jurisprudence sont les maires et les fonctionnaires tels que professeurs d&amp;#39;&amp;eacute;coles, animateurs ...etc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les poursuites fond&amp;eacute;es sur l&amp;#39;article 223-6 al2 du code p&amp;eacute;nal&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Possibilit&amp;eacute; de l&amp;#39;assistance - L&amp;#39;article 223-6, alin&amp;eacute;a 2, du Code p&amp;eacute;nal oblige celui qui a connaissance d&amp;#39;un p&amp;eacute;ril &amp;agrave; porter assistance &amp;agrave; la victime. La jurisprudence a apport&amp;eacute; sur ce point d&amp;#39;utiles pr&amp;eacute;cisions, notamment quant &amp;agrave; sa possibilit&amp;eacute;, &amp;agrave; ses modalit&amp;eacute;s, et &amp;agrave; son efficacit&amp;eacute;. Il va tout d&amp;#39;abord de soi que l&amp;#39;assistance doit &amp;ecirc;tre possible, car, comme le dit le dicton, &amp;agrave; l&amp;#39;impossible nul n&amp;#39;est tenu. Mais, comme l&amp;#39;a dit le jugement d&amp;#39;un tribunal correctionnel, la loi n&amp;#39;impose point l&amp;#39;h&amp;eacute;ro&amp;iuml;sme ou la t&amp;eacute;m&amp;eacute;rit&amp;eacute;, mais attribue au tribunal un pouvoir d&amp;#39;appr&amp;eacute;ciation sur le caract&amp;egrave;re m&amp;ecirc;me du risque (T. corr. Mont-de-Marsan, 21 janv. 1959 : JCP G 1959, II, 11086). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas d&amp;#39;impossibilit&amp;eacute; de porter assistance, le d&amp;eacute;lit de l&amp;#39;article 223-6, alin&amp;eacute;a 2, du Code p&amp;eacute;nal n&amp;#39;est pas constitu&amp;eacute;. Un jugement du tribunal correctionnel l&amp;#39;a illustr&amp;eacute; dans une esp&amp;egrave;ce originale, en consid&amp;eacute;rant qu&amp;#39;il est contraire au bon sens de reprocher &amp;agrave; un individu enti&amp;egrave;rement occup&amp;eacute; &amp;agrave; se donner la mort de ne pas songer dans le m&amp;ecirc;me temps &amp;agrave; porter secours &amp;agrave; une personne qu&amp;#39;il croit d&amp;eacute;j&amp;agrave; morte, alors que pendant la p&amp;eacute;riode o&amp;ugrave; l&amp;#39;inculp&amp;eacute;e aurait eu la possibilit&amp;eacute; mat&amp;eacute;rielle d&amp;#39;intervenir, elle se trouvait dans l&amp;#39;impossibilit&amp;eacute; morale de le faire (T. corr. Paris, 27 juin 1968 : JCP G 1969, II, 15728, note R. de Lestang ; D. 1968, somm. p. 104 ; Gaz. Pal. 1968, 2, p. 228). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une esp&amp;egrave;ce plus classique, la Cour de cassation a affirm&amp;eacute; une solution similaire, en consid&amp;eacute;rant que le m&amp;eacute;decin, inform&amp;eacute; qu&amp;#39;un malade est en p&amp;eacute;ril, ne commet pas le d&amp;eacute;lit de non-assistance &amp;agrave; personne en danger si, dans l&amp;#39;impossibilit&amp;eacute; de se d&amp;eacute;placer, il s&amp;#39;assure que la personne &amp;agrave; secourir re&amp;ccedil;oit d&amp;#39;un tiers les soins n&amp;eacute;cessaires (Cass. crim., 26 mars 1997 : Dr. p&amp;eacute;n. 1997, comm. 125, obs. M. V&amp;eacute;ron ; D. 1999, somm. p. 384, obs. Penneau). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Modalit&amp;eacute;s de l&amp;#39;assistance - L&amp;#39;article 223-6, alin&amp;eacute;a 2, du Code p&amp;eacute;nal &amp;eacute;voque l&amp;#39;assistance par celui qui pouvait la porter personnellement ou par un tiers. Mais, comme l&amp;#39;a dit la Cour de cassation, la loi n&amp;#39;a pas entendu, en formulant cette alternative, lui laisser une option arbitraire entre deux modes d&amp;#39;assistance dont l&amp;#39;efficacit&amp;eacute; peut &amp;ecirc;tre diff&amp;eacute;rente selon la nature du p&amp;eacute;ril et les circonstances du moment (Cass. crim., 26 juill. 1954 : Bull. crim. 1954, n&amp;deg; 276 ; D. 1954, p. 666 ; JCP G 1954, II, 8320 ; Gaz. Pal. 1954, 2, p. 270. - Cass. crim., 9 oct. 1956 : Bull. crim. 1956, n&amp;deg; 616 ; JCP G 1956, II, 9598 ; Gaz. Pal. 1956, 2, p. 298). La loi fait donc, au contraire, obligation d&amp;#39;intervenir par celui des deux modes que la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; commande et m&amp;ecirc;me, s&amp;#39;il le faut, par leur emploi cumulatif (m&amp;ecirc;mes arr&amp;ecirc;ts). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assistance personnelle - L&amp;#39;assistance requise peut d&amp;#39;abord &amp;ecirc;tre personnelle. La jurisprudence se montre &amp;agrave; cet &amp;eacute;gard assez exigeante. Ainsi, le fait d&amp;#39;avoir tent&amp;eacute; de provoquer un secours n&amp;#39;exclut pas le d&amp;eacute;lit d&amp;egrave;s lors que l&amp;#39;imminence du p&amp;eacute;ril requ&amp;eacute;rait une action imm&amp;eacute;diate et que le pr&amp;eacute;venu pouvait porter secours sans risque pour lui-m&amp;ecirc;me ou pour autrui (Cass. crim., 26 juill. 1954, cit&amp;eacute; supra n&amp;deg; 65. - V. dans le m&amp;ecirc;me sens, Cass. crim., 7 mars 1991 : Dr. p&amp;eacute;n. 1991, comm 246 ; Rev. sc. crim. 1992, p. 82, obs. Levasseur). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jugement a m&amp;ecirc;me clairement affirm&amp;eacute; que l&amp;#39;action personnelle doit &amp;ecirc;tre la r&amp;egrave;gle et la facult&amp;eacute; de provoquer un secours l&amp;#39;exception, cette derni&amp;egrave;re option ne pouvant se concevoir que lorsqu&amp;#39;il y a p&amp;eacute;ril ou risque grave pour la personne appel&amp;eacute;e &amp;agrave; porter secours, ou encore dans le cas o&amp;ugrave; le secours ne peut &amp;ecirc;tre efficace qu&amp;#39;avec l&amp;#39;intervention d&amp;#39;un homme de l&amp;#39;art (T. corr. Bayeux, 22 juin 1954 : D. 1954, p. 603 ; JCP G 1954, II, 8290 ; Gaz. Pal. 1954, 2, p. 220). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, l&amp;#39;assistance doit se manifester sous forme d&amp;#39;engagement personnel suffisant et adapt&amp;eacute; &amp;agrave; la situation (Cass. crim., 27 mars 1991 : Dr. p&amp;eacute;n. 1991, comm. 247 ; Rev. sc. crim. 1992, p. 82, obs. Levasseur). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un arr&amp;ecirc;t de la Cour de cassation, en date du 4 f&amp;eacute;vrier 1998, illustre la port&amp;eacute;e de l&amp;#39;exigence de l&amp;#39;assistance personnelle, et le caract&amp;egrave;re subsidiaire du recours &amp;agrave; un tiers. Dans cet arr&amp;ecirc;t, la chambre criminelle a en effet consid&amp;eacute;r&amp;eacute; que n&amp;#39;avait pas provoqu&amp;eacute; un secours le m&amp;eacute;decin qui s&amp;#39;est content&amp;eacute; de se d&amp;eacute;charger de son obligation d&amp;#39;assistance sur un tiers, en conseillant aux parents d&amp;#39;un enfant malade d&amp;#39;aller &amp;agrave; l&amp;#39;h&amp;ocirc;pital, et faute d&amp;#39;avoir appel&amp;eacute; le SAMU, les pompiers, ou m&amp;ecirc;me l&amp;#39;h&amp;ocirc;pital pour pr&amp;eacute;parer la venue de cet enfant (Cass. crim., 4 f&amp;eacute;vr. 1998 : Dr. p&amp;eacute;n. 1998, comm. 96, obs. M. V&amp;eacute;ron ; D. 1999, somm. p. 384, obs. Penneau). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assistance par un tiers - Lorsque l&amp;#39;assistance personnelle n&amp;#39;est pas possible, notamment parce qu&amp;#39;elle est trop dangereuse pour l&amp;#39;oblig&amp;eacute; ou parce que son secours serait impossible ou inefficace, c&amp;#39;est l&amp;#39;assistance par un tiers qui est requise. Concr&amp;egrave;tement, cela se traduira par un appel aux forces de l&amp;#39;ordre, ou &amp;agrave; des secours m&amp;eacute;dicaux. On a ainsi pu reprocher &amp;agrave; un directeur d&amp;#39;&amp;eacute;cole qui, confront&amp;eacute; &amp;agrave; un malade atteint de crises de d&amp;eacute;lire, avait d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de ne pas faire intervenir un m&amp;eacute;decin (Cass. crim., 11 oct. 1978 : Gaz. Pal. 1979, 2, somm. p. 349). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sujets de l&amp;#39;assistance - L&amp;#39;obligation de porter secours concerne toute personne qui a connaissance d&amp;#39;un p&amp;eacute;ril. De fait, cette obligation porte d&amp;#39;abord sur la personne qui se trouvait sur place, qui devra donc agir elle-m&amp;ecirc;me ou requ&amp;eacute;rir l&amp;#39;assistance de tiers. C&amp;#39;est donc le t&amp;eacute;moin des faits qui sera tenu de porter assistance, soit directement, soit par l&amp;#39;interm&amp;eacute;diaire d&amp;#39;un tiers. Ainsi, ceux qui assistent &amp;agrave; une rixe et laissent un des protagonistes bless&amp;eacute; sans soin et sans pr&amp;eacute;venir un m&amp;eacute;decin se rendent coupable de non-assistance &amp;agrave; personne en danger (CA Nancy, 27 oct. 1965 : D. 1966, jurispr. p. 30). Mais il peut arriver que la victime elle-m&amp;ecirc;me sollicite l&amp;#39;assistance. Pour autant, dans ce cas, le t&amp;eacute;moin n&amp;#39;est pas d&amp;eacute;charg&amp;eacute; de son obligation d&amp;#39;assistance. Ce sera le cas notamment pour le m&amp;eacute;decin, souvent le premier averti par la victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Efficacit&amp;eacute; de l&amp;#39;assistance - L&amp;#39;article 223-6, alin&amp;eacute;a 2, du Code p&amp;eacute;nal exige une assistance, mais n&amp;#39;impose pas la r&amp;eacute;ussite de cette assistance. L&amp;#39;essentiel est que la personne oblig&amp;eacute;e ait tout mis en &amp;oelig;uvre pour porter assistance. Ce texte ne suppose pas non plus le caract&amp;egrave;re efficace de l&amp;#39;assistance. En principe, l&amp;#39;efficacit&amp;eacute; de l&amp;#39;assistance est donc indiff&amp;eacute;rente. Ainsi, celui qui a volontairement omis de porter secours &amp;agrave; une personne en p&amp;eacute;ril ne peut invoquer valablement, pour se d&amp;eacute;gager de sa responsabilit&amp;eacute;, que le secours, en raison de la gravit&amp;eacute; des blessures, aurait &amp;eacute;t&amp;eacute; inefficace (Cass. crim., 23 mars 1953 : Bull. crim. 1953, n&amp;deg; 104 ; D. 1953, p. 371 ; JCP G 1953, II, 7584 ; Gaz. Pal. 1953, 1, p. 416). De m&amp;ecirc;me, comme l&amp;#39;a dit un arr&amp;ecirc;t de la Cour d&amp;#39;appel de Nancy en date du 27 octobre 1965 (CA Nancy, 27 oct. 1965 : D. 1966, p. 30, note Lorentz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais si l&amp;#39;efficacit&amp;eacute; de l&amp;#39;assistance n&amp;#39;est pas une condition de la non-assistance &amp;agrave; personne en p&amp;eacute;ril, cette infraction ne saurait &amp;ecirc;tre constitu&amp;eacute;e lorsque la personne qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; expos&amp;eacute;e &amp;agrave; ce p&amp;eacute;ril y a succomb&amp;eacute; avant qu&amp;#39;aucune assistance n&amp;#39;ait pu lui &amp;ecirc;tre pr&amp;ecirc;t&amp;eacute;e (Cass. crim., 1er f&amp;eacute;vr. 1955 : Bull. crim. 1955, n&amp;deg; 74 ; D. 1955, p. 384 ; JCP G 1955, II, 8582, note Pageaud ; Gaz. Pal. 1955, 1, p. 245). Un jugement a m&amp;ecirc;me estim&amp;eacute; que, quelque d&amp;eacute;plorable que soit l&amp;#39;attitude d&amp;#39;automobilistes qui abandonnent un cycliste accident&amp;eacute; sur une route, sans essayer de lui porter secours, l&amp;#39;article 63 (art. 223-6, alin&amp;eacute;a 2 aujourd&amp;#39;hui) ne saurait leur &amp;ecirc;tre appliqu&amp;eacute; d&amp;egrave;s lors qu&amp;#39;il est &amp;eacute;tabli que la mort de la victime a &amp;eacute;t&amp;eacute; imm&amp;eacute;diate et alors m&amp;ecirc;me que les pr&amp;eacute;venus ignoraient cette circonstance au moment de leur abandon (T. corr. Poitiers, 27 avr. 1950 : JCP G 1950, II, 5618, note Pageaud). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
II - Vers quel &amp;eacute;quilibre &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jurisprudence ne se durcit pas par l&amp;#39;effet des positions prises par les juges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A tout le moins pas uniquement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jurisprudence est le reflet de demandes formul&amp;eacute;es par des citoyens et de l&amp;#39;&amp;eacute;volution, au fil du temps, non seulement de la loi mais &amp;eacute;galement de la jurisprudence qui n&amp;#39;est que le reflet de la mentalit&amp;eacute; d&amp;#39;une &amp;eacute;poque. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cons&amp;eacute;quence, s&amp;#39;il est n&amp;eacute;cessaire de trouver un &amp;eacute;quilibre entre la l&amp;eacute;gitime attente des citoyens et la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; juridique des services de secours, cette &amp;eacute;volution ne se fera que par une &amp;eacute;volution de l&amp;#39;organisation des secours mais &amp;eacute;galement une &amp;eacute;ducation du public aux al&amp;eacute;as des interventions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mises en cause que l&amp;#39;on rencontre le plus souvent, en nombre, sont les interventions chez des particuliers et notamment la discussion qui s&amp;#39;instaure avec le CENTRE 15. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, de plus en plus de recours concernent des incendies dans lesquels des particuliers consid&amp;egrave;rent - parfois sur la suggestion de syndicats ou de groupes de pression s&amp;#39;en servant d&amp;#39;un moyen d&amp;#39;action - que des fautes de commandement ont &amp;eacute;t&amp;eacute; commises. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce type d&amp;#39;hypoth&amp;egrave;se, il conviendrait &amp;agrave; tout le moins de revenir &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;tat d&amp;#39;esprit initial de la jurisprudence administrative qui consistait &amp;agrave; s&amp;#39;interroger sur la difficult&amp;eacute; concr&amp;egrave;te de l&amp;#39;action. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, un certain nombre de mises en cause oublient cette difficult&amp;eacute; d&amp;#39;intervention dans &amp;laquo;&amp;nbsp;le feu de l&amp;#39;action&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De m&amp;ecirc;me qu&amp;#39;&amp;agrave; une &amp;eacute;poque il a fallu rappeler que la m&amp;eacute;decine &amp;eacute;tait un art, que la lutte contre les incendies et le secours sont des activit&amp;eacute;s d&amp;eacute;licates dans lesquelles il ne peut y avoir d&amp;#39;obligation de r&amp;eacute;sultat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici aussi indiquer que les Services d&amp;#39;Incendie et de Secours sont parfois eux-m&amp;ecirc;mes pris en quelque sorte au pi&amp;egrave;ge de leur propre d&amp;eacute;marche ou de leur communication. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet - et cela est l&amp;eacute;gitime - les SDIS sont friands de pr&amp;eacute;sentation au public de leurs nouveaux moyens de reconnaissance ou de d&amp;eacute;fense. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les d&amp;eacute;partements les plus en pointe disposent de robots de reconnaissance, de cam&amp;eacute;ras vid&amp;eacute;o de d&amp;eacute;tection des incendies de for&amp;ecirc;t, et d&amp;#39;autres sophistications particuli&amp;egrave;res. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De m&amp;ecirc;me, la multiplication de la mise &amp;agrave; disposition de certains dispositifs (d&amp;eacute;fibrillateur par exemple) et leur corr&amp;eacute;lation avec une baisse radicale du nombre de morts (&amp;laquo;&amp;nbsp;si tout le monde utilisait un d&amp;eacute;fibrillateur, le nombre de d&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute;s dans les entreprises baisserait de 50 %&amp;nbsp;&amp;raquo;) fait repousser &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;gard des victimes, le degr&amp;eacute; d&amp;#39;acceptabilit&amp;eacute; de l&amp;#39;&amp;eacute;chec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communication relative &amp;agrave; des moyens de plus en plus sophistiqu&amp;eacute;s cr&amp;eacute;e en retour des attentes de plus en plus importantes de la part de la population qui attend, en retour, une quasi obligation de r&amp;eacute;sultat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre il est frappant de constater, dans les dossiers que nous traitons que les reproches des b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiaires des services de secours ne tiennent pas compte de leurs propres fautes, par manque de culture de pr&amp;eacute;vention du risque. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;#39;est ainsi que dans les dossiers de mise en cause pour reprise de feux de for&amp;ecirc;ts, on constate souvent que les particuliers eux-m&amp;ecirc;mes n&amp;#39;ont pas respect&amp;eacute; les obligations de d&amp;eacute;broussaillage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate &amp;eacute;galement que des &amp;eacute;l&amp;eacute;ments entravant la circulation du v&amp;eacute;hicule ont parfois &amp;eacute;t&amp;eacute; plac&amp;eacute;s dans des voies qui devraient rester libres de passage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, des comportements individualistes (je veux rester dans ma maison&amp;nbsp;! je veux me d&amp;eacute;brouiller&amp;nbsp;!) cr&amp;eacute;ent des contraintes suppl&amp;eacute;mentaires pour les services de secours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;#39;&amp;eacute;quilibre entre les attentes du public et l&amp;#39;engagement de responsabilit&amp;eacute; du Commandant des op&amp;eacute;rations de secours doit donc se trouver par une meilleure communication relative aux moyens mais &amp;eacute;galement aux risques et &amp;agrave; la culture du risque. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CONCLUSION&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La judiciarisation croissante est synonyme, la plupart du temps, de proc&amp;eacute;dures, le plus souvent infond&amp;eacute;es, de revanche, de mise en cause infond&amp;eacute;e et de volont&amp;eacute; de porter atteinte &amp;agrave; un corps. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, le fait de faire appel &amp;agrave; la justice ne doit-il pas plut&amp;ocirc;t &amp;ecirc;tre envisag&amp;eacute; sous l&amp;#39;angle de la recherche de justice, c&amp;#39;est-&amp;agrave;-dire de ce qui est juste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c&amp;#39;est sans doute pour cela que parmi les premiers demandeurs figurent &amp;eacute;galement les sapeurs pompiers victimes, lesquels, habitu&amp;eacute;s &amp;agrave; des r&amp;egrave;gles strictes, &amp;agrave; des proc&amp;eacute;dures, &amp;agrave; une hi&amp;eacute;rarchie, &amp;agrave; un certain ordre, entendent demander des comptes lorsque le syst&amp;egrave;me n&amp;#39;a pas correctement fonctionn&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils r&amp;eacute;clament donc justice et non vengeance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, lorsque l&amp;#39;on se trouve sur le plan p&amp;eacute;nal, la sanction peut &amp;ecirc;tre lourde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle peut m&amp;ecirc;me &amp;ecirc;tre traumatisante lorsqu&amp;#39;il s&amp;#39;agit d&amp;#39;une condamnation qui est, &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;gard de tous, la reconnaissance de la faute ou de l&amp;#39;insuffisance d&amp;#39;un responsable op&amp;eacute;rationnel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, elle est souvent n&amp;eacute;cessaire pour que les victimes puissent faire leur deuil de leur peine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne faut pas certes que cette judiciarisation conduise &amp;agrave; un immobilisme coupable. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a vu les effets pervers qu&amp;#39;ont eu les nombreuses condamnations, &amp;agrave; des dommages et int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts extr&amp;ecirc;mement forts, en mati&amp;egrave;re d&amp;#39;obst&amp;eacute;trique dans les ann&amp;eacute;es 2000&amp;nbsp;: le refus des compagnies d&amp;#39;assurances d&amp;#39;assurer les obst&amp;eacute;triciens, des m&amp;eacute;decins qui se d&amp;eacute;tournent de cette sp&amp;eacute;cialit&amp;eacute; consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme trop dangereuse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient donc, &amp;agrave; mon sens, de ne pas voir cette possible responsabilit&amp;eacute; comme une &amp;eacute;p&amp;eacute;e de Damocl&amp;egrave;s entra&amp;icirc;nant l&amp;#39;immobilisme mais plut&amp;ocirc;t comme un moyen, certes par l&amp;#39;effet de &amp;laquo;&amp;nbsp;la peur du gendarme&amp;nbsp;&amp;raquo;, et &amp;agrave; travers le prisme de l&amp;#39;instruction, de progresser pour le bien des victimes mais &amp;eacute;galement des sapeurs pompiers intervenant sur les lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sylvain PONTIER &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ABEILLE ET ASSOCIES &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avocats &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[1] Article 121-3 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(L. n&amp;deg; 96-393, 13 mai 1996, art. 1er et 5) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n&amp;#39;y a point de crime ou de d&amp;eacute;lit sans intention de le commettre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, lorsque la loi le pr&amp;eacute;voit, il y a d&amp;eacute;lit en cas de mise en danger d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e de la personne d&amp;#39;autrui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Alin&amp;eacute;a remplac&amp;eacute; par deux alin&amp;eacute;as, L. n&amp;deg; 2000-647, 10 juill. 2000, art. 1er) (2) Il y a &amp;eacute;galement d&amp;eacute;lit, lorsque la loi le pr&amp;eacute;voit, en cas de faute d&amp;#39;imprudence, de n&amp;eacute;gligence ou de manquement &amp;agrave; une obligation de prudence ou de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; pr&amp;eacute;vue par la loi ou le r&amp;egrave;glement, s&amp;#39;il est &amp;eacute;tabli que l&amp;#39;auteur des faits n&amp;#39;a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas &amp;eacute;ch&amp;eacute;ant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses comp&amp;eacute;tences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Alin&amp;eacute;a issu L. n&amp;deg; 2000-647, 10 juill. 2000, art. 1er) (2) Dans le cas pr&amp;eacute;vu par l&amp;#39;alin&amp;eacute;a qui pr&amp;eacute;c&amp;egrave;de, les personnes physiques qui n&amp;#39;ont pas caus&amp;eacute; directement le dommage, mais qui ont cr&amp;eacute;&amp;eacute; ou contribu&amp;eacute; &amp;agrave; cr&amp;eacute;er la situation qui a permis la r&amp;eacute;alisation du dommage ou qui n&amp;#39;ont pas pris les mesures permettant de l&amp;#39;&amp;eacute;viter, sont responsables p&amp;eacute;nalement s&amp;#39;il est &amp;eacute;tabli qu&amp;#39;elles ont, soit viol&amp;eacute; de fa&amp;ccedil;on manifestement d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e une obligation particuli&amp;egrave;re de prudence ou de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; pr&amp;eacute;vue par la loi ou le r&amp;egrave;glement, soit commis une faute caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e et qui exposait autrui &amp;agrave; un risque d&amp;#39;une particuli&amp;egrave;re gravit&amp;eacute; qu&amp;#39;elles ne pouvaient ignorer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n&amp;#39;y a point de contravention en cas de force majeure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[2] Article 223-6 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quiconque pouvant emp&amp;ecirc;cher par son action imm&amp;eacute;diate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un d&amp;eacute;lit contre l&amp;#39;int&amp;eacute;grit&amp;eacute; corporelle de la personne s&amp;#39;abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d&amp;#39;emprisonnement et de 75 000 &amp;euro; d&amp;#39;amende. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sera puni des m&amp;ecirc;mes peines quiconque s&amp;#39;abstient volontairement de porter &amp;agrave; une personne en p&amp;eacute;ril l&amp;#39;assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui pr&amp;ecirc;ter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[3] Y. Mayaud, Chronique de jurisprudence : Rev. sc. crim. 2005, p. 71 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[4] Rapport Fauchon &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[5] D. Commaret, La responsabilit&amp;eacute; p&amp;eacute;nale des d&amp;eacute;cideurs en mati&amp;egrave;re de d&amp;eacute;lits non intentionnels depuis la loi du 10 juillet 2000, pr&amp;eacute;c &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[6] Y. Mayaud, Retour sur la culpabilit&amp;eacute; non intentionnelle en droit p&amp;eacute;nal : D. 2000, chron. p. 603. &lt;br /&gt;
</description>
	<pubDate>Wed, 31 Dec 2008 11:37:34 +0100</pubDate>
	</item>
<item>
			<title>Le Maire peut-il règlementer l’utilisation d’Internet par les agents de la collectivité ?</title>
	<link>http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-15-le-maire-peut-il-reglementer-l-utilisation-d-internet-par-les-agents-de-la-collectivite-</link>
	<guid isPermaLink="true">http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-15</guid>
	<description>&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Maire dispose, au titre de son pouvoir d&amp;rsquo;organisation du service et de gestion des personnels le pouvoir de r&amp;egrave;glementer l&amp;rsquo;utilisation par ses agents du r&amp;eacute;seau Internet, de la messagerie et du t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone. La plupart des grandes communes se sont dot&amp;eacute;es de CUOT (Charte d&amp;rsquo;Utilisation des Outils Technologiques). Celles-ci d&amp;eacute;terminent les conditions d&amp;rsquo;utilisation des outils technologiques. Dans certains cas, des droits sont donn&amp;eacute;s diff&amp;eacute;remment selon que la personne est chef de service (acc&amp;egrave;s &amp;agrave; Internet sans restriction) ou est un agent subordonn&amp;eacute; (consultation de certains sites pr&amp;eacute;d&amp;eacute;finis). On peut citer un exemple de directive comparable &amp;agrave; une CUOT, appliqu&amp;eacute;e dans un minist&amp;egrave;re&amp;nbsp;: circulaire relative &amp;agrave; la d&amp;eacute;finition des r&amp;egrave;gles d&amp;rsquo;utilisation de la messagerie M&amp;eacute;lanie au sein du minist&amp;egrave;re de l&amp;rsquo;&amp;eacute;quipement, n&amp;deg; 2000-14 du 18/2/2000 (BO Minist&amp;egrave;re de l&amp;rsquo;&amp;eacute;quipement n&amp;deg; 5, 25/3/2000). Pour aller plus loin, voir &amp;laquo;&amp;nbsp;Droit de l&amp;rsquo;Internet appliqu&amp;eacute; aux collectivit&amp;eacute;s locales&amp;nbsp;&amp;raquo;, territorial &amp;eacute;dition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sylvain PONTIER &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Abeille &amp;amp; Associ&amp;eacute;s &lt;br /&gt;
</description>
	<pubDate>Thu, 22 Feb 2007 14:08:24 +0100</pubDate>
	</item>
<item>
			<title>Le refus de soins</title>
	<link>http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-23-le-refus-de-soins</link>
	<guid isPermaLink="true">http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-23</guid>
	<description>LE REFUS DE SOINS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Extrait de l&amp;rsquo;intervention de Me Sylvain PONTIER, le 8 avril 2004 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;rsquo;information du patient et son consentement aux soins se trouvent au c&amp;oelig;ur de l&amp;rsquo;&amp;eacute;volution, ces derni&amp;egrave;res ann&amp;eacute;es, de la relation m&amp;eacute;dicale vers une plus grande autonomie de l&amp;rsquo;usager du syst&amp;egrave;me de sant&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; d&amp;rsquo;obtenir son consentement pour tout acte m&amp;eacute;dical expose le m&amp;eacute;decin &amp;agrave; un refus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il parait &amp;eacute;vident, ne serait-ce qu&amp;rsquo;au nom de la libert&amp;eacute; individuelle, que la volont&amp;eacute; du patient soit respect&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, lorsque la vie du patient est en danger, le droit du malade de s&amp;rsquo;opposer &amp;agrave; un traitement se heurte &amp;agrave; l&amp;rsquo;obligation du m&amp;eacute;decin de sauver la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question du refus de soins ram&amp;egrave;ne &amp;agrave; la probl&amp;eacute;matique r&amp;eacute;cemment abord&amp;eacute;e par la Jurisprudence Administrative Fran&amp;ccedil;aise &amp;agrave; savoir s&amp;rsquo;il existe une priorit&amp;eacute; entre deux obligations du m&amp;eacute;decin&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- la sauvegarde de la vie humaine et- la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; du consentement aux soins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette controverse, certains s&amp;rsquo;interrogent sur la place, au sein de ces consid&amp;eacute;rations, de la libert&amp;eacute; th&amp;eacute;rapeutique des praticiens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette probl&amp;eacute;matique oppose deux principes d&amp;rsquo;application contradictoires dans la pratique m&amp;eacute;dicale&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- le principe de la bienfaisance qui gouverne l&amp;rsquo;action du praticien aux fronti&amp;egrave;res du paternalisme m&amp;eacute;dical - le principe de la sauvegarde de la dignit&amp;eacute; de la personne par respect de son refus de soins (et son pendant p&amp;eacute;nal par l&amp;rsquo;incrimination de la non assistance &amp;agrave; personne en p&amp;eacute;ril), aux fronti&amp;egrave;res de l&amp;rsquo;autonomie de la volont&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On s&amp;rsquo;accorde &amp;agrave; consid&amp;eacute;rer, qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agisse du choix du mode de traitement ou de la continuation d&amp;rsquo;un traitement face &amp;agrave; la perspective du d&amp;eacute;c&amp;egrave;s du patient (phase ultime de la relation m&amp;eacute;decin-malade), que l&amp;rsquo;action th&amp;eacute;rapeutique ne doit, en aucun cas, fonctionner pour elle-m&amp;ecirc;me sans consid&amp;eacute;ration de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t du seul et v&amp;eacute;ritable int&amp;eacute;ress&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme on le verra, la jurisprudence r&amp;eacute;cente est favorable aux patients victimes mais porteuse d&amp;rsquo;une grande ins&amp;eacute;curit&amp;eacute; juridique pour le praticien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle tend cependant &amp;agrave; placer celui-ci dans les retranchements d&amp;rsquo;une m&amp;eacute;decine d&amp;eacute;fensive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de savoir si le respect de la volont&amp;eacute; du patient implique pour le m&amp;eacute;decin l&amp;rsquo;obligation de laisser mourir celui qui refuse les soins, s&amp;rsquo;est pos&amp;eacute;e de mani&amp;egrave;re tr&amp;egrave;s pratique et accrue dans le cas de refus de transfusion sanguine par conviction religieuse de la part des patients &amp;laquo;&amp;nbsp;t&amp;eacute;moins de J&amp;eacute;hovah&amp;nbsp;&amp;raquo; hospitalis&amp;eacute;s dans des &amp;eacute;tablissements de sant&amp;eacute; publique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
I. l&amp;rsquo;&amp;eacute;tat du d&amp;eacute;bat avant la loi du 4 mars 2002&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le respect de la volont&amp;eacute; du patient s&amp;rsquo;explique juridiquement par l&amp;rsquo;application d&amp;rsquo;un pr&amp;eacute;cepte parfaitement connu de tout m&amp;eacute;decin car figurant &amp;agrave; la base du serment d&amp;rsquo;Hippocrate&amp;nbsp;: &amp;laquo;&amp;nbsp;primun non nocere&amp;nbsp;&amp;raquo; (article 40 du Code de D&amp;eacute;ontologie). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, la pratique m&amp;eacute;dicale doit avant tout veiller, &amp;agrave; chaque instant, &amp;agrave; ne pas nuire aux patients. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais bas&amp;eacute; sur un adage simple, ce devoir a des contours diffus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Des fondements textuels &amp;eacute;pars&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sources textuelles du devoir d&amp;rsquo;humanisme des m&amp;eacute;decins qui indiquent que soit respect&amp;eacute;e la volont&amp;eacute; du patient sont multiples&amp;nbsp;: d&amp;eacute;ontologiques, l&amp;eacute;gales (Code Civil, Code de la Sant&amp;eacute; Publique) ou internationales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette pl&amp;eacute;thore de textes ne permet pas une n&amp;eacute;cessaire lisibilit&amp;eacute; du droit fran&amp;ccedil;ais et reste source d&amp;rsquo;ins&amp;eacute;curit&amp;eacute; juridique pour le corps de sant&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question du refus de soins a r&amp;eacute;cemment fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une traduction l&amp;eacute;gislative, h&amp;eacute;las pour trop g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale, dans la loi du 4 mars 2002, que nous &amp;eacute;tudierons ci-apr&amp;egrave;s. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 9 juin 1999, ins&amp;eacute;r&amp;eacute;e au code de la Sant&amp;eacute; Publique dans son ancien article L 1111-2, et visant &amp;agrave; garantir le droit &amp;agrave; l&amp;rsquo;acc&amp;egrave;s aux soins palliatifs a pour la premi&amp;egrave;re fois pos&amp;eacute; explicitement le principe l&amp;eacute;gal selon lequel &amp;laquo;&amp;nbsp;la personne malade peut s&amp;rsquo;opposer &amp;agrave; toute investigation th&amp;eacute;rapeutique&amp;nbsp;&amp;raquo; et ainsi consacr&amp;eacute; le droit de la personne malade de refuser des soins m&amp;eacute;dicaux &amp;agrave; finalit&amp;eacute; th&amp;eacute;rapeutique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau d&amp;eacute;ontologique, l&amp;rsquo;article 36 alin&amp;eacute;a 2 du Code de D&amp;eacute;ontologie M&amp;eacute;dicale (dat&amp;eacute; de 1995) dispose que &amp;laquo;&amp;nbsp;lorsque le malade, en &amp;eacute;tat d&amp;rsquo;exprimer sa volont&amp;eacute;, refuse des investigations et traitement propos&amp;eacute;s, le m&amp;eacute;decin doit respecter ce refus apr&amp;egrave;s avoir inform&amp;eacute; le malade de ses cons&amp;eacute;quences&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette disposition est &amp;agrave; mettre en parall&amp;egrave;le avec l&amp;rsquo;article 47 du m&amp;ecirc;me code qui prescrit une n&amp;eacute;cessaire continuit&amp;eacute; des soins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La circulaire du 6 mai 1995 introduit la charte du malade hospitalis&amp;eacute; selon laquelle &amp;laquo;&amp;nbsp;tout patient, inform&amp;eacute; par un praticien des risques encourus, peut refuser un acte de diagnostic ou un traitement, l&amp;rsquo;interrompre &amp;agrave; tout moment &amp;agrave; ses risques et p&amp;eacute;rils&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fondement textuel jusqu&amp;rsquo;alors employ&amp;eacute; &amp;eacute;tait l&amp;rsquo;article 16-3 du Code Civil issu de la loi biotique du 29 juillet 1984, modifi&amp;eacute; par la loi du 27 juillet 1999, et posant le principe &amp;laquo;&amp;nbsp;qu&amp;rsquo;il ne peut &amp;ecirc;tre port&amp;eacute; atteinte &amp;agrave; l&amp;rsquo;int&amp;eacute;grit&amp;eacute; du corps humain qu&amp;rsquo;en cas de n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; m&amp;eacute;dicale pour la personne&amp;nbsp;&amp;raquo; et que &amp;laquo;&amp;nbsp;le consentement de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; doit &amp;ecirc;tre recueilli pr&amp;eacute;alablement hors le cas o&amp;ugrave; son &amp;eacute;tat rend n&amp;eacute;cessaire une intervention th&amp;eacute;rapeutique &amp;agrave; laquelle il n&amp;rsquo;est pas &amp;agrave; m&amp;ecirc;me de consentir&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Corollaire logique de cette recherche de consentement&amp;nbsp;: le patient, capable et conscient, doit pouvoir refuser de commencer ou de poursuivre le traitement ou l&amp;rsquo;intervention conseill&amp;eacute;e par son m&amp;eacute;decin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les textes internationaux ratifi&amp;eacute;s par la France participent de cet &amp;eacute;lan de d&amp;eacute;fense et de promotion du respect de la dignit&amp;eacute; et de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;grit&amp;eacute; des patients. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux termes de l&amp;rsquo;article 3-1 de la d&amp;eacute;claration sur la promotion des droits des patients en Europe&amp;nbsp;: &amp;laquo;&amp;nbsp;aucun acte m&amp;eacute;dical ne peut &amp;ecirc;tre pratiqu&amp;eacute; sans le consentement &amp;eacute;clair&amp;eacute; et&amp;nbsp; pr&amp;eacute;alable du patient&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Une sanction d&amp;rsquo;origine jurisprudentielle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La premi&amp;egrave;re d&amp;eacute;cision jurisprudentielle en mati&amp;egrave;re de refus de soins est dat&amp;eacute;e du 15 d&amp;eacute;cembre 1859 (Tribunal Correctionnel de Lyon) ce qui fait de la solution actuelle une r&amp;eacute;ponse traditionnelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Cour de Cassationjuge, d&amp;egrave;s 1942 que le non respect du consentement constitue &amp;agrave; la fois un manquement du m&amp;eacute;decin &amp;agrave; ses devoirs et une atteinte grave aux droits du malade. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque la volont&amp;eacute; du malade va clairement contre ses int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts vitaux, le m&amp;eacute;decin ne doit pas prendre trop facilement acte du refus de ce dernier et doit maintenir une relation permettant de faire &amp;eacute;voluer sa position. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, si finalement rien n&amp;rsquo;y fait, le m&amp;eacute;decin doit s&amp;rsquo;incliner mais en aucun cas ne dissimuler au patient un traitement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut croire voir se dessiner le spectre du d&amp;eacute;lit de non assistance &amp;agrave; personne en p&amp;eacute;ril, mais cette incrimination ne s&amp;rsquo;entend pas dans le cadre du respect du refus de soins &amp;eacute;clair&amp;eacute; du patient capable. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il en est ainsi lorsque la th&amp;eacute;rapeutique ad&amp;eacute;quate n&amp;rsquo;a pu &amp;ecirc;tre appliqu&amp;eacute;e &amp;laquo;&amp;nbsp;en raison du refus obstin&amp;eacute; et m&amp;ecirc;me agressif du malade&amp;nbsp;&amp;raquo; (Cour de Cassation Chambre Criminelle, &lt;br /&gt;
3 janvier 1973, Dalloz 1975 page 591 note Levasseur). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peu importe &amp;eacute;galement que les motifs du refus soient m&amp;eacute;dicaux, philosophiques ou religieux (Cour de Cassation Chambre Criminelle, 30 octobre 1974, Dalloz 1975 page 178, note Savatier), le m&amp;eacute;decin doit s&amp;rsquo;incliner. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le m&amp;eacute;decin n&amp;rsquo;encourt aucune sanction s&amp;rsquo;il prescrit, dans ce cas, un traitement palliatif (Conseil d&amp;rsquo;Etat, 6 mars 1981, revue de Droit Sanitaire et social 1981, pages 407 note Dubouis et 413 conclusions Labetoulle) d&amp;egrave;s lors que ce traitement n&amp;rsquo;est pas illusoire (conseil d&amp;rsquo;Etat au disciplinaire 29 juillet 1994 revue de Droit Sanitaire et Social 1995 page 57 note Dubouis). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jurisprudence administrative a, un temps, sembl&amp;eacute; d&amp;eacute;finir les conditions dans lesquelles l&amp;rsquo;urgence permettait de passer outre le refus clairement exprim&amp;eacute; du patient &amp;agrave; l&amp;rsquo;occasion de deux jugements de la Cour Administrative d&amp;rsquo;appel de Paris en date du 9 juin 1998 Mme Senanayake (petites Affiches, 23 avril 1999, p. 10). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reconnaissant un &amp;laquo;&amp;nbsp;&amp;eacute;tat de n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; n&amp;eacute; du conflit entre deux devoirs &amp;eacute;galement&amp;nbsp; imp&amp;eacute;rieux du sacerdoce m&amp;eacute;dical&amp;nbsp;&amp;raquo; comme le d&amp;eacute;crit Monsieur MEMETEAU (petites affiches 23 avril 1999, n&amp;deg; 81 page 10), la jurisprudence a d&amp;eacute;fini trois conditions strictes et cumulatives exig&amp;eacute;es justifiant l&amp;rsquo;intervention&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- exigence d&amp;rsquo;un pronostic vital (danger imminent pour la vie du patient).- absence d&amp;rsquo;alternatives th&amp;eacute;rapeutiques (pouvant &amp;ecirc;tre mises en place en pratique).- actes indispensables &amp;agrave; la survie du patient et proportionn&amp;eacute;s &amp;agrave; son &amp;eacute;tat (Quid des soins palliatifs?).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le sens de cette solution jurisprudentielle, Madame HEERS, commissaire du gouvernement pour ces affaires, indiquait que &amp;laquo;&amp;nbsp;l&amp;rsquo;exigence du consentement n&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;ordre de la modalit&amp;eacute; quand celle de la survie est l&amp;rsquo;ordre de la nature, de l&amp;rsquo;essence, de la finalit&amp;eacute; (&amp;hellip;) de l&amp;rsquo;acte m&amp;eacute;dical&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Cour Administrative d&amp;rsquo;appel a ainsi solennellement jug&amp;eacute; que la pr&amp;eacute;servation de la vie prime la volont&amp;eacute; individuelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces d&amp;eacute;cisions de la Cour Administrative d&amp;rsquo;Appel ont fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;un pourvoi devant de le conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat (Cf. arr&amp;ecirc;t du conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat du 26 octobre 2001, Madame X&amp;hellip;, Droit et Patrimoine n&amp;deg; 101, f&amp;eacute;vrier 2002, JCP ed E, n&amp;deg; 6, p. 302, II, 10025 ). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette d&amp;eacute;cision du conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat du 26 octobre 2001 a mis un coup d&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t &amp;agrave; cette solution en indiquant clairement que pour avoir voulu &amp;laquo;&amp;nbsp;faire pr&amp;eacute;valoir de fa&amp;ccedil;on g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale l&amp;rsquo;obligation pour le m&amp;eacute;decin de sauver la vie sur celle de respecter la volont&amp;eacute; du malade&amp;nbsp;&amp;raquo;, la Cour Administrative d&amp;rsquo;Appel de Paris a &amp;laquo;&amp;nbsp;commis une erreur de droit justifiant l&amp;rsquo;annulation de son arr&amp;ecirc;t&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par une solution qualifi&amp;eacute;e par Monsieur FRION de &amp;laquo;&amp;nbsp;minimaliste en ce sens qu&amp;rsquo;elle &amp;eacute;vite tout risque d&amp;rsquo;imp&amp;eacute;rialisme m&amp;eacute;dical ou d&amp;rsquo;acharnement th&amp;eacute;rapeutique&amp;nbsp;&amp;raquo;, le conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat a consid&amp;eacute;r&amp;eacute; que le m&amp;eacute;decin ne dispose d&amp;rsquo;aucune pr&amp;eacute;rogative pr&amp;eacute;valant, en g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral, sur celle du malade et a ainsi refus&amp;eacute; de reconna&amp;icirc;tre une quelconque hi&amp;eacute;rarchie entre le principe de l&amp;rsquo;autonomie du consentement et celui qui oblige le m&amp;eacute;decin &amp;agrave; soigner et le cas &amp;eacute;ch&amp;eacute;ant &amp;agrave; sauver la vie du malade. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jugeant l&amp;rsquo;affaire au fond, le conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat a cependant jug&amp;eacute; les m&amp;eacute;decins irresponsables des griefs avanc&amp;eacute;s &amp;agrave; leur endroit (car action en resp) en consid&amp;eacute;rant que ce qui doit pr&amp;eacute;valoir c&amp;rsquo;est le caract&amp;egrave;re extr&amp;ecirc;me de la situation dans laquelle se trouve la malade et qu&amp;rsquo;en l&amp;rsquo;esp&amp;egrave;ce les m&amp;eacute;decins avaient accompli dans l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t du patient &amp;laquo;&amp;nbsp;un acte indispensable &amp;agrave; sa survie et proportionn&amp;eacute; &amp;agrave; son &amp;eacute;tat.&amp;nbsp;&amp;raquo; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette jurisprudence, pragmatique en ce qu&amp;rsquo;elle invite les m&amp;eacute;decins &amp;agrave; agir en conscience, au cas par cas, implique en substance que si les m&amp;eacute;decins avaient dans cette esp&amp;egrave;ce finalement respect&amp;eacute; la volont&amp;eacute; de leurs patients, ils n&amp;rsquo;auraient pour autant commis une faute. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;bull;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; II.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;la loi du 4 mars 2002 ET SON APPLICATION PAR LA JURISPRUDENCE &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 4 mars 2002 a pr&amp;eacute;vu en son article 11, d&amp;rsquo;une mani&amp;egrave;re tr&amp;egrave;s g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale, la r&amp;eacute;daction de nouveaux articles dans le Code de la Sant&amp;eacute; Publique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, le nouvel article L. 1111-2 du Code de la Sant&amp;eacute; Publique pr&amp;eacute;cise que &amp;laquo;&amp;nbsp;toute personne a le droit d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre inform&amp;eacute;e sur son &amp;eacute;tat de sant&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette information porte (&amp;hellip;) sur les cons&amp;eacute;quences pr&amp;eacute;visibles en cas de refus. (&amp;hellip;) seule l&amp;rsquo;urgence ou l&amp;rsquo;impossibilit&amp;eacute; d&amp;rsquo;informer peuvent en dispenser (&amp;hellip;)&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De m&amp;ecirc;me, le nouvel article L. 1111-4 du Code de la Sant&amp;eacute; Publique pr&amp;eacute;cise&amp;nbsp;: &amp;laquo;&amp;nbsp;toute personne prend, avec le professionnel de sant&amp;eacute; compte tenu des informations et des pr&amp;eacute;conisations qu&amp;rsquo;il lui fournit, les d&amp;eacute;cisions concernant sa sant&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le m&amp;eacute;decin doit respecter la volont&amp;eacute; de la personne apr&amp;egrave;s l&amp;rsquo;avoir inform&amp;eacute;e des cons&amp;eacute;quences de ses choix. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si la volont&amp;eacute; de la personne de refuser ou d&amp;rsquo;interrompre un traitement met sa vie, le m&amp;eacute;decin doit tout mettre en &amp;oelig;uvre pour la convaincre ou d&amp;rsquo;accepter les soins indispensables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucun acte m&amp;eacute;dical ni aucun traitement ne peut &amp;ecirc;tre pratiqu&amp;eacute; sans le consentement libre et &amp;eacute;clair&amp;eacute; de la personne et ce consentement peut &amp;ecirc;tre retir&amp;eacute; &amp;agrave; tout moment. (&amp;hellip;) dans le cas o&amp;ugrave; le refus d&amp;rsquo;un traitement par la personne titulaire de l&amp;rsquo;autorit&amp;eacute; parentale ou par le tuteur risque d&amp;rsquo;entra&amp;icirc;ner des cons&amp;eacute;quences graves pour la sant&amp;eacute; du mineur ou du majeur sous tutelle, le m&amp;eacute;decin d&amp;eacute;livre les soins indispensables (&amp;hellip;)&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S&amp;rsquo;agissant de l&amp;rsquo;interpr&amp;eacute;tation de ces textes, ils n&amp;rsquo;apportent pas une r&amp;eacute;ponse claire &amp;agrave; la probl&amp;eacute;matique qui nous occupe mais les discussions l&amp;eacute;gislatives entourant l&amp;rsquo;&amp;eacute;laboration de la loi mettaient clairement en avant que le consentement du malade devait &amp;ecirc;tre respect&amp;eacute; &amp;agrave; l&amp;rsquo;exception des situations dans lesquelles sa vie &amp;eacute;tait menac&amp;eacute;e ( ainsi, &amp;agrave; la question formul&amp;eacute;e par Monsieur LAFFINEUR s&amp;rsquo;agissant de savoir ce qui se passe &amp;laquo;&amp;nbsp;lorsqu&amp;rsquo;un t&amp;eacute;moin de J&amp;eacute;hovah, qui a demand&amp;eacute; &amp;agrave; ne pas &amp;ecirc;tre transfus&amp;eacute;, subit une h&amp;eacute;morragie pendant l&amp;rsquo;op&amp;eacute;ration&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&amp;raquo;, Monsieur KOUCHNER avait r&amp;eacute;pondu &amp;laquo;&amp;nbsp;qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas question de transfuser quelqu&amp;rsquo;un qui le refuse, pour quelque raison que ce soit. Cela ne devient possible que lorsque la vie du&amp;nbsp; patient est en danger et qu&amp;rsquo;il ne peut ni refuser, ni consentir&amp;nbsp;&amp;raquo;).&amp;nbsp; a) sur l&amp;rsquo;apport jurisprudentiel du conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat et des juridictions du fond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant de l&amp;rsquo;&amp;eacute;t&amp;eacute; 2002 a &amp;eacute;t&amp;eacute; l&amp;rsquo;occasion pour les juridictions administratives de rendre plusieurs d&amp;eacute;cisions portant sur le refus de soins et le fait d&amp;rsquo;imposer des soins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces jurisprudences ont notamment &amp;eacute;t&amp;eacute; rendues sur le refus des &amp;laquo;&amp;nbsp;t&amp;eacute;moins de J&amp;eacute;hovah&amp;nbsp;&amp;raquo;&amp;nbsp; d&amp;rsquo;accepter les transfusions sanguines, quelles qu&amp;rsquo;en soient les cons&amp;eacute;quences. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hospitalis&amp;eacute;e au CHU de Saint-&amp;Eacute;tienne, Madame Val&amp;eacute;rie Feuillatey y avait subi, en d&amp;eacute;pit de son refus oral et &amp;eacute;crit, une transfusion sanguine, jug&amp;eacute;e par les m&amp;eacute;decins indispensable &amp;agrave; sa survie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle et sa s&amp;oelig;ur, Madame Isabelle Feuillatey, &amp;laquo;&amp;nbsp;personne de confiance&amp;nbsp;&amp;raquo; au sens de l&amp;rsquo;article L. 1111-6 du Code de la Sant&amp;eacute; Publique, avaient alors saisi le juge des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s du Tribunal Administratif de Lyon en arguant d&amp;rsquo;une atteinte grave et manifestement ill&amp;eacute;gale aux libert&amp;eacute;s fondamentales que sont le principe du consentement aux soins et la libert&amp;eacute; de conscience et de religion. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Tribunal avait enjoint aux m&amp;eacute;decins de ne pas pratiquer d&amp;rsquo;autres transfusions &amp;agrave; Madame Feuillatey mais il avait pr&amp;eacute;cis&amp;eacute; que cette injonction cesserait de s&amp;rsquo;appliquer si la patiente &amp;laquo;&amp;nbsp;venait &amp;agrave; se trouver dans une situation extr&amp;ecirc;me mettant en&amp;nbsp; jeu un pronostic vital&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette r&amp;eacute;serve ne pouvait &amp;eacute;videmment satisfaire Madame Feuillatey puisque sa religion interdit les transfusions quelles que soient les circonstances, le patient dusse-t-il y laisser la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux s&amp;oelig;urs Feuillatey ont donc demand&amp;eacute; au conseil d&amp;rsquo;&amp;eacute;tat d&amp;rsquo;annuler la r&amp;eacute;serve concernant le risque vital pour la patiente. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil d&amp;rsquo;Etat, par son arr&amp;ecirc;t du 16 Ao&amp;ucirc;t 2002 Mmes Val&amp;eacute;rie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et Isabelle Feuillatey ( Gaz Pal 2002, p. 1345&amp;nbsp;; D, IR, 2002, n&amp;deg; 33, p. 2582&amp;nbsp;; Droit et Patrimoine, n&amp;deg; 110, d&amp;eacute;cembre 2002, p. 84), confirme l&amp;rsquo;injonction contenue dans l&amp;rsquo;ordonnance du Tribunal d&amp;rsquo;avoir fin &amp;agrave; l&amp;rsquo;effet de son ordonnance au cas o&amp;ugrave; la patiente serait en danger de mort. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il la r&amp;eacute;forme seulement pour pr&amp;eacute;ciser que les soins doivent &amp;ecirc;tre&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- indispensables &amp;agrave; la survie et - proportionn&amp;eacute;s &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;tat du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reprend l&amp;agrave; tr&amp;egrave;s largement les conditions pos&amp;eacute;es par la d&amp;eacute;cision de section du 26 octobre 2001 (cf arr&amp;ecirc;t pr&amp;eacute;cit&amp;eacute;) pour qu&amp;rsquo;un acte m&amp;eacute;dical effectu&amp;eacute; contre la volont&amp;eacute; du patient ne soit pas fautif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y ajoute l&amp;rsquo;obligation pour les m&amp;eacute;decins de tout mettre en &amp;oelig;uvre pour obtenir le consentement de la patiente. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette obligation figure dans l&amp;rsquo;article L. 1111-4 du Code de la Sant&amp;eacute; Publique, post&amp;eacute;rieure &amp;agrave; l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t du 26 octobre 2001. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne peut donc dire que le juge n&amp;rsquo;a pas tenu compte de ce nouveau texte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pourrait donc penser &amp;agrave; la&amp;nbsp; lecture de l&amp;rsquo;arr&amp;ecirc;t que le Conseil d&amp;rsquo;Etat a en r&amp;eacute;alit&amp;eacute; r&amp;eacute;it&amp;eacute;r&amp;eacute; purement et simplement sa jurisprudence du 26 octobre 2001 tout en faisant r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence aux nouveaux textes intervenus depuis et en ajoutant le fait de tout metter en oeuvre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il semble en r&amp;eacute;alit&amp;eacute; que la d&amp;eacute;cision a plus de force que cela. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, la nouveaut&amp;eacute; majeure est sans conteste l&amp;rsquo;affirmation de ce que le droit pour le patient de consentir &amp;agrave; un traitement m&amp;eacute;dical et corr&amp;eacute;lativement, de le refuser, a le caract&amp;egrave;re d&amp;rsquo;une libert&amp;eacute; fondamentale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le juge des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s du Conseil d&amp;rsquo;Etat rend une d&amp;eacute;cision par laquelle il consacre le fait que le droit pour le patient majeur de donner, lorsqu&amp;rsquo;il se trouve en &amp;eacute;tat de l&amp;rsquo;exprimer, son consentement &amp;agrave; un traitement m&amp;eacute;dical, rev&amp;ecirc;t le caract&amp;egrave;re d&amp;rsquo;une libert&amp;eacute; fondamentale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il pr&amp;eacute;cise que le m&amp;eacute;decin qui, apr&amp;egrave;s avoir mis tout en &amp;oelig;uvre pour convaincre son patient d&amp;rsquo;accepter les soins indispensables, accomplit, dans le but de le sauver, un acte indispensable &amp;agrave; sa survie et proportionn&amp;eacute; &amp;agrave; son &amp;eacute;tat ne porte pas &amp;agrave; cette libert&amp;eacute; une atteinte grave et manifestement ill&amp;eacute;gale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un ajout clair&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, la r&amp;eacute;serve de la sauvegarde de la vie du malade ne figure nullement dans l&amp;rsquo;article L. 1111-4 issu de la loi du 4 mars 2002. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celle-ci b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficie pour cette reconnaissance, d&amp;rsquo;un double parrainage&amp;nbsp;: celui de l&amp;rsquo;article 16-3 du Code Civil, selon lequel &amp;laquo;&amp;nbsp;le consentement de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; doit &amp;ecirc;tre recueilli pr&amp;eacute;alablement (&amp;agrave; toute atteinte &amp;agrave; l&amp;rsquo;int&amp;eacute;grit&amp;eacute; de son corps) hors le cas o&amp;ugrave; son &amp;eacute;tat rend n&amp;eacute;cessaire une intervention th&amp;eacute;rapeutique &amp;agrave; laquelle il n&amp;rsquo;est pas &amp;agrave; m&amp;ecirc;me de consentir&amp;nbsp;&amp;raquo;&amp;nbsp;; elle est &amp;eacute;galement prot&amp;eacute;g&amp;eacute;e, d&amp;rsquo;apr&amp;egrave;s les Juges, par les dispositions de l&amp;rsquo;article L. 1111-4 du Code de la Sant&amp;eacute; Publique, issu de la loi du 4 mars 2002. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e, la libert&amp;eacute; de consentir &amp;agrave; des fins m&amp;eacute;dicales s&amp;rsquo;inscrit d&amp;egrave;s lors clairement dans le prolongement de la libert&amp;eacute; individuelle, qui permet au sujet de pr&amp;eacute;sider au respect de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;grit&amp;eacute; de son corps, de d&amp;eacute;cider lui-m&amp;ecirc;me des atteintes qui peuvent lui &amp;ecirc;tre port&amp;eacute;es. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n&amp;rsquo;en demeure pas moins que m&amp;ecirc;me &amp;eacute;rig&amp;eacute; en libert&amp;eacute; fondamentale, le droit de consentir &amp;agrave; un traitement m&amp;eacute;dical n&amp;rsquo;est pas pour autant &amp;agrave; l&amp;rsquo;abri de tout infl&amp;eacute;chissement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, le Conseil d&amp;rsquo;Etat fait de la sauvegarde de la vie un justificatif de l&amp;rsquo;acte r&amp;eacute;alis&amp;eacute; contre l&amp;rsquo;avis du patient. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout au plus, les Juges ont pris soins de subordonner la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute; de l&amp;rsquo;acte &amp;agrave; la double condition qu&amp;rsquo;il soit effectivement indispensable &amp;agrave; la survie de l&amp;rsquo;individu et proportionn&amp;eacute; &amp;agrave; son &amp;eacute;tat et qu&amp;rsquo;il ne puisse &amp;ecirc;tre r&amp;eacute;alis&amp;eacute; qu&amp;rsquo;apr&amp;egrave;s que les m&amp;eacute;decins aient tout fait pour convaincre le patient d&amp;rsquo;accepter ces soins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d&amp;rsquo;autres termes, la volont&amp;eacute; du sujet doit &amp;ecirc;tre fermement suscit&amp;eacute;e avant que de pouvoir &amp;ecirc;tre forc&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, &amp;agrave; cette extr&amp;eacute;mit&amp;eacute;, il doit &amp;ecirc;tre d&amp;eacute;sormais entendu que la sauvegarde de la vie humaine, bien qu&amp;rsquo;elle ne soit pas exprim&amp;eacute;e par les textes, est une valeur sociale au moins aussi fondamentale que la libert&amp;eacute; individuelle qu&amp;rsquo;elle justifie, &amp;agrave; l&amp;rsquo;occasion, est sacrifi&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les juridictions du fond n&amp;rsquo;ont pas tard&amp;eacute; &amp;agrave; suivre et c&amp;rsquo;est ainsi que par une ordonnance de r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; du Tribunal Administratif de Lille du 25 ao&amp;ucirc;t 2002, cette juridiction a donn&amp;eacute; raison &amp;agrave; une jeune femme de 24 ans, adepte elle aussi des T&amp;eacute;moins de J&amp;eacute;hovah, qui refusait d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre transfus&amp;eacute;e contre son gr&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant &amp;eacute;t&amp;eacute; transfus&amp;eacute;e malgr&amp;eacute; son refus tant oral qu&amp;rsquo;&amp;eacute;crit, elle a saisi le Juge Administratif des r&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s pour &amp;eacute;viter une nouvelle transfusion. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Tribunal Administratif lui a donn&amp;eacute; gain de cause en faisant injonction &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;tablissement hospitalier, sans poser aucune limite, &amp;laquo;&amp;nbsp;de ne pas proc&amp;eacute;der &amp;agrave; l&amp;rsquo;administration forc&amp;eacute;e de transfusion sanguine &amp;agrave; Madame X contre son gr&amp;eacute; et &amp;agrave; son insu&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont interpr&amp;eacute;t&amp;eacute; l&amp;rsquo;absence de r&amp;eacute;serves comme une obligation faite au corps m&amp;eacute;dical de respecter la volont&amp;eacute; de la patiente, m&amp;ecirc;me en cas de danger pour sa vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&amp;rsquo;agit semble-t-il d&amp;rsquo;une lecture erron&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, force est de constater que l&amp;rsquo;ordonnance dont s&amp;rsquo;agit mentionne de fa&amp;ccedil;on explicite dans ses motifs que l&amp;rsquo;h&amp;ocirc;pital n&amp;rsquo;avait pas all&amp;eacute;gu&amp;eacute; &amp;laquo;&amp;nbsp;que le refus de respecter la volont&amp;eacute; de la patiente serait rendu n&amp;eacute;cessaire du fait d&amp;rsquo;un danger imm&amp;eacute;diat pour sa vie&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il semble donc possible d&amp;rsquo;en d&amp;eacute;duire que les Juges n&amp;rsquo;auraient pas pris la m&amp;ecirc;me d&amp;eacute;cision si le d&amp;eacute;fendeur avait rapport&amp;eacute; la preuve que la patiente se trouvait dans une situation d&amp;rsquo;extr&amp;ecirc;me urgence, rendant n&amp;eacute;cessaire l&amp;rsquo;intervention du m&amp;eacute;decin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On doit donc consid&amp;eacute;rer que la jurisprudence de r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence est celle du Conseil d&amp;rsquo;Etat &lt;br /&gt;
du 16 ao&amp;ucirc;t 2002. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Synth&amp;egrave;se pratique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face au refus de soins du malade, le praticien doit informer ce dernier des cons&amp;eacute;quences de son refus, &amp;eacute;clairer sa d&amp;eacute;cision, inscrire cette information dans le temps, et, le cas &amp;eacute;ch&amp;eacute;ant, se pr&amp;eacute;constituer une preuve &amp;eacute;crite et s&amp;rsquo;entourer de t&amp;eacute;moins face au refus persistant du malade. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le m&amp;eacute;decin doit donc adopter le comportement suivant face &amp;agrave; une telle situation&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un adulte majeur&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;Oslash; Le m&amp;eacute;decin doit fournir une explication d&amp;eacute;taill&amp;eacute;e, au patient, sur la nature des soins propos&amp;eacute;s, et les risques &amp;eacute;volutifs en cas de non traitement. Ces explications sont au besoins r&amp;eacute;p&amp;eacute;titives. Le m&amp;eacute;decin a en effet l&amp;rsquo;obligation de tout mettre en &amp;oelig;uvre pour convaincre le patient d&amp;rsquo;accepter les soins indispensables &amp;agrave; sa survie, cette situation mettant en jeu le pronostic vital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;Oslash; Le m&amp;eacute;decin doit s&amp;rsquo;assurer que le patient est juridiquement capable, c&#039;est-&amp;agrave;-dire jouissant de toutes ses facult&amp;eacute;s mentales que ce soit du fait d&amp;rsquo;une maladie ou d&amp;rsquo;un &amp;eacute;tat transitoire (exemple: intoxication ou toxicomanie). Dans le cas contraire, le m&amp;eacute;decin doit consulter sauf urgence ou impossibilit&amp;eacute; la personne de confiance d&amp;eacute;sign&amp;eacute;e pr&amp;eacute;alablement par le malade ou la famille ou &amp;agrave; d&amp;eacute;faut un de ses proches, avant toute intervention ou investigation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de persistance d&amp;rsquo;un refus, de la part d&amp;rsquo;un individu capable, le m&amp;eacute;decin doit alors faire signer par le malade une attestation de refus de soins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est indispensable que ce certificat mentionne la date, l&amp;rsquo;heure, le lieu ainsi qu&amp;rsquo;une acceptation formelle du patient de ce que la signature de ce document entra&amp;icirc;ne des cons&amp;eacute;quences pour le patient. Un exemplaire doit &amp;ecirc;tre laiss&amp;eacute; au malade. Il ne faut pas h&amp;eacute;siter &amp;agrave; pr&amp;eacute;ciser sur cet &amp;eacute;crit, un certain nombre de risques expliqu&amp;eacute;s oralement au patient, sachant que cet &amp;eacute;crit intervient au titre des moyens de preuves et ne constitue en aucun cas &amp;agrave; lui seul une cause d&amp;rsquo;irresponsabilit&amp;eacute; ou de responsabilit&amp;eacute;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de refus de signer l&amp;rsquo;attestation et de refus de soins par le malade, il est n&amp;eacute;cessaire que le praticien se fasse &amp;eacute;tablir selon le m&amp;ecirc;me principe, un proc&amp;egrave;s-verbal contresign&amp;eacute; par les personnes pr&amp;eacute;sentes, attestant de l&amp;rsquo;information donn&amp;eacute;e et des risques annonc&amp;eacute;s par le m&amp;eacute;decin et du refus de signer l&amp;rsquo;attestation de la part du malade. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si se conjuguent p&amp;eacute;ril imm&amp;eacute;diat et pleine conscience du malade, le m&amp;eacute;decin n&amp;rsquo;encourt pas de poursuites pour non assistance &amp;agrave; personne en p&amp;eacute;ril, si, la proc&amp;eacute;dure d&amp;eacute;crite ci-dessus &amp;eacute;tait correctement respect&amp;eacute;e ainsi que l&amp;rsquo;a affirm&amp;eacute; la Cour de Cassation dans son arr&amp;ecirc;t pr&amp;eacute;cit&amp;eacute; du 3 janvier 1973&amp;nbsp;: &amp;laquo;&amp;nbsp;un m&amp;eacute;decin qui se plie au refus obstin&amp;eacute; de son patient ayant exprim&amp;eacute; par &amp;eacute;crit ce refus, ne tombe pas sous le coup ni de l&amp;rsquo;incrimination d&amp;rsquo;homicide involontaire, ni de l&amp;rsquo;incrimination de refus d&amp;rsquo;assistance &amp;agrave; personne en p&amp;eacute;ril&amp;nbsp;&amp;raquo;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si se conjuguent p&amp;eacute;ril imm&amp;eacute;diat plus inconscience du malade, le m&amp;eacute;decin doit prendre toute disposition utile et proportionn&amp;eacute;e pour pr&amp;eacute;server la vie de ce patient, m&amp;ecirc;me, si, celui-ci avait exprim&amp;eacute;, m&amp;ecirc;me en des conditions juridiquement recevables, son opposition aux soins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;rsquo;urgence permet donc de passer outre l&amp;rsquo;absence de consentement du patient mais sous condition de respect d&amp;rsquo;une triple condition&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;eth; Il ne doit exister autre alternative th&amp;eacute;rapeutique.&amp;eth; La vie de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;ress&amp;eacute; doit &amp;ecirc;tre en jeu.&amp;eth; Les actes accomplis doivent &amp;ecirc;tres indispensables &amp;agrave; la survie du patient et proportionn&amp;eacute;s &amp;agrave; son &amp;eacute;tat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un enfant mineur ou d&amp;rsquo;un incapable majeur&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;Oslash; L&amp;rsquo;accord des parents ou du tuteur est n&amp;eacute;cessaire aux soins; cependant, en cas de refus, qui risque d&amp;rsquo;entra&amp;icirc;ner des cons&amp;eacute;quences graves pour la sant&amp;eacute; du mineur ou du majeur sous tutelle, le m&amp;eacute;decin d&amp;eacute;livre les soins indispensables malgr&amp;eacute; l&amp;rsquo;avis contraire des parents ou tuteurs l&amp;eacute;gaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sylvain PONTIER &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
</description>
	<pubDate>Thu, 08 Apr 2004 08:33:45 +0200</pubDate>
	</item>
<item>
			<title>MARCHES PUBLICS : S'ASSOCIER A UN CONCURRENT.</title>
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	<description></description>
	<pubDate>Wed, 28 Feb 2007 08:23:24 +0100</pubDate>
	</item>
<item>
			<title>Quelles sont les obligations du maire en matière de sécurité incendie dans les établissements scolaires ?</title>
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	<description>&lt;br /&gt;
Les obligations du maire en cette mati&amp;egrave;re rel&amp;egrave;vent tant de la pr&amp;eacute;vention, de la lutte que de la r&amp;eacute;pression. Elles sont pr&amp;eacute;vues par plusieurs textes. L&amp;#39;article 14-I de la loi du 22 juillet 1983 modifi&amp;eacute;e, relative &amp;agrave; la r&amp;eacute;partition des comp&amp;eacute;tences entre l&amp;#39;Etat et les collectivit&amp;eacute;s territoriales lui attribue la responsabilit&amp;eacute; en mati&amp;egrave;re de construction et d&amp;#39;entretien des &amp;eacute;coles maternelles et &amp;eacute;l&amp;eacute;mentaires publiques. Conform&amp;eacute;ment aux articles L.2212-1, L.2212-5 et L.2122-24 du CGCT, il lui incombe d&amp;#39;assurer la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; publique, la pr&amp;eacute;vention et la lutte contre les accidents tels que les incendies dans sa commune. De m&amp;ecirc;me, selon le code de la construction et de l&amp;#39;habitat ( art. R. 123-27, R.123-28, R.123-46 et R.123-52) il assure la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; contre les risques d&amp;#39;incendies et de panique dans les &amp;eacute;tablissements recevant du public et les immeubles de grande hauteur. Il est la principale autorit&amp;eacute; de police dans la commune. Ainsi, le maire doit mettre en place, par arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;, la r&amp;eacute;glementation relative &amp;agrave; la pr&amp;eacute;vention des incendies dans les &amp;eacute;tablissements scolaires (formation du personnel, pr&amp;eacute;sence des appareils de lutte contre l&amp;#39;incendie, &amp;eacute;clairage de s&amp;eacute;curit&amp;eacute;, issues de secours, pr&amp;eacute;sence des registres de s&amp;eacute;curit&amp;eacute;...). Il veille au respect de celle-ci, notamment en faisant intervenir la commission de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; pendant la&amp;nbsp; construction d&amp;#39;un &amp;eacute;tablissement ainsi que pendant son exploitation. C&amp;#39;est en ce sens qu&amp;#39;il peut, par arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; interdire l&amp;#39;ouverture d&amp;#39;un &amp;eacute;tablissement non-conforme aux normes r&amp;eacute;glementaires de lutte contre les incendies, apr&amp;egrave;s avis de la commission consultative d&amp;eacute;partementale de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; civile. Il a l&amp;#39;obligation de demander &amp;agrave; cette derni&amp;egrave;re en tant qu&amp;#39;organe technique d&amp;#39;&amp;eacute;tude, de contr&amp;ocirc;le et d&amp;#39;information, d&amp;#39;examiner les projets, de proc&amp;eacute;der aux visites de r&amp;eacute;ception ainsi qu&amp;#39;&amp;agrave; des contr&amp;ocirc;les p&amp;eacute;riodiques ou inopin&amp;eacute;s des &amp;eacute;tablissements scolaires. Il doit veiller au respect du r&amp;egrave;glement incendie par les &amp;eacute;tablissements en provoquant des visites de la commission de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; et en ex&amp;eacute;cutant les &amp;eacute;ventuels travaux recommand&amp;eacute;s par celle-ci. Enfin, le maire peut par arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;, apr&amp;egrave;s avis de la commission de s&amp;eacute;curit&amp;eacute;, fermer l&amp;#39;&amp;eacute;tablissement en infraction tout en fixant la nature des travaux &amp;agrave; r&amp;eacute;aliser ainsi que les d&amp;eacute;lais d&amp;#39;ex&amp;eacute;cution. Son inertie en mati&amp;egrave;re de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; incendie peut engager sa responsabilit&amp;eacute;. (Voir R&amp;eacute;ponses minist&amp;eacute;rielles &amp;eacute;crites Ass. Nat. 28 f&amp;eacute;vrier 2000, p. 133, n&amp;deg;37280, 15 novembre 1999&amp;nbsp;; Ass. Nat., 14 f&amp;eacute;vrier 1997, p.1900, n&amp;deg;48928, 3 mars 1997&amp;nbsp;; Ass. Nat., 17 f&amp;eacute;vrier 1997, p.833, n&amp;deg;44409, 28 octobre 1996).&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Sylvain PONTIER &lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Avocat &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Abeille &amp;amp; Associ&amp;eacute;s &lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Marseille &lt;br /&gt;
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	<pubDate>Thu, 05 Jul 2007 09:35:36 +0200</pubDate>
	</item>
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			<title>Quelles sont les obligations relatives au contrôle des mariages ?</title>
	<link>http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-16-quelles-sont-les-obligations-relatives-au-controle-des-mariages-</link>
	<guid isPermaLink="true">http://www.avodroits-public.com/nos-publications/id-16</guid>
	<description>&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les obligations du Maire portent essentiellement sur la v&amp;eacute;rification de la pr&amp;eacute;sence et de la coh&amp;eacute;rence des documents. Au-del&amp;agrave; de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;grit&amp;eacute; du dossier, les maires ont des obligations sp&amp;eacute;cifiques en mati&amp;egrave;re de lutte contre les mariages blancs. En application de l&amp;rsquo;article 31 de la loi n&amp;deg; 2003-1119 du 26/11/2003 (cr&amp;eacute;ant un art 21 quater dans l&amp;rsquo;ordonnance du 21/11/1945), les maires ont l&amp;rsquo;obligation, avant toute c&amp;eacute;l&amp;eacute;bration d&amp;rsquo;un mariage entre un fran&amp;ccedil;ais et un &amp;eacute;tranger, de s&amp;rsquo;entretenir avec les futurs &amp;eacute;poux, ensemble ou s&amp;eacute;par&amp;eacute;ment. En cas d&amp;rsquo;indices de mariage de complaisance (cf. d&amp;eacute;cision du Conseil Constitutionnel du 20/11/2003, le maire doit saisir le procureur, sur le fondement de l&amp;rsquo;article 175-2 du code civil. Celui-ci se prononce sur l&amp;rsquo;&amp;eacute;ventuelle opposition dans un d&amp;eacute;lai de 15 jours (Pour un bon r&amp;eacute;sum&amp;eacute;&amp;nbsp;: Rep Min, AN, 19 d&amp;eacute;cembre 2006, p. 13343). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Sylvain PONTIER &lt;br /&gt;
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Abeille et Associ&amp;eacute;s &lt;br /&gt;
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	<pubDate>Thu, 22 Feb 2007 14:12:18 +0100</pubDate>
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